S'abonner
Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

« Je suis plus créatif grâce à mon équipe »

réservé aux abonnés

 - -->
L’équipe. De g. à dr. : Fabien et Bruno (stagiaires), Philippe (salarié), Hugo (stagiaire), Frédéric, Anthony et Anatole (apprentis), Christina (salariée). © EARL du Buisson

Ressources humaines. Frédéric Lenglet s’appuie sur cinq personnes pour faire tourner sa ferme. Il se donne ainsi le temps de mettre en place une stratégie pour réduire les coûts, augmenter les produits, et dégager de la marge pour payer les salaires.

Lors de ses études à l’Esa d’Angers, Frédéric Lenglet travaille deux mois dans une ferme laitière de 200 vaches au Royaume-Uni employant quatre salariés. « Les bâtiments et le matériel n’étaient pas récents, mais très fonctionnels. Nous avions le temps de faire le travail correctement et le patron finissait sa journée à 17 heures. »
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
7%

Vous avez parcouru 7% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

Lors de ses études à l’Esa d’Angers, Frédéric Lenglet travaille deux mois dans une ferme laitière de 200 vaches au Royaume-Uni employant quatre salariés. « Les bâtiments et le matériel n’étaient pas récents, mais très fonctionnels. Nous avions le temps de faire le travail correctement et le patron finissait sa journée à 17 heures. »

Sur l’exploitation familiale de Bernay-en-Champagne (Sarthe), l’étudiant trouve que ses parents « courent beaucoup ». Philippe, salarié depuis 1985, vient une journée par semaine. Puis Régis est embauché trois jours par semaine à partir de 2008.

Frédéric s’installe, en 2010, aux côtés de sa mère qui partira à la retraite en 2013. Il développe alors le salariat : Philippe et Régis passent tous les deux à quatre jours de présence par semaine, et Christina est embauchée à mi-temps en 2016 pour la traite du soir et les soins aux veaux. La même année, il accueille un apprenti en BTS ACSE deux semaines par mois, puis un second apprenti de la même filière en 2017, présent les deux autres semaines. Des stagiaires sont également sur la ferme. « Les éleveurs laitiers ont parfois trop tendance à mettre l’accent sur le béton et l’acier, estime Frédéric. Pour moi, la main-d’œuvre est plus importante : elle est indispensable, même avec des robots. Avoir une équipe permet de ne pas être la tête dans le guidon, d’avoir du temps pour réfléchir et mettre en œuvre une stratégie. On est plus créatif, plus réactif et plus opportuniste. Avoir de la main-d’œuvre, c’est l’assurance de l’adaptabilité et de la durabilité de l’exploitation. Et si j’ai un accident, il y a du monde pour faire tourner mon exploitation. »

« Ce qui coûte cher, c’est le stock fourrager et sa récolte »

La masse salariale à l’EARL du Buisson coûte 70 000 à 80 000 €. Le jeune chef d’exploitation de 31 ans doit aussi faire face à un niveau d’annuités d’environ 100 000 €/an jusqu’en 2027-2028, à la suite de la reprise de l’exploitation, l’agrandissement de la stabulation, l’investissement dans une salle de traite et une fosse à lisier. Pour pouvoir continuer à payer son équipe, il prévoit d’augmenter sa production jusqu’à un million de litres de lait, tout en développant un système économe, autonome et résilient vis-à-vis des aléas climatiques afin de maîtriser ses charges. « Ce qui coûte en élevage laitier, c’est le stock fourrager et sa récolte. C’est pourquoi les prairies multi-espèces et le pâturage sont au cœur de mon système. Par ailleurs, à l’aide de cultures variées, je cherche à produire du fourrage sur pied de qualité tout au long de l’année, même en conditions séchantes. Il faut trouver le bon compromis, et avoir quand même un stock de sécurité. Je réfléchis à contractualiser l’achat de luzerne auprès de céréaliers bio. »

La rotation type repose sur quatre à cinq années de prairies, suivies d’un maïs, puis d’un méteil récolté en grains (féverole, pois fourrager, triticale). Une nouvelle prairie est semée à la fin de l’été avec, un mois plus tard, un sursemis de méteil à ensiler (féverole, pois fourrager, avoine et vesce). Après l’ensilage, la prairie installée dessous est prête à produire.

