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Produire beaucoup de lait par stalle permet de diluer les charges de structure et d’améliorer le revenu. 800 000 litres par stalle représentent un objectif ambitieux mais accessible, sous certaines conditions.

Depuis l’installation des premiers robots il y a plus de vingt ans, les connaissances techniques et l’appréhension des conditions de rentabilité ont énormément progressé. Produire 800 000 litres de lait par stalle était marginal il y a cinq ans. Aujourd’hui, cet objectif est à la portée d’un certain nombre d’éleveurs. L’intérêt majeur d’une productivité é...
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Depuis l’installation des premiers robots il y a plus de vingt ans, les connaissances techniques et l’appréhension des conditions de rentabilité ont énormément progressé. Produire 800 000 litres de lait par stalle était marginal il y a cinq ans. Aujourd’hui, cet objectif est à la portée d’un certain nombre d’éleveurs. L’intérêt majeur d’une productivité élevée du robot réside dans la possibilité de diluer les charges de structure. Mais il faut aussi surveiller les marges de près. « Cet objectif ne doit jamais être perdu de vue », alerte Jean-Pierre Viel, consultant robot et nutrition à Eilyps. Il ne s’agit pas de se faire plaisir en affichant une forte productivité des vaches. Si celle-ci se paie par un taux de réforme exagéré ou un coût alimentaire excessif, la rentabilité ne sera pas au rendez-vous.

Optimiser chaque poste dans la conduite du troupeau

Certes, produire 800 000 l par stalle implique une production quotidienne d’environ 35 kg/vache. Mais au-delà de ce critère, il faut être bon partout pour y parvenir. Certains­ éleveurs visent cet objectif une fois que leur robot est lancé. S’ils le maîtrisent bien et sont rentables en produisant 650 000 litres, ils peuvent aller plus loin en optimisant la conduite. Tout ce qui sera produit en plus constitue un bonus qui améliore le revenu. D’autres se fixent un seuil élevé dès la mise en route du robot parce que ce niveau correspond à leur référence laitière ou pour limiter le nombre de stalles. C’est très ambitieux mais il est possible d’y parvenir en deux ans.

Dans tous les cas, le projet doit être celui de l’éleveur et pas celui de son environnement technique. Et la pression doit être tenable dans la durée. Si c’est trop difficile, l’éleveur n’y parviendra pas durablement. Jean-Pierre Viel a animé un webinaire sur ce thème en septembre (1). Il propose un tour d’horizon des conditions à remplir pour produire autour de 800 000 l de lait par stalle.

Sur le plan des équipements, le robot doit tourner avec un minimum de temps morts. Toute panne réduit le volume de lait quotidien et l’éloigne du seuil de 2300 l. Il faut donc scrupuleusement assurer la maintenance, faire du préventif pour limiter les pannes, entretenir de bonnes relations avec le concessionnaire pour pouvoir compter sur lui. Sachant que tout cela a un coût. Il est utile aussi de prévoir un bac tampon pour que le robot ne s’arrête pas, un investissement de l’ordre de 6 000 € à 12 000 €. Mieux vaut disposer d’une génératrice qui prendra le relais en cas de coupure de courant. L’accès au robot et la circulation des animaux dépendent de la conception du bâtiment. Des défauts à ce niveau engendrent des pertes de temps pour la traite comme pour l’éleveur.

Pour que la traite se passe vite et bien, les mamelles doivent être propres. Le robot pourra ainsi détecter les trayons et brancher rapidement. Les constructeurs ont progressé dans ce domaine. Si le taux d’échec dépasse 2 %, ou si la traite est incomplète, il sera difficile d’atteindre l’objectif. « Les premières générations de robots accusaient environ 10 % de traite incomplète, parce qu’un trayon n‘était pas branché, par exemple. Les derniers modèles affichent moins de 2 % », précise Jean-Pierre Viel.

Une ration bien calculée à chaque stade de la vie

Les vaches lentes à traire n’ont pas leur place dans ce système. Eilyps propose de mesurer la vitesse de traite moyenne en salle de traite pendant la phase de réflexion du projet. Elle doit s’élever à 3 kg/min de traite, ce critère est décisif. Et les vaches produisant moins de 20 kg/jour font perdre du temps, et sont à écarter. De même, il est préférable de s’organiser pour ne pas effectuer de traitements dans la stalle. Au-delà de l’équipement, les points essentiels concernent la reproduction et l’alimentation. La ration doit permettre l’expression du pic de lactation, au moins 34 kg de lait pour les primipares et 45 kg pour les multipares. Certains y parviennent avec du pâturage mais c’est compliqué car la fréquentation du robot peut se trouver fortement pénalisée. Cela suppose d’être très motivé par le pâturage et de disposer de suffisamment de main-d’œuvre.

La bonne gestion des transitions alimentaires évite aussi les fluctuations préjudiciables de la production. La plupart des éleveurs qui cherchent une productivité élevée par stalle réduisent ou abandonnent le pâturage, ce qui interpelle, compte tenu de l’évolution des attentes sociétales.

La nutrition joue sur tous les postes, qu’il s’agisse de la production bien sûr, mais aussi de la locomotion, de la santé ou de la qualité du lait. De plus, le niveau de ration de base doit être élevé. Si les vaches reçoivent une quantité importante de concentré au robot, elles auront besoin de temps pour le manger. Cela va à l’encontre de l’objectif.

« Si l’on n’investit pas sur la phase de préparation au vêlage, on ne peut pas atteindre les 800 000 l par stalle », affirme Jean-Pierre Viel. Il faut en effet que les vaches démarrent bien leur lactation et qu’elles soient en bonne santé pour exprimer tout leur potentiel. La préparation au vêlage conditionne aussi la facilité de la mise bas, la qualité du colostrum et donc le démarrage des génisses. De plus, les vaches très productives ont besoin d’eau propre en abondance. Un point souvent perfectible dans les élevages.

Pas plus de 30 % de primipares dans le lot des vaches traites

Au-delà, c’est tout le management du troupeau qui doit être au plus haut niveau. Obtenir une production maximale et régulière implique que le rang moyen de lactation du troupeau se situe entre 4,5 et 5,5 mois. Cela passe par la maîtrise de la reproduction avec un IVV moyen à moins de 390 jours. Cela suppose aussi de bien gérer les entrées et les sorties dans le groupe des vaches traites, quitte parfois à tarir plus tôt. En lissant l’arrivée des génisses dans le temps, on s’assure qu’à aucun moment, elles ne représentent plus de 30 % des vaches traites. Cela demande de l’anticipation. L’exigence sur le niveau de production conduit inévitablement à réformer quelques vaches : celles qui ne produisent pas assez, qui sont trop lentes à traire, qui boitent, etc. Seules les plus efficaces feront carrière. Le renouvellement doit être calculé pour prendre le relais tout en restant à un niveau raisonnable pour tenir les objectifs de rentabilité et de productivité du troupeau : 35 % constituent une bonne référence. Cet effectif se prépare deux ans à l’avance. Il faut viser un vêlage à 2 ans, peser les génisses pour surveiller leur croissance et s’assurer qu’elles seront à 34 kg au premier pic.

Mettre 98 % du lait produit dans le tank

La sélection génétique compte aussi pour obtenir des animaux productifs. Si le niveau laitier est insuffisant par exemple, ou si beaucoup de vaches sont lentes à traire, le génotypage offre une piste pour progresser.

Plus largement, tout le côté sanitaire doit être maîtrisé. Les vaches à cellules produisent moins et ne pourront pas rester dans le troupeau. D’une manière générale, tout le lait non commercialisé éloigne de l’objectif. Il faut parvenir à mettre 98 % du lait produit dans le tank. Les veaux recevront donc du lait en poudre.

Les boiteries réduisent les déplacements des vaches au détriment de la fréquentation du robot. Et elles pénalisent la production. La prévention passe par des parages réguliers, la lutte contre la dermatite et un bon raclage.

L’hygiène et le confort figurent donc aussi parmi les points clés à maîtriser. L’ambiance, le couchage, la qualité des revêtements constituent autant d’éléments favorisant le bien-être des vaches et ainsi leur aptitude à exprimer leur potentiel. Chacune doit disposer d’une place à l’auge, d’une logette et d’un espace suffisant.

L’importance des points à maîtriser peut donner le tournis. D’où l’intérêt d’avancer progressivement. En intégrant des groupes d’éleveurs qui travaillent sur ce sujet et en s’appuyant sur un conseiller de confiance, on peut identifier ses marges de progrès et se donner un cap. Le robot lui-même aide à progresser grâce aux informations qu’il recueille. Il facilite la détection des chaleurs et des gestations. Il aide aussi à repérer précocement tout dérapage préjudiciable à la santé ou à la production. Certains permettent d’identifier les vaches les plus efficaces et donc de faire le tri.

Par ailleurs, toutes ces optimisations de la conduite des animaux ont un impact économique positif. L’éleveur sera donc gagnant en avançant vers cette maîtrise. Dans tous les cas, il est essentiel de surveiller régulièrement ses critères technico-économiques, telle la marge sur coût alimentaire, pour préserver la rentabilité économique.

Dans le but de tenir dans la durée, l’organisation est primordiale. Il existe des outils pour y parvenir. On peut planifier la gestion des effectifs, par exemple. Une fois que les naissances, et donc le moment d’arrivée des primipares sont définis en fonction des objectifs, il suffit de faire le point quatre fois par an pour s’assurer que tout reste sur les rails. L’important est de ne pas subir. De la même façon, les rations doivent être clairement établies pour chaque groupe. Il restera ensuite à les ajuster en fonction de la qualité des fourrages. Le protocole d’entretien du robot doit lui aussi être clair.

Tout ce travail de planification et d’organisation permet à l’éleveur de garder l’esprit libre pour le reste. Il sera ainsi plus détendu au quotidien, et plus réactif face à un problème. Ceux qui ont le nez dans le guidon et qui sont débordés de travail ne tiendront pas.

pascale le cann

(1) À voir sur www.eilyps.fr

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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