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Dossier. Donnez le top du confort, la vache vous le rendra bien

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Une vache laitière est une grande sportive au quotidien, pas une marcheuse du dimanche. Un bâtiment top confort est une condition sine qua non pour qu’elle exprime son potentiel laitier. Revue détaillée des points déterminants.

Une vache qui produit 30 litres par jour, cela équivaut à un semi-marathon pour un humain. Tout doit donc être fait pour qu’elle exprime dans de bonnes conditions son potentiel. Autrement dit, un bâtiment top confort, c’est un bâtiment au service de la vache. Sa température corporelle et son emploi du temps y sont respectés. De même, l’expression de ses comportements naturels et sociaux y est favorisée.
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Une vache qui produit 30 litres par jour, cela équivaut à un semi-marathon pour un humain. Tout doit donc être fait pour qu’elle exprime dans de bonnes conditions son potentiel. Autrement dit, un bâtiment top confort, c’est un bâtiment au service de la vache. Sa température corporelle et son emploi du temps y sont respectés. De même, l’expression de ses comportements naturels et sociaux y est favorisée.

Une vache laitière est à l’aise entre 5 °C et 15 °C. Elle s’acclimate facilement entre 15 °C et 22 °C. À partir de 22 °C, elle fournit des efforts d’adaptation. Dans des conditions idéales de logement, elle rythme sa journée de cycles de deux heures. C’est ce qu’écrivait le vétérinaire Yves Debeauvais dans notre rubrique Vos vaches vous parlent en février 2017 (n°255, page 44, et sur www.eleveur-laitier.fr). C’est toujours d’actualité (voir infographie p. 38). « Le repas normal d’une vache normale dure environ une demi-heure. Elle ingère tranquillement 2 à 3 kg de MS tout en salivant déjà abondamment, décrit-il. Lorsqu’elle a fini de manger, si elle passe à proximité d’un abreuvoir, elle y reste quelques minutes. Son abreuvement terminé, elle se dirige vers le couchage. Là, après moins d’une minute, elle s’allonge en quelques secondes pour une sieste d’une heure à une heure et demie. » Ce comportement individuel s’exprime au sein de la vie du troupeau. Vous le savez, bien sûr : les vaches sont des animaux grégaires. Elles se synchronisent en mangeant et buvant ensemble. Il faut donc suffisamment de places, sinon les dominées attendront que les dominantes en libèrent. Les vaches aiment également choisir et contrôler leur environnement. Cela suggère une conduite d’élevage et des équipements qui les rendent actrices.

Pourquoi la ventilation et le rayonnement solaire sont-ils les deux premiers éléments à prendre en compte ?

On le sait : la ventilation du bâtiment et le rayonnement solaire conditionnent la santé des vaches. Elles ont besoin d’air frais et sec. L’hiver, on veut se rapprocher des conditions extérieures. On cherche à éliminer l’humidité qui s’accumule dans la stabulation du fait de la présence des animaux 24 heures sur 24. « L’animal se refroidit plus rapidement si son pelage est humide », indique Bertrand Fagoo, en charge de l’équipe bâtiments de l’Institut de l’élevage (Idele). « Il faut donc renouveler l’air tout en évitant les courants d’air. On le fait avec une vitesse d’au maximum 0,5 à 1 m/s sur le dos de l’animal. Renouveler l’air participe également à assécher les sols et les couchages et à la bonne qualité sanitaire de l’élevage », ajoute-t-il.

À l’inverse, l’été, on recherche des vitesses d’air plus importantes sur le dos (2 m/s) pour rafraîchir la vache et évacuer l’humidité à la surface de sa peau. Sans doute ces explications ne sont-elles pas nouvelles pour vous mais le changement climatique, avec des épisodes de plus en plus doux et humides l’hiver et caniculaires l’été, pointe encore plus la nécessité de bâtiments bien ventilés. « Il faut toujours privilégier la ventilation naturelle­, gratuite. »

Cinq conditions pour une ventilation et une luminosité réussies

La ventilation et la luminosité seront performantes si elles respectent cinq conditions.