Pâturer en toute saison

Dans ses prairies, l’éleveur utilise des ray-grass anglais et hybride, des trèfles blanc, hybride, violet et incarnat, du dactyle, de la fétuque, du plantain et de la chicorée. Cette diversité et l’usage de méteil ensilé ou en grains lui permettent de limiter ses achats de tourteau de soja bio français (imposé par le cahier des charges de Biolait) entre 15 et 20 tonnes par an. Son coût alimentaire se situe entre 60 et 75 €/1 000 litres de lait, dont 50 % environ en aliments achetés et 50 % en aliments produits. « Je souhaite aller plus loin avec l’objectif d’avoir un fourrage à pâturer à chaque saison. Une prairie est très productive les trois premières années puis la chicorée disparaît. J’implanterai alors, fin mai, en sursemis, du sorgho BMR multicoupe avec du chou fourrager et du trèfle d’Alexandrie pour le pâturage d’été ; puis un colza fourrager avec du ray-grass d’Italie et d’autres espèces prairiales (chicorée, ray-grass hybride, trèfle bleu, ray-grass anglais, trèfle incarnat) pour avoir à la fois un pâturage d’hiver et régénérer la prairie pour le printemps suivant. Pour le pâturage d’automne, j’utiliserai du colza fourrager, et du ray-grass d’Italie semé fin juillet, sur des parcelles destinées ensuite à un maïs. »

« Bien maîtriser mon travail d’un point de vue technique »

Un tel pilotage du système fourrager exige, selon Frédéric, d’être « réactif et opportuniste » pour faire pâturer, faucher et sursemer au bon moment : c’est là aussi que la présence de main-d’œuvre est justifiée à ses yeux. « Mon équipe me permet de bien maîtriser mon travail du point de vue technique : je peux semer au bon moment, surveiller les vêlages… Tout est bien fait. C’est vrai que cela demande du temps et de l’énergie pour organiser et répartir le travail, mais il y a un certain nombre de tâches routinières en élevage laitier. Donc c’est assez facile. » Le chef d’exploitation compte sur ses salariés pour une traite par jour. Il souhaite que chacun soit le plus polyvalent possible de façon à pouvoir intervenir les week-ends. « Chaque salarié et apprenti assure un week-end sur quatre, sauf un qui ne peut pas traire en raison d’un problème à l’épaule. Pour ma part, je suis présent chaque week-end. » À plus long terme, l’objectif est de fidéliser les salariés en leur confiant des responsabilités et en augmentant les salaires : « Cela ne pourra se faire que par la progression de la production laitière », avoue Frédéric. Pour monter à 200 vaches à 5 000 litres/vache, l’éleveur cherche à libérer de la place dans ses bâtiments : une nurserie de plein air est en cours d’installation et il prévoit de faire élever 50 génisses à l’extérieur pour un coût de 70 000 €.

Frédéric se fait accompagner à la fois par un groupe de progrès local sur la production laitière bio, un groupe sur le semis direct et un groupe de management avec la chambre d’agriculture pour progresser dans sa gestion des ressources humaines.

Un salarié supplémentaire

« Je souhaiterais embaucher un mi-temps supplémentaire ou un plein-temps en arrêtant de prendre des apprentis. Dans les deux cas, cela correspond à 10 000 € de charges supplémentaires. Je vais devoir attendre un peu en raison des conditions climatiques de 2018 qui m’ont obligé à acheter du fourrage. La limite des apprentis est que je prends le risque d’en trouver un nouveau chaque année, et cela peut être compliqué. De plus, je souhaite, à terme, pouvoir compter sur une équipe expérimentée, efficace, en qui je puisse avoir une confiance totale. »

Nathalie Tiers
Colza au fil. Sur cette parcelle de 4,5 ha, un colza a été semé, après la récolte du méteil en grains et avant l’implantation d’un maïs, pour faire face au déficit fourrager de l’année. © N.Tiers
Salle de traite.En investissant dans une salle de traite de 2 x 20 postes, Frédéric visait une personne à la traite. Dans les faits, deux personnes sont nécessaires pour bien gérer la préparation et la post-traite. © N.Tiers
Régis, le troisième salarié. © N.Tiers

    À Bernay-en-Champagne (Sarthe)

    EARL à associé unique avec 3 salariés, 2 apprentis et des stagiaires

    135 vaches traites

    Salle de traite 2 x 20 postes

    650 000 litres de lait bio (conversion en 2001)

    142 ha, dont 40 ha de méteil ensilés, 30 ha de prairies ensilées, 20 ha de maïs ensilées, 15 ha de méteil récolté en grains, 3 ha de betterave fourragère avec 1 ha de sorgho BMR multicoupe pâturés ensemble, le reste en prairies diverses

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
En direct
Afficher toutes les actualités

Dans la même rubrique

Sélectionné pour vous

Sélection bovine des taureaux et des hommes

45€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Maladies parasitaires du mouton 4ème edition

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER