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Tous les éleveurs, quel que soit le niveau de production, peuvent s’appuyer sur le pâturage au printemps et fermer leur silo au moins deux mois. Éric Favre, installé en Loire-Atlantique, donne les clés pour y parvenir de façon simple.

C’est souvent parce qu’ils ne maîtrisent pas la technique que les éleveurs renoncent à valoriser le pâturage. Et pourtant, ils ont tout à y gagner. Hormis ceux dont le parcellaire est vraiment inadapté, ils peuvent tous y arriver. « Dans toutes les régions françaises, le printemps fait pousser l’herbe et les prairies peuvent nourrir les vaches sans aucun apport de fourrage pendant au moins deux mois », explique...
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C’est souvent parce qu’ils ne maîtrisent pas la technique que les éleveurs renoncent à valoriser le pâturage. Et pourtant, ils ont tout à y gagner. Hormis ceux dont le parcellaire est vraiment inadapté, ils peuvent tous y arriver. « Dans toutes les régions françaises, le printemps fait pousser l’herbe et les prairies peuvent nourrir les vaches sans aucun apport de fourrage pendant au moins deux mois », explique Éric Favre, en système tout-herbe en Loire-Atlantique. Fermer le silo durant cette période fait baisser le coût de production à coup sûr. L’élevage réduit ses besoins en fourrages stockés, et donc ses coûts de mécanisation et d’achat de concentrés, sans impact sur la production laitière. Et puis pendant deux mois, l’éleveur n’a plus besoin de sortir son tracteur. Pas de ration à distribuer, ni de logettes à nettoyer.

Trois principes à respecter

Pour que ça marche, il faut chercher à faire pâturer au maximum. Ensuite, il est nécessaire d’adopter une conduite simple de l’herbe. Inutile de s’embêter avec un fil avant ou des paddocks pour une journée. L’herbe, c’est déjà compliqué, il ne faut pas ajouter des contraintes supplémentaires. L’important est d’être autonome dans ses décisions. Si l’on ne maîtrise pas bien, on risque de ne pas récolter les bénéfices escomptés, et donc de se décourager. La simplicité permet aussi de limiter le travail.

Et pour que le pâturage soit rentable, il faut exploiter toute l’herbe. Autrement dit, il ne doit pas y avoir de refus. Tout doit être consommé. « L’herbe est toujours bonne à un moment donné. Il faut la valoriser à ce moment-là, ni trop tôt ni trop tard. »

Sinon, on prend le risque de gaspiller. Une bonne méthode de pâturage doit impérativement respecter ces trois principes. La réussite repose ensuite sur quelques décisions majeures.

Calculer la surface de ses paddocks

Pour pouvoir fermer le silo au printemps, le pâturage tournant est incontournable. La surface de base correspond au besoin en prairie pour nourrir les laitières en pleine pousse de l’herbe. On compte 18 ares par vache pour des prairies de graminées pures fertilisées, soit 12,6 ha pour 70 vaches. Avec des prairies d’association, qui démarrent moins vite au printemps, on doit disposer de 25 ares par vache (17,5 ha pour 70 vaches).

Cette surface de base est à diviser en six à huit paddocks de taille identique, en fonction du parcellaire. On ajoute ensuite deux à trois paddocks complémentaires, qui seront pâturés, puis fauchés fin mai, puis à nouveau pâturés lorsque l’herbe manquera.

Tous ces paddocks sont à constituer avant la saison de pâturage. En calculant les surfaces de cette manière, on est sûr d’avoir suffisamment d’herbe disponible.

•Choisir le bon stade pour changer de paddock

En sortie d’hiver, toutes les parcelles retenues doivent être pâturées. Il s’agit de couper les feuilles abîmées par le gel et de favoriser le démarrage de la pousse d’une herbe de bonne valeur alimentaire. Les vaches doivent raser complètement une pâture avant de passer à la suivante. À ce stade, elles reçoivent encore de l’ensilage. Il n’y a donc pas d’impact sur la production de lait.

