S'abonner
Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Conversion bio : choisir le bon rythme

réservé aux abonnés

 - -->

Stratégie. La conversion en bio peut se faire de manière simultanée ou non pour les terres et le troupeau. Ce choix a de lourds impacts technico-économiques.

La réglementation permet de convertir le troupeau et les terres de manière simultanée ou non. Dans le premier cas, la période de conversion dure deux ans, pendant lesquels le cahier des charges doit être respecté en totalité (voir infographie). Les produits ne seront valorisés en bio qu’à l’issue de cette période. Dans le second cas, la durée de conversion reste de deux ans pour les terres. Pour les animaux, elle...
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
10%

Vous avez parcouru 10% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

La réglementation permet de convertir le troupeau et les terres de manière simultanée ou non. Dans le premier cas, la période de conversion dure deux ans, pendant lesquels le cahier des charges doit être respecté en totalité (voir infographie). Les produits ne seront valorisés en bio qu’à l’issue de cette période. Dans le second cas, la durée de conversion reste de deux ans pour les terres. Pour les animaux, elle démarre un an après le début de celle des terres et ne dure que six mois. Le lait peut donc être valorisé en bio au bout de dix-huit mois. A priori moins contraignante et plus intéressante financièrement, cette option reçoit d’emblée la préférence d’une majorité d’éleveurs. Mais dans bien des cas, elle ne résiste pas à une étude approfondie. « En réalité, à peine 10 % à 15 % des éleveurs laitiers ont intérêt à faire ce choix en Ille-et-Vilaine ou les systèmes conventionnels sont basés sur le maïs », constate David Roy, coordinateur technique à Agrobio 35.

En effet, cette possibilité de réduire la durée de conversion du troupeau est assortie de contraintes assez lourdes. À partir du premier jour de conversion, les animaux ne peuvent être nourris qu’avec des aliments bios ou produits sur la ferme en deuxième année de conversion (C2). Autrement dit, les fourrages produits l’année précédente (C1) ne peuvent être consommés, à l’exception de ceux issus d’espèces pérennes ou de protéagineux, dans la limite de 20 %. Les éventuels stocks de maïs ensilage ou de céréales, produits avant l’entrée en conversion du troupeau, n’ont donc pas leur place dans l’auge.

En pratique, cette contrainte impose de démarrer la conversion au printemps pour nourrir les animaux au pâturage, jusqu’à ce que les stocks fourragers de l’année soient disponibles. Car l’achat de fourrages C2 ou bio serait bien trop onéreux. Il faut donc que l’élevage dispose d’une surface accessible importante et productive dès le départ. Dans le cas, assez fréquent dans l’Ouest, où le système précédent était éloigné du tout-herbe, la rupture n’est pas facile à conduire. Les prairies jeunes produisent peu et l’éleveur ne maîtrise pas forcément la conduite du pâturage. Une sécheresse estivale prononcée devient vite problématique.

La conversion non simultanée doit être préparée

Pour des troupeaux habitués à produire plus de 8 000 l de lait par vache avec des rations à base de maïs, le passage au pâturage seul est compliqué. La possibilité de compléter la ration jusqu’à 20 % avec de l’herbe ou des protéagineux récoltés l’année précédente n’offre qu’un intérêt limité. Car en bio, l’azote est rarement limitant, c’est souvent l’énergie qui fait défaut.

En face, l’intérêt financier est minime. Certes, on vend davantage de lait en première année puisque le troupeau reste en conventionnel et le lait est vendu en bio au bout de six mois. Mais ce n’est pas le cas de la viande. Celle-ci ne peut être estampillée bio que si l’animal a passé six mois et les deux tiers de sa vie sur une ferme convertie. L’impact économique est modéré en permettant de maintenir la productivité laitière par des achats extérieurs.

Ceux qui choisissent malgré tout de réaliser une conversion non simultanée doivent se préparer à l’avance. Pour conduire un éventuel changement de système, l’assolement doit être revu progressivement. Cela permet à la fois d’étaler les charges à engager et de mieux assurer les rendements une fois la conversion lancée. « On observe que la conversion non simultanée se passe mieux sur les élevages qui valorisaient déjà beaucoup d’herbe pâturée avant. J’invite à la prudence ceux qui ont une surface en maïs importante », souligne David Roy.

En transition, l’alimentation est compliquée

À l’inverse, la conversion simultanée s’avère plus simple à gérer. Les fourrages produits l’année précédente peuvent être consommés. La conversion peut donc commencer à l’automne avec des stocks suffisants. Cela réduit l’impact sur la production laitière la première année. Cette période de deux ans peut sembler longue mais elle donne le temps d’adapter le système. Ceux qui envisagent un changement important dans leur conduite y trouveront des avantages.

Par ailleurs, l’éleveur choisit son organisme de certification et se notifie à l’agence bio avant de se lancer. Il faut savoir que dès le début de la conversion, les contrôles sont nombreux et généralement pointilleux. Quel que soit le rythme de conversion choisi, les produits achetés durant la période de conversion (semences, minéraux, aliments etc.) doivent respecter le cahier des charges bio. Les stocks de ce type de produits doivent donc être nuls le jour où la conversion démarre. En raison de l’importance des implications technico-économiques, le choix du type de conversion doit être bien réfléchi. Car si les candidats au bio redoutent avant tout le salissement des terres et la maîtrise sanitaire, l’expérience montre que ce sont la gestion d’un nouveau système fourrager et l’alimentation des animaux qui génèrent les plus grandes difficultés.

Pascale Le Cann
Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
En direct
Afficher toutes les actualités

Dans la même rubrique

Sélectionné pour vous

Sélection bovine des taureaux et des hommes

45€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Maladies parasitaires du mouton 4ème edition

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER