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Dossier. Utiliser des céréales pour compenser un faible rendement en maïs

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Florian Lairie, en produisant et transformant ses céréales, réalise une économie d’environ 100 € par tonne d’aliment. © Denis Lehé

Devant composer avec des terres à faible potentiel en maïs ensilage, le Gaec Kera Lait transforme ses céréales avec l’additif Aliplus. Ce procédé améliore la MAT du grain et n’entraîne pas de problème d’acidose.

«Pour la deuxième saison consécutive, j’utilise les céréales de l’exploitation pour nourrir le troupeau, ce qui m’évite d’acheter des coproduits ou de l’aliment VL, explique Florian Lairie, éleveur installé au Gaec Kera Lait, à Lalleu (Ille-et-Vilaine). Nous valorisons ainsi du blé, de l’orge et du triticale en les mélangeant à l’additif Aliplus et en broyant le tout pour constituer...
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«Pour la deuxième saison consécutive, j’utilise les céréales de l’exploitation pour nourrir le troupeau, ce qui m’évite d’acheter des coproduits ou de l’aliment VL, explique Florian Lairie, éleveur installé au Gaec Kera Lait, à Lalleu (Ille-et-Vilaine). Nous valorisons ainsi du blé, de l’orge et du triticale en les mélangeant à l’additif Aliplus et en broyant le tout pour constituer un aliment énergétique et riche en matière azotée. » Ce procédé de transformation a été mis au point par un éleveur de l’Allier, et c’est un entrepreneur du département voisin qui propose cette prestation (lire l’encadré). Le grain doit être broyé et humidifié dans des conditions précises. L’additif, qui est à base d’urée (76 %), associé à des extraits de plantes, des tanins, de l’argile et des oligoéléments, est dosé à hauteur de 22 kg/t. Le mélange subit une transformation naturelle pendant deux semaines sous l’action de bactéries qui consomment la majorité de l’urée améliorant la MAT de l’aliment.

200 tonnes de blé transformées

Il se conserve alors très facilement à l’air libre sous un hangar, sans risque d’attaque ni par les oiseaux ni par les rongeurs. Par rapport à la céréale d’origine, son taux de matière azotée totale (MAT) est généralement supérieur d’environ quatre points. Cela permet d’obtenir un aliment très appétent, proche d’un produit de type VL. « J’ai découvert ce procédé lors d’une démonstration, en décembre 2018, et j’ai décidé de le tester l’été suivant, après la moisson, ajoute Florian Lairie. Nous sommes sur un secteur assez séchant où le rendement du maïs ensilage est souvent décevant. La récolte de 2019 fut d’ailleurs catastrophique, avec seulement 8,7 tMS/ha en moyenne, sur 80 ha. Comme nous n’avions pas assez de fourrage, nous avons préféré stocker 200 tonnes de blé pour les transformer ainsi, plutôt que d’acheter du maïs ou d’autres aliments à l’extérieur. »

Étant limité en capacité de stockage à proximité de la stabulation, le Gaec fait appel au prestataire tous les quatre mois environ. Le site où sont entreposées les céréales se trouve à 2 km de la stabulation, ce qui nécessite de faire des allers-retours avec au total trois bennes et de prévoir deux télescopiques. À terme, le Gaec souhaiterait améliorer la logistique moyennant un investissement dans le stockage des céréales à proximité des silos d’ensilage.

Autre contrainte à appréhender : l’approvisionnement en eau. Pour obtenir un mélange affichant 24 % de taux d’humidité à partir d’une céréale à 15 %, il faut ajouter au minimum 90 litres d’eau par tonne, soit une consommation proche de 3 m3/h. Les dimensions de l’installation d’eau n’étant pas suffisantes pour fournir un tel débit, le Gaec prévoit une cuve en réserve équipée d’une pompe. L’aliment est stocké à plat sous un hangar, et repris directement avec la fraise de la désileuse automotrice pour l’intégrer dans la ration, à hauteur de 4 kg/VL/jour. Et il est tout aussi aisé de le charger au godet. Sur sa première année d’expérience, l’éleveur s’avoue plutôt satisfait des performances du troupeau avec ce nouveau mode d’alimentation. Il craignait, au départ, que cet aliment très énergétique n’augmente le risque d’acidose, mais cela n’a pas été le cas. C’est d’ailleurs un des points forts d’Aliplus. Florian Lairie a par ailleurs constaté un gain sur les taux : deux points supplémentaires en matières grasses et un point de mieux en protéines, ce qui se traduit par une plus-value­ de 10 €/1 000 l de lait.

Assolement modifié

Au niveau de la reproduction, l’effet semble également positif : sur les douze derniers mois, plus de deux tiers des laitières sont revenues en chaleur dans les cinquante jours qui suivent le vêlage, contre une vache sur deux seulement auparavant. Certains éleveurs affirment, en outre, que l’Aliplus contribue à faire baisser le taux de cellules, mais le Gaec Kera Lait, n’ayant pas de souci de ce côté, n’a pas pu constater d’amélioration. L’exploitant estime aujourd’hui que cet aliment lui revient à environ 200 € par tonne. En matière d’efficacité, il le compare à un produit de type VL 2,5 litres, dont le prix d’achat est généralement de 300 €/t.

« Sur le long terme, les indicateurs économiques sont positifs, ajoute-t-il. Mais au départ, nous nous sommes tout de même privés d’importantes rentrées de trésorerie, ce qui n’est pas sans conséquence d’un point de vue financier. Heureusement, les résultats techniques sont encourageants, avec des effets bénéfiques sur la reproduction et la santé. Cela nous encourage à poursuivre dans cette voie. Chez nous, le rendement du maïs ensilage est rarement satisfaisant. Les sols sont plus adaptés aux cultures d’hiver, avec de meilleurs résultats en blé, souvent de l’ordre de 70 q/ha dans les bonnes parcelles, même si cela n’a pas été le cas cette année. Dans les terres à plus faible potentiel, nous cultivons du triticale. Avant, nous n’en semions pas car cette céréale a une faible valeur marchande. Mais avec un rendement équivalent à celui du blé dans les mauvaises­ parcelles, pour un coût d’intrants moindre, c’est intéressant. »

Avec le changement des pratiques d’alimentation, le Gaec a également commencé à modifier son assolement : la part du maïs a baissé cette année à 60 ha au total, contre 80 ha jusqu’ici. Les surfaces de colza sont passées de 20 à 10 ha. L’objectif est désormais de cultiver davantage de céréales à paille, avec 110 ha contre 100 ha auparavant, et aussi de développer la surface de luzerne, toujours dans l’idée de gagner en autonomie alimentaire.

Denis Lehé
Le matériel mis en place par le prestataire pour réaliser le traitement atteint un débit de 30 t de céréales à l’heure, et nécessite une organisation logistique en conséquence. © Denis Lehé
q Le tapis avec pesée © Denis Lehé
p Ajout d’eau. Le procédé impose d’atteindre un taux d’humidité de 24 %. Si le réseau d’eau ne fournit pas le débit nécessaire, prévoir une cuve tampon est indispensable. © Denis Lehé
Stockage. L’aliment ainsi produit s’entrepose facilement à l’abri sous un hangar. Le Gaec le reprend directement avec la fraise de la mélangeuse automotrice. © Denis Lehé

    • Maïs ensilage : 10 kg MS

    • Ensilage d’herbe : 5,5 kg

    • Tourteaux soja : 1,5 kg

    • Mélange céréales Aliplus : 4 kg

    • Complément au Dac : 1 kg de tourteaux de soja + 0,5 kg d’orge broyée

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