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Dossier. Variétés de maïs fourrage : le point sur certaines allégations

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Rendement, digestibilité des fibres, valeur alimentaire, vigueur, etc., les semenciers vantent, à juste titre, leur génétique sur plusieurs critères. Mais est-ce toujours une propriété de l’hybride ou une démarche purement marketing ?

LES VARIÉTÉS À GRAINS DENTÉS FARINEUX ?
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LES VARIÉTÉS À GRAINS DENTÉS FARINEUX ?

Ce fut, il y a trois ans, la grande nouveauté du semencier Pioneer, sous la marque M3. L’originalité a été de préconiser une teneur en matière sèche à la récolte de 38-40 % au lieu des 32-35 % classiquement recommandée. Cela permet d’obtenir un rendement supérieur (+1 à + 2 t MS/ha), plus d’amidon (+2 à + 5 %) qui reste plus digestible (+25 %), comparé aux variétés corné-denté, le tout sans dégrader la digestibilité des fibres grâce à un meilleur stay-green.

L’AVIS D’ARVALIS

Une première année d’essais d’une des variétés à grains dentés farineux a été réalisée en 2018 sur trois de nos sites. Sur l’un d’entre eux, la variété étudiée a fortement versé. Les premiers résultats montrent, en effet, un gain de rendement avec l’évolution du niveau de MS, mais les deux hybrides témoins (variétés corné-denté typées « fibres » et typées « amidon ») voient aussi leur rendement progresser dans les mêmes proportions. Dans nos références pluri­annuelles, le gain de rendement mesuré entre 32-33 % MS et 38-40 % MS est au maximum­ compris entre 0,8 et 1,0 tMS/ha. La dégradabilité de l’amidon du denté farineux étudié est équivalente à celle du meilleur des deux témoins (corné-denté). Mais elle se dégrade avec le stade de récolte, tout en restant d’un bon niveau, même à plus de 40 % de MS. Côté fibres, leur digestibilité est bonne, inférieure à celle du témoin typé « fibre » mais supérieure à celle du témoin typé « amidon » dans les essais. La digestibilité des fibres se dégrade avec l’avancée en maturité, comme pour les hybrides témoins. Des mesures agronomiques et zootechniques complémentaires réalisées en 2019 confirmeront ou infirmeront ces premiers résultats.

LES MAÏS RICHES EN HUILE ?

La société Panam propose depuis de nombreuses années des hybrides dont le grain est riche en huile (RH), ce qui lui confère théori­quement une haute valeur alimentaire. Plusieurs essais ont montré un gain significatif de la production laitière avec ces maïs RH, mais avec une baisse des taux à la clé. Au final, la production laitière, corrigée des taux, est équivalente. On note aussi une amélioration du profil des acides gras du lait, en particulier une diminution de l’acide palmitique, mais le rapport oméga 6/oméga 3 se dégrade. Ces maïs RH affichent aussi un rendement moindre que les hybrides classiques : de l’ordre de -13 % à -16 %. Les nouvelles variétés seraient un peu plus performantes sur ce critère.

L’AVIS D’ARVALIS

L’intérêt de cet apport de matière grasse (MG) via le maïs est de diversifier les sources d’énergie dans la ration et d’éviter ainsi des situations acidogènes, en particulier dans les rations à ensilage de maïs plat unique. Rappelons ici qu’il est nécessaire de ne pas dépasser 5 % de MG dans la ration totale. Mais avec un rendement à l’hectare diminué, est-ce économiquement rentable ? Pour s’en assurer, il faudrait que les nouveaux hybrides améliorent cette performance. Globalement, les rations avec maïs RH produisent autant de matière utile.

MAÏS TYPÉS « FIBRES » OU TYPÉS « AMIDON » ?

Nombreux sont les semenciers qui différencient dans leur gamme les hybrides avec une digestibilité élevée de la partie tige-feuilles et les hybrides plus riches en amidon. Les premiers étant conseillés dans les rations comportant une forte proportion de maïs, les seconds pour des rations où l’herbe est majoritaire.