Une implantation exposée aux vents les plus fréquents. « Si un projet de construction est en cours, c’est un objectif prioritaire à atteindre », insiste Bertrand Fagoo. En ventilation « effet vent » (la majorité des bâtiments), les vents font pression sur un des longs pans. Une dépression sur l’autre favorise un balayage transversal du bâtiment.

Le balayage sera d’autant plus efficace que la largeur du bâtiment sera limitée à 20 mètres (au-delà, lire encadré).

Les façades sont totalement dégagées. Les autres bâtiments et les silos sont, dans l’idéal, distants de 30 m de la stabulation. « Dans nos conditions françaises, il faut viser un minimum de 15 m avec peu d’obstacles du côté des vents les plus fréquents. » Cette préconisation s’applique aussi au bloc de traite. C’est nouveau chez Idele. L’institut s’inspire des conceptions rencontrées dans les grands troupeaux. Si, faute d’espace, le bloc de traite indépendant n’est pas possible, l’installer dans le prolongement du bâtiment.

L’absence ou la suppression de plaques translucides sur le rampant sud ou ouest de la toiture pour éviter un effet de serre l’été. Attention à la sécurité des travailleurs s’il est décidé de les supprimer (lire encadré).

Des solutions modulables pour les bâtiments existants ou à cause d’un siège d’exploitation en fond de vallée, en altitude­, etc. « Même s’ils sont onéreux (65 € à 140 €/m2 selon le type de produit et la complexité de l’enroulement), les rideaux amovibles sont une solution très intéressante. Ils se règlent en fonction du vent, de la pluie et du rayonnement solaire dans le bâtiment. L’hiver, ils permettent de récupérer sur les côtés la lumière perdue par la suppression des translucides. L’été, ils fermeront la partie haute du long pan pour éviter le soleil couchant sur le dos des animaux. » Des trappes, des volets démontables, des claires-voies coulissantes, etc., peuvent également corriger les défauts de ventilation. « Dans tous les cas, il faut l’avis d’un conseiller bâtiment indépendant. »

Comment améliorer le confort à la traite ?

La traite est un point crucial du confort de la vache. Pour éviter la station debout prolongée, le temps entre son déplacement vers l’aire d’attente et son retour à la stabulation ne doit pas dépasser une heure et demie. La dimension de la salle de traite et des lots dans les grands troupeaux jouent donc un rôle important. Le dimensionnement de l’aire d’attente aussi, avec, en hiver, un minimum de 1,3 m2 par vache. Comme la stabulation, cette zone doit être exposée aux vents les plus fréquents pour évacuer l’humidité et, en été, être le premier lieu de rafraîchissement. Cela signifie des entrées d’air bien plus ouvertes qu’actuellement sur les façades longitudinales. La toiture, elle, est isolée et dépourvue de translucides. « Il vaut mieux les faire attendre dans le bâtiment et rentrer les vaches au fur et à mesure. On peut également envisager de la ventilation mécanique. Durant les périodes chaudes, l’aire d’attente est l’endroit où il y a le plus d’inconfort », rappelle-t-il­. Autre élément de confort : la pompe à vide équipée d’un débit variable et installée dans un local isolé. Les vaches, sensibles au bruit, en seront protégées. Quant à la mise à la terre des équipements métalliques et une machine à traire entretenue et régulièrement contrôlée, ce sont des incontournables pour leur assurer une traite dans de bonnes conditions.

Faut-il absolument une place par vache aux cornadis ?

Les vaches sont des animaux grégaires. Elles synchronisent leurs activités. Une place par vache est essentielle. C’est d’ailleurs ce qui est retenu dans la grille d’évaluation du bien-être animal de la charte de bonnes pratiques d’élevage. « À l’auge, c’est indispensable lorsque le fourrage est rationné pour encourager les vaches laitières à pâturer. Toutes doivent avoir les mêmes chances d’accéder à la ration distribuée. » S’il manque des places, on peut envisager d’augmenter leur nombre en remplaçant les cornadis par une barre au garrot (70 cm de large par place pour les premiers, 60 cm pour la seconde). Dans certains cas, cela demandera d’investir dans un équipement de contention complémentaire.