Le déprimage doit commencer d’autant plus tôt que la surface à pâturer est importante. Le tour doit être terminé avant d’entrer dans la période de pleine pousse (généralement début avril, selon les régions). Éric commence ce premier passage mi-février. En Normandie, il faudra généralement attendre début mars, alors que dans les Deux-Sèvres, les vaches commencent à sortir dès le mois de janvier.

Pour les cycles suivants, Éric conseille de sortir du paddock au stade des « refus entamés », c’est-à-dire que les vaches ont commencé à manger l’herbe autour des bouses. On voit que le dessus de cette herbe est entamé. C’est seulement à ce moment-là que l’on change de parcelle. « On finit toujours un paddock avant de commencer un autre. Même s’il y a beaucoup d’herbe. »

•Entrer dans la pâture au stade trois feuilles vertes (18-20 cm)

Pour maximiser la valorisation de l’herbe, il faut savoir comment elle pousse. Quand le ray-grass anglais sort une quatrième feuille, la première commence à s’étioler. Si elle n’a pas été consommée, c’est du gaspillage. Pour repérer le stade trois feuilles vertes, Éric mesure la longueur des feuilles au mètre ruban. Il l’a toujours dans sa poche parce que même avec l’expérience, on peut se tromper (voir illustration). Il faut prendre deux ou trois mesures à un endroit qui semble représentatif de la parcelle. Cet indicateur est valable aussi pour les prairies d’association.

L’herbomètre ne donne pas cette information. Il permet d’évaluer le volume produit et donc de calculer les stocks sur pied, en aucun cas le stade des plantes.

Si l’herbe est à moins de 18 cm, il faut attendre pour pâturer. Dans ce cas, il faut ajouter un paddock complémentaire à la surface de base. Ou encore, apporter du fourrage supplémentaire. Si la mesure excède 25 cm, c’est le signe que l’on commence à être débordé. La parcelle doit sortir du circuit de pâturage et être fauchée.

•Adopter un rythme de rotation variable selon la météo

Pour Éric, il ne faut pas fixer un nombre constant de jours entre deux passages. En pleine pousse de l’herbe, on tourne vite avec des cycles d’environ trois semaines. Si le printemps est frais, la pousse ralentit, le rythme de passage aussi. Mais il faut toujours pâturer ras et entrer dans la parcelle quand l’herbe a atteint le bon stade. « En mesurant la longueur des brins, on voit tout de suite s’il faut ajouter ou enlever des paddocks. » Même avec beaucoup d’expérience, Éric ne saurait pas se passer de cet outil. Sans ces mesures, il verrait trop tard qu’il commence à être dépassé par l’herbe ou, au contraire, qu’il est en avance.

Cela assure la fourniture d’une herbe feuillue en permanence. Les épis sont consommés avant d’être sortis. C’est la qualité de l’herbe qui permet de produire du lait et de gagner de l’argent.

•Tenir un planning de pâturage

Pour Éric Favre, le planning de pâturage est le deuxième­ outil indispensable. Il s’agit de noter sur un calendrier les dates d’entrée et de sortie pour chaque paddock. Il renseigne aussi les paddocks qui entrent ou sortent du circuit de pâturage et les dates de fauche. Cela permet de s’y retrouver dans la rotation des parcelles.

•Relativiser les impacts sur le lait ou la reproduction

Deux reproches sont souvent faits aux régimes fondés sur le pâturage. D’une part, il serait insuffisant pour soutenir un haut niveau de production. D’autre part, il pénaliserait la réussite à l’insémination.

Éric répond que l’herbe de printemps peut très bien couvrir des productivités individuelles élevées. En revanche, on perd du lait si le régime de pâturage seul se prolonge au-delà de deux mois (comme il le fait lui-même sur sa propre exploitation). Et il est vrai que la fertilité est pénalisée sur cette période. Mais globalement, le pâturage étant bénéfique pour la santé des animaux, la fertilité sur l’ensemble de l’année n’est en réalité pas affectée.

En contrepartie, on gagne beaucoup sur le coût alimentaire. « Il faut relativiser ces inconvénients et les assumer », conseille Éric.

Pascale Le Cann
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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