S'abonner
Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Stockage des céréales : le boudin a ses adeptes

réservé aux abonnés

 - -->
Vincent Auvray et son père Bernard valorisent leur blé et leur maïs en les faisant aplatir et conditionner en boudins souples, directement à la moisson. © Denis Lehé

Concentrés. Blé, orge, triticale, seigle ou maïs grain humide, le stockage en poches souples de céréales concassées est une solution simple et peu onéreuse, à condition de bien s’organiser pour la reprise du grain.

«Depuis 2010, nous stockons chaque année à la moisson environ 100 tonnes de maïs grain humide et 50 tonnes de blé pour nourrir nos animaux tout au long de la saison, explique Vincent Auvray, éleveur à Saint-Paul-la-Roche (Dordogne). Dès la récolte, le grain est aplati puis conditionné en boudins. Il s’agit de grandes poches plastiques souples dans lesquelles il se conserve très bien. »
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
11%

Vous avez parcouru 11% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

«Depuis 2010, nous stockons chaque année à la moisson environ 100 tonnes de maïs grain humide et 50 tonnes de blé pour nourrir nos animaux tout au long de la saison, explique Vincent Auvray, éleveur à Saint-Paul-la-Roche (Dordogne). Dès la récolte, le grain est aplati puis conditionné en boudins. Il s’agit de grandes poches plastiques souples dans lesquelles il se conserve très bien. »

Le stockage en silos boudins se développe depuis une quinzaine d’années en France. La technique est particulièrement intéressante pour le maïs grain, puisqu’il n’est pas nécessaire de passer la récolte au séchoir avant de la stocker. « Nous préconisons une humidité comprise entre 32 et 37 % », souligne Alexis Férard d’Arvalis.

Le grain peut ensuite passer directement dans l’aplatisseur pour être conditionné. Il s’agit d’une conservation par voie humide similaire à de l’ensilage, nécessitant donc un bon tassement pour évacuer le maximum d’air. Le réglage du broyeur est important, car il ne faut pas laisser de grains entiers, sans pour autant faire de la farine trop fine.

Chez Vincent Auvray, c’est un entrepreneur local qui effectue la prestation d’aplatissage et de mise en boudins. La machine combine un aplatisseur à céréales placé en partie haute, et une vis de compression qui envoie le grain dans une longue gaine en plastique pouvant mesurer jusqu’à 60 m. La boudineuse est entraînée par un tracteur qui avance au fur et à mesure que la poche se remplit.

Vérifier la pression

« Le fabricant du film imprime une toise sur le plastique qui nous permet de vérifier que la pression dans le silo est correcte. Plus l’opérateur tasse et plus le film s’étire et la toise s’allonge. Il suffit de vérifier qu’elle ne dépasse pas une certaine longueur au-delà de laquelle le film pourrait se déchirer. Pour le blé, le tassement n’a pas trop d’importance puisque le grain est sec, mais pour le maïs, cela joue beaucoup sur la vitesse de stabilisation », explique Vincent Auvray.

Pour garantir de bonnes conditions de stockage, il faut privilégier un sol bétonné ou stabilisé afin que les rongeurs ne viennent pas perforer le film par en dessous. « Certains agriculteurs placent leurs boudins de céréales en plein champ, ajoute un constructeur. Dans ce cas, je recommande de déposer au préalable un lit de sable, à raison de 1 tonne pour 10 m de longueur. Cela empêche les mulots de venir s’installer en dessous, car ils ne peuvent pas creuser leur galerie. Le terrain doit tout de même être bien sain pour permettre la reprise tous les jours en hiver. J’ai vu parfois des éleveurs qui plaçaient de vieilles bâches sous le silo pour protéger le film. C’est une mauvaise idée, car cela peut au contraire attirer de la vermine. Dans tous les cas, la pose d’appâts antirongeurs le long des boudins est une protection efficace. »

Un filet de protection est nécessaire

Mais le danger vient aussi souvent des airs : corbeaux, pigeons, mouettes, etc. peuvent s’attaquer au silo. Si le risque est avéré, un filet de protection est indispensable. S’installer le long d’une haie ou bien dans un endroit trop isolé est également risqué. Certains éleveurs ont eu des expériences malheureuses avec des sangliers ou des renards qui se sont ainsi attaqués à leurs silos isolés. « Avec le blé et le maïs, je fais quatre ou cinq boudins tous les ans, que je place le long des bâtiments, ajoute Vincent Auvray. Je les protège avec de vieux pneus de tracteurs posés tout le long et aux extrémités. Cela oblige les véhicules à passer un peu plus au large et limite les risques d’accrochages. Il est recommandé de ne pas toucher au maïs pendant un mois environ afin qu’il se stabilise. Ensuite, quand il est ouvert, c’est comme le tas d’ensilage, il faut avancer assez vite pour éviter que le front d’attaque ne s’échauffe. »

Avec le blé, il n’y a pas de problème de conservation puisque le grain est sec quand il est mis en boudins. Pour faciliter la reprise, Vincent Auvray a investi depuis deux ans dans un Dessilogaine. Il intègre du maïs et/ou du blé à la ration de ses vaches en fonction des analyses de fourrages qu’il réalise chaque année. « Je suis souvent entre 2 et 2,5 kg/vache/jour. Je donne aussi du blé aux génisses. Cette technique cumule plusieurs avantages : la récolte se passe souvent dans la première quinzaine d’octobre. C’est environ un mois après l’ensilage et surtout trois à quatre semaines avant les parcelles destinées à la vente. Cela libère donc les parcelles plus tôt pour implanter du blé. La préparation se fait en une seule fois à la moisson, et nous valorisons notre production en nourrissant notre troupeau avec un aliment de qualité­. »