Lorsqu’elles sont 100 % en bâtiment, même si elles régulent mieux leur alimentation car elles accèdent à l’auge nuit et jour, la norme d’une place par vache est maintenue. De plus, il ne faut ni rupture de la ration ni coins morts dans lesquels sont reléguées les dominées. Dans notre dossier de juillet 2020 sur le bien-être animal, Alice Boyer des Roches, de VetAgro Sup de Lyon, pointe aussi du doigt les lésions occasionnées par un mauvais réglage des cornadis. « La recommandation d’une table d’alimentation 15 à 20 cm plus haute que le sol de l’aire d’exercice n’est pas correctement respectée, disait-elle. On observe aussi que l’écrou est du côté de l’animal alors qu’il devrait être du côté extérieur. »

Comment assurer les 60 à 120 litres d’eau par 24 heures nécessaires à la vache ?

Une quantité supérieure est même nécessaire en cas de fortes chaleurs. Une vache aspire une dizaine de litres en moins d’une minute. Le débit de l’abreuvoir doit donc être adapté. Tout doit être fait pour qu’elle boive sans être gênée par ses congénères. Il est nécessaire d’avoir un point d’eau pour six à dix vaches. Un abreuvoir individuel doit assurer un débit minimum de 12 l/min. On double ce débit pour un abreuvoir collectif. Il est conçu pour 10 à 20 vaches, à raison de 10 cm par vache. Comme 70 % de l’eau est consommée entre 6 h et 19 h, y accéder aisément est primordial. La recommandation est d’un abreuvoir dans un rayon de 20 m. S’il est installé dans un passage, il faut prévoir un dégagement derrière de 4,5 m (lire en complément p. 50). « Autour du robot, ce sera 6 à 7 m latéralement. » Tout cela sans oublier de nettoyer régulièrement les abreuvoirs. La température doit être fraîche en été (moins de 20 °C) et pas trop froide en hiver (supérieur à 10 °C).

Quel est le type de couchage idéal ?

Le top du couchage passe en premier lieu par cette règle : une place par vache. Elle répond aux mêmes objectifs que ceux attendus aux cornadis : d’une part satisfaire le comportement grégaire des bovins sans générer de la compétition et de l’agressivité, d’autre part garantir leur rythme d’activités journalières. Une laitière consacre douze à quatorze heures à se reposer, une durée indispensable à l’expression de son potentiel laitier. Les signes légers d’inconfort se repèrent par l’hésitation à se coucher et à se lever, le temps passé debout dans les couloirs et logettes. Les signes graves sont les boiteries, les dépilations, les blessures et une fragilité générale (sous-production, mammites, infertilité). Dans ce cas, il y a urgence à réagir. Vous en êtes conscients car quand il se pose, vous prenez ce problème à bras-le-corps. « En système logettes, le réglage est fait sur les plus grands gabarits, afin que tout le monde soit correctement logé, insiste Bertrand Fagoo. Cela nécessite de mesurer leur longueur diagonale, c’est-à-dire de la pointe de la fesse à la pointe de l’épaule, et leur hauteur au garrot. » Il renvoie aux valeurs minimales, définies pour quatre gabarits, éditées dans la brochure d’Idele Des vaches en bonne santé (sur le site d’Idele, lire aussi p. 46). Les dysfonctionnements souvent­ rencontrés sont des arrêtoirs au sol blessants (conseil : installer des tubes ronds de 10 cm de diamètre) et des barres au cou trop basses et avancées vers le couloir de circulation. « Des logettes adaptées aux plus grands gabarits entraînent forcément des désagréments pour les plus petites vaches : elles bousent dans les logettes. Cela nécessite de les nettoyer deux fois par jour », précise le conseiller.

