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« Une aire paillée maîtrisée avec la traite robotisée »

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De gauche à droite : Nicolas, Antony, Jean et Nicole Davy, les associés du Gaec, avec Ludovic Dubreuil, leur conseiller en bâtiment. © D. G.

Avec ses 100 vaches, le Gaec Virouzière est très attaché au confort créé par l’aire paillée. Mais pour la période du pâturage, les associés ont dû ajouter une ligne de logettes en complément.

« Une aire paillée avec un robot, ça ne fonctionne pas. » « Une aire paillée pour un grand troupeau, c’est déconseillé. » « Robot-pâturage-aire paillée, le triptyque impossible. » Le Gaec Virouzière, dans l’Orne, tord le cou à ces idées préconçues. 100 vaches, deux robots de traite et sept mois de pâturage (AOP camembert oblige) ...
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« Une aire paillée avec un robot, ça ne fonctionne pas. » « Une aire paillée pour un grand troupeau, c’est déconseillé. » « Robot-pâturage-aire paillée, le triptyque impossible. » Le Gaec Virouzière, dans l’Orne, tord le cou à ces idées préconçues. 100 vaches, deux robots de traite et sept mois de pâturage (AOP camembert oblige) : « Ici, nous avons toujours connu des bâtiments avec aire paillée », affirment Nicole et Jean Davy, les parents.

Le bâtiment actuel a été mis en service en 2011 au moment de l’installation de Nicolas et Antony. Et la question de passer en système à logettes ne s’est jamais posée. « J’ai travaillé dans des bâtiments à logettes lorsque j’étais au service de remplacement. Je connais les contraintes d’entretien quotidien pour l’éleveur, l’inconfort des animaux parfois, les problèmes de boiteries souvent, etc. Et puis nos normandes sont des vaches assez lourdes qu’il faut ménager. Ajoutons à cela l’investissement supplémentaire en béton, maçonnerie et tubulaires », argumente Nicolas.

Les éleveurs voulaient aussi n’avoir qu’un seul effluent à gérer, ce qui est plus difficile avec un bâtiment à logettes. Ici, il n’y a que du fumier pailleux, stocké sur une fumière non couverte, avec un bassin tampon de sédimentation de 160 m3 en géomembrane qui recueille les lixiviats de la fumière, les eaux blanches de la traite et quelques eaux vertes avant épandage sur prairies par asperseur. Cela conduit aussi à un coût d’investissement assez bas (voir encadré). Il reste à disposer de suffisamment de paille, mais avec plus de 50 ha de céréales, l’exploitation est largement autosuffisante.

« Nous réalisons un curage toutes les semaines »

En 2011, l’aire paillée a été conçue pour offrir 8 m2 par vache avec une largeur de 11 mètres, ce qui facilite le paillage et assure une fréquentation homogène des animaux. Le sol est en terre battue chaulée-compactée. Un concept de couchage très classique qui avait la réputation de ne pas offrir toutes les garanties sanitaires au-delà de 50-60 vaches. « Parce qu’il ne faut plus raisonner en litière accumulée pendant un mois ou plus, avec le risque d’avoir des zones surfréquentées et une température de surface supérieure à 30-35°C favorable au développement des germes responsables des mammites d’environnement », explique Ludovic Dubreuil conseiller en bâtiment chez Effiterr. Ici, l’aire paillée est entièrement curée toutes les semaines. « Nous utilisons 28 balles rondes chaque semaine, soit environ 8,5 tonnes de paille. Le paillage s’effectue deux fois par jour à raison de 6 kg par vache. À cette fréquence, il n’y a aucun échauffement de la litière. Cela a été vérifié », explique Antony. Le bâtiment est conçu pour cette gestion de l’aire paillée. Une large ouverture, fermée par un rideau, donne sur la fumière en contrebas et un couloir de paillage longe l’aire de couchage. « Le curage et le paillage hebdomadaires réclament à peine une heure. » Le fumier très pailleux se mélange très bien avec l’effluent plus mou de l’aire d’exercice raclée pour former un tas qui se tient bien. Ce fumier est stocké plusieurs mois dans la fumière ou composté au champ pour un épandage sur prairies. « Une aire paillée suppose aussi un bâtiment bien ventilé », insiste Ludovic Dubreuil. Il est ouvert au sud-est du côté de la table d’alimentation, elle-même couverte par un appentis, en décrochage du bâtiment principal. La couverture est en écaille avec une faîtière ouverte. Côté nord-ouest, le bardage en bois est ajouré et laisse une ouverture de 30 cm sous le toit. L’ensemble présente un volume important, clair et aéré.

« Pendant le pâturage, les vaches ont accès aux logettes »

Le bâtiment a fonctionné ainsi, avec les deux robots, pendant cinq ans. Le pâturage, imposé par l’AOP camembert, est ici de 33 ares/VL. Les vaches ont accès à la pâture jour et nuit grâce à une position idéale du bâtiment au milieu des prairies. L’aire paillée est fermée du 15 avril au 1er novembre, car pas assez fréquentée, elle présente des risques d’échauffement. C’est là que les éleveurs ont perçu les limites de leur bâtiment. « Avec la traite robotisée, les vaches doivent avoir accès au bâtiment toute l’année, 24 heures/24. Pendant la période de pâturage, nous avions donc des animaux qui piétinaient sur l’aire bétonnée sans pouvoir se coucher, ce qui provoquait des problèmes d’aplombs. D’autres se couchaient dans l’aire de raclage et souillaient leurs mamelles. D’où notre choix d’installer une rangée de 52 logettes pour offrir un couchage confortable accessible à la moitié du troupeau pendant les sept mois de pâturage », explique Nicole Davy.

Cette ligne de logettes a été inaugurée en juillet dernier. Elle a nécessité de raccourcir la largeur de l’aire paillée de 2,80 m, soit 6 m2/vache. Suffisant, à condition que cet hiver, les vaches acceptent de fréquenter les logettes. « Comme elles s’y sont habituées cet été, cela ne devrait pas poser de problème. Les primipares et les vaches dominées devraient s’y sentir en sécurité. D’autant que ce sont des logettes confortables, équipées de tapis et abondamment paillées. » L’investissement a été de 13 000 € en autoconstruction.

« Cela crée une ambiance agréable pour l’éleveur »

Cela rajoute une contrainte : nettoyer ces logettes deux fois par jour. « Nous fermons l’aire paillée une demi-heure matin et soir pour assurer le paillage, ramener les vaches au robot. C’est à ce moment que nous les nettoyons. »

Dès cet été, les éleveurs ont observé des animaux plus reposés, plus propres. « Il y a souvent un quart du troupeau qui occupe les logettes en permanence. Elles ont le choix entre la prairie et les logettes. Mais pour rien au monde, nous abandonnerions l’aire paillée. Le confort des animaux est incomparable et la longévité des vaches s’en ressent. Cela crée une ambiance agréable pour l’éleveur. Côté sanitaire, l’AOP camembert est exigeante et nous sommes à moins de 100 000 cellules depuis plusieurs années. »

Dominique Grémy
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