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Les abeilles sont-elles vraiment plus rentables que les phytos ?

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Photo d’illustration. © Pixabay

Alors qu’une étude de l’Inra et du CNRS publiée le 9 octobre 2019 montrait pour la première fois que la pollinisation par les abeilles surpassait l’utilisation de phytos, deux ingénieurs de Terres Inovia proposent une mise en perspectives de ces conclusions.

« Chaque étude apporte une pierre à une compréhension plus large du monde qui nous entoure, tout en ayant des limites », affirment David Gouache et Nicolas Cerrutti. Ces deux ingénieurs de Terres Inovia ont publié le 17 octobre un document pour apporter un éclairage sur les résultats de l’étude de l’Inra et du CNRS, largement repris par les médias.
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« Chaque étude apporte une pierre à une compréhension plus large du monde qui nous entoure, tout en ayant des limites », affirment David Gouache et Nicolas Cerrutti. Ces deux ingénieurs de Terres Inovia ont publié le 17 octobre un document pour apporter un éclairage sur les résultats de l’étude de l’Inra et du CNRS, largement repris par les médias.

Des résultats conformes, l’impact économique faussé

Si la contribution des insectes pollinisateurs au rendement du colza est bien conforme à l’ensemble des connaissances actuelles, les résultats sur l’impact économique sont faussés, jugent les ingénieurs. « On peut remarquer que les chiffres mis en avant et relayés par les médias reprennent les valeurs extrêmes des observations, donc l’impact maximal des pollinisateurs en colza. Le bénéfice réel que peuvent attendre les producteurs sera généralement moindre et très variable », ajoutent-ils. L’analyse technico-économique souffre par ailleurs de faiblesses méthodologiques, « qui amènent à considérer que les résultats de cette étude sont peu interprétables et exploitables en l’état, et que les conclusions technico-économiques ne sont pas crédibles », poursuit Terres Inovia.

La contribution des pollinisateurs à la production grainière de colza s’élève à 30 %, selon les auteurs, en cohérence avec d’autres observations de la littérature scientifique. « Mais cela ne représente pas l’impact attendu sur le rendement, et la publication montre bien que ce chiffre est très variable. L’abondance et l’activité des pollinisateurs restent très liées aux conditions climatiques de l’année. »

Des failles méthodologiques

L’étude tente également d’établir un lien entre IFT et marge brute obtenue. « La science agronomique nous enseigne qu’établir des relations directes entre pratiques et résultats est à proscrire », estime l’institut technique. En effet, des facteurs non contrôlés tels que la météo ou l’historique de la parcelle peuvent avoir une influence. De plus, « l’impact de traitements insecticides est généralement connu pour ne pas avoir un effet linéaire sur le rendement, mais plutôt un effet « tout ou rien », en fonction de la pression d’insectes ravageurs existante au moment des traitements. L’objectif de ces traitements est, en effet, en général de maintenir la pression sous des seuils acceptables et non pas d’accroître coûte que coûte la production. »

Les ingénieurs rejoignent l’ambition de l’étude de faire le lien entre technique agricole et services écosystèmes. « On ne peut que regretter que ce message ait été perdu au fil des reprises médiatiques pour se transformer en une opposition stérile entre utilisation de produits phytosanitaires et biodiversité, déplorent-ils. C’est en co-construisant avec les agriculteurs et sans blocage a priori sur l’utilisation de tel ou tel type de produit que naissent les innovations qui permettent une culture de colza toujours plus durable. »

J. Papin

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