Sur le podium, les logettes creuses

Quant au couchage lui-même, le top du confort revient à la logette creuse de 30 cm, remplie de sable, d’un mélange de paille, chaux et eau ou du substrat issu de la séparation de phases du lisier (lire p. 42). « Ce sont des matériaux souples sous l’animal. » Le matelas avec 4 kg de paille par vache arrive ex aequo. « Il nécessite en aval une séparation des parties liquides et solides qui évite les fumiers mous. Le paillage donne plus de travail et devient plus compliqué à gérer dans les grands troupeaux. »

L’aire paillée a-t-elle encore un intérêt ?

Dans les stabulations à logettes, l’aire paillée est remise au goût du jour. Les conseillers en bâtiments en suggèrent une, complémentaire aux logettes. Elle est destinée aux animaux fragiles qui ont besoin de repos (boiteries, vêlages difficiles, mammites, etc.). Elle s’ajoute à la surface des logettes et est conçue pour un effectif de 10 % à 15 % des vaches (10 à 12 m2/vache). « Elle vient en plus des boxes de contention, de vêlages et d’infirmerie. »

Elle est aménagée à côté du bloc de traite pour trier facilement l’animal. Le meilleur confort de couchage et la zone sans contraintes qu’elle offre par rapport aux logettes expliquent cette évolution. Dans le cadre du Réseau mixte technique « bâtiments d’élevage de demain », Idele vient d’ailleurs de mettre à disposition sur son site internet un prototype de bâtiment pour 250 vaches avec plusieurs modes de couchage. Cela remet-il en cause le système logettes ? « Non, répond Bertrand Fagoo. Il n’y a pas de standard de bâtiment mais des choix adaptés à chaque exploitation. »

Comment assurer le confort de déplacement ?

Couloirs. Des couloirs larges permettent aux laitières de se croiser, de s’alimenter ou de boire sans être gênées par le passage des voisines. Ils leur permettent également d’exprimer leurs comportements (léchage, chaleurs, etc.). « La tendance est à l’élargissement. Il est impératif en traite robotisée. En logettes, on préconise aujourd’hui 4,50 m pour le couloir d’alimentation, et au moins 3 m à l’arrière. » L’évolution est la même pour les passages entre deux couloirs, en particulier avec un abreuvoir (4,8 m en sortie de salle de traite). « Un passage entre les rangées toutes les 15 à 20 logettes fluidifie la circulation du troupeau et évite les culs-de-sac. »

Sols. Une vache reste debout et se déplace en moyenne onze heures par jour. Les sols en béton sont traumatisants pour des vaches qui ont une présence prolongée en stabulation. Des sols secs, antidérapants mais avec une certaine souplesse : c’est le délicat équilibre à trouver. Selon les travaux d’Idele en 2017 et 2018, les sols mixtes sont idéaux, en particulier en zéro pâturage.

Là où stationnent le plus les vaches, c’est-à-dire le couloir d’alimentation et les aires d’attente, on peut recouvrir le sol de tapis, plus souples et confortables que le béton. Des tapis rainurés pour drainer les urines existent sur le marché. Ils sont vidés grâce à des ergots sur les racleurs (sauf en aire d’attente de salle de traite). Les sols des couloirs parallèles, eux, peuvent être recouverts de plaques en béton préfabriquées, également avec rainures. Dans les deux cas, une pente longitudinale de 2 % aide à l’évacuation des urines lors du passage des racleurs. De même, dans les couloirs de passage, une double pente de 2 % à partir du centre les maintiendra moins humides.

Nouveau : une aire d’exercice extérieure, en particulier lorsque les couloirs sont étroits et les vaches en zéro pâturage. Elle leur donne la possibilité de marcher plus librement. Elle enrichit également leur milieu en leur offrant plus de choix (entrer ou pas dans l’aire d’exercice), ce qui engendre des émotions positives et contribue à leur bien-être. L’aire d’exercice fait d’ailleurs partie des 16 indicateurs de bien-être animal publiés par le Cniel en juin 2019. À une nuance près : elle peut être intérieure. « Son aménagement nécessite au préalable de réfléchir à son orientation, à son nettoyage et au stockage des effluents. Par exemple entre le bâtiment et la fosse à lisier, si c’est possible. »

Claire Hue
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