L’AVIS D’ARVALIS

Dans notre réseau d’essais post-inscription, pour un même niveau d’UFL nous distinguons effectivement des hybrides qui tirent davantage leur énergie de la digestibilité des parois et d’autres de l’amidon. Cela fait consensus d’opérer la distinction entre les génétiques typés « fibres », « amidon » ou « équilibre » et d’orienter son choix en fonction du type de ration, avec plus ou moins d’ensilage de maïs. Mais il faut être conscient que l’effet « année et date de récolte » fait varier la valeur absolue de ces critères (digestibilité des fibres, richesse en amidon) d’une façon plus marquée que l’effet « variété ». Mais le classement des hybrides reste identique.

LES MAÏS AVEC DAVANTAGE DE STAY-GREEN ?

Ces hybrides sont censés rester verts plus longtemps sur la fin de leur cycle. Cette évolution plus lente permettrait d’élargir la fenêtre de récolte et d’assurer une meilleure conservation du fourrage au silo grâce à davantage de sucres solubles. Un autre argument est d’avoir une évolution plus lente de l’amidon qui serait alors plus digestible.

L’AVIS D’ARVALIS

Cette propriété du stay-green est intéressante, notamment au niveau de la conservation, sous réserve de ne pas se faire piéger à la récolte. N’oublions pas qu’en conditions normales de végétation, c’est la maturité du grain qui doit piloter la date de récolte (avec 1/3 laiteux, 1/3 pâteux et 1/3 vitreux) et non le desséchement de la plante. Il peut être dangereux d’annoncer de la souplesse et de récolter un grain vitreux, difficile à valoriser ensuite dans les rations. Il n’y a pas non plus de lien entre le stay-green et la digestibilité des parois (dNDF). Au-delà des effets génétiques, c’est la durée du cycle et la maturité des cellules qui influencent cette digestibilité.

LES MAÏS PARFAITS ?

Rendement plus élevé, plus de fibres digestibles, plus d’amidon digestible, plus d’UFL à l’hectare, plus de vigueur au départ, etc. De nombreux semenciers proposent ainsi des profils de maïs fourrage présentant toutes les qualités possibles. Comment s’y retrouver dans ces argumentaires commerciaux ?

L’AVIS D’ARVALIS

Le choix variétal est un point important de l’itinéraire du maïs fourrage. Ce choix doit se faire sur la base d’informations objectives, issues de réseaux d’essais pluriannuels. Le premier critère, rappelons-le, est la précocité qui doit être adaptée à l’offre climatique (date de semis et région). Viennent ensuite la productivité (niveau de rendement et régularité de l’hybride) et la valeur énergétique (valeur UF, digestibilité des fibres, teneur en amidon), sans oublier le comportement agronomique (vigueur au départ, précocité floraison, tolérance à la verse et aux maladies). Le réseau d’essais post-inscription animé par Arvalis apporte des réponses fiables sur ces éléments.

LES NOUVEAUX TRAITEMENTS DE SEMENCES ?

En même temps que l’interdiction du dernier traitement de semences à base de néonicotinoïdes contre le taupin et les mouches (le Sonido), nous avons vu fleurir une multitude de nouveaux traitements de semences destinés à accompagner la plante dans sa phase de démarrage. Il s’agit le plus souvent de produits classés dans la catégorie des « biostimulants », associant des bactéries ou des champignons, des extraits d’algues ou de plante, des molécules organiques, des oligoéléments. Des fongicides « haut de gamme » sont aussi parfois proposés. Chaque semencier décline son offre avec toujours le même argument : booster la plante en stimulant son développement racinaire. Le coût est d’environ 24 €/ha, moitié moins qu’une protection à base de microgranulés, mais la fonction n’est pas la même et le service rendu plus difficile à mesurer.

L’AVIS D’ARVALIS

Cette stimulation de la plante n’intervient qu’au-delà du stade 5-6 feuilles, corres­pondant au sevrage de la plante. Avant ce stade, la jeune plante puise dans les réserves de la graine pour se développer. Au-delà de 5-6 feuilles, les racines prennent le relais et un biostimulant est censé accélérer l’émergence foliaire et la croissance racinaire. Nous avons testé pour la première fois ces traitements de semences en les comparant à un témoin non traité et à un témoin recevant une fumure starter 18/46. Dans les conditions froides du printemps 2019, le 18/46 a eu un effet positif très important, avec une avancée notable de la date de floraison (de 2 à 4 jours selon les essais), un gain de précocité à la récolte, et un rendement légèrement­ supérieur. Les traitements de semences n’ont rien montré de significatif. À confirmer l’an prochain.

Dominique Grémy
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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