Denis Lehé

    À Saint-Paul-la-Roche (Dordogne)

    Gaec de Beauplat : Bernard et Vincent Auvray

    160 ha de SAU, dont 155 ha de surfaces fourragères

    140 vaches pour 1,5 million de litres de lait

    Deux robots

Chantier. L’aplatissage et la mise en poches des céréales se font en une seule opération au moment de la moisson. © d.l.
Protection. L’éleveur place systématiquement des pneus pour protéger les boudins d’un accrochage par un véhicule. © D.L.
Reprise. Avec le système Dessilogaine (voir encadré page suivante), en trois ou quatre minutes, Vincent Auvray charge directement dans sa mélangeuse la quantité de maïs grain dont il a besoin pour ses 140 vaches laitières. © D. L.
Tassement. Sur le film, une échelle graduée indique la tension maximale du film à ne pas dépasser. © D.L.
Tarif. Une prestation de 20 à 25 €/t

Compte tenu de son utilisation très ponctuelle, le matériel d’aplatissage et de mise en boudins est le plus souvent acheté par des entreprises de travaux agricoles (ETA) ou des Cuma, et plus rarement par des agriculteurs. C’est un petit marché que se disputent tout de même plusieurs constructeurs ou importateurs : CGAO, DLand­, Idass, Murska…

Des poches souples de 60 m de longueur

Selon les marques, les machines affichent des débits variant de 5 à 60 tonnes par heure, pour des prix oscillant entre 12 000 et 110 000 €. Toutes les marques proposent des poches souples mesurant 60 m de longueur. Le diamètre le plus courant des gaines en plastique est de 5 pieds, soit 1,60 mètre environ.

À ce diamètre, la capacité est d’environ 1 tonne de céréales brutes aplaties par mètre linéaire (blé, seigle, triticale), et de 1,2 tonne par mètre linéaire de maïs humide.

En prestation, le tarif est généra­lement appliqué au mètre linéaire de silo formé et oscille entre 25 et 30 €, soit un prix de revient de 20 à 25 € par tonne de matière ­conditionnée. Certains prestataires proposent d’ajouter un conservateur, notamment avec le maïs grain humide, afin de stabiliser la fermentation.

L’avis de l’expert
« Selon l’amidon présent dans la ration,attention au risque d’acidose » L’avis de l’expert Alexis Férard, ingénieur, valorisation des fourrages à Arvalis-Institut du végétal

« Sous cette forme, le maïs a une bonne valeur énergétique. Toutefois, l’éleveur doit garder à l’esprit que l’amidon a commencé sa dégradation dans le silo. Une fois ingérée, la molécule se digère plus vite dans le rumen que du maïs grain stocké en sec. Selon la richesse globale de la ration en amidon, je déconseille souvent d’en distribuer plus de 2,5 ou 3 kg par animal. Au-delà, le risque d’acidose est plus important. »

Dessilogaine, l’outil qui simplifie la reprise

La reprise des céréales est l’un des principaux inconvénients du stockage en boudins. L’entreprise DLand, qui fabrique des boudineuses, a mis au point un appareil spécifique mécanisant cette tâche : le Dessilogaine.

«J’ai été l’un des premiers à le tester et à l’acheter en 2010, confie Éric Hémery, éleveur en Gaec avec sa femme Brigitte, à Suris (Charente). Pour moi qui fais aplatir et conditionner 30 t de triticale tous les ans, c’est un outil qui facilite nettement la tâche. J’avoue que nous avions failli abandonner le stockage en boudins pour des raisons de pénibilité. Car même avec un godet, il faut monter et descendre du chargeur pour enlever la bâche et ramasser une grande partie du grain à la pelle. » L’ensemble est assez astucieux et simple d’emploi. Il s’agit d’un chariot à roues qui se place à une extrémité du boudin. Ce chariot supporte une vis hydraulique de chargement que l’éleveur place dans le tas après avoir découpé une ouverture. Ensuite, il accroche le film au niveau d’une barre transversale qui tourne comme un treuil grâce à un second moteur hydraulique. L’enroulement du film sur le treuil fait avancer le chariot et rentrer la vis dans le tas. « Je dois rester à côté pour piloter la vitesse, précise Éric Hémery : quand je vois que le débit de la vis diminue, je tourne une molette pour que le chariot avance un peu plus vite. Inversement, si je vois que le film se tend trop rapidement, je ralentis le chariot avant que la bâche ne se déchire. » À l’avant de la vis, un couteau vertical découpe le plastique sur la partie haute du boudin au fur et à mesure de la progression. Le Dessilogaine du Gaec Hémery est équipé d’un élévateur de 2 m qui vide le grain dans le godet d’un tracteur. L’appareil dispose d’une tôle qui protège la partie ouverte du silo contre la pluie. Il y a aussi de chaque côté deux rouleaux palpeurs qui maintiennent le chariot dans l’axe. L’alimentation du circuit hydraulique est assurée par un tracteur qui peut être celui tractant la mélangeuse ou portant le godet.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
En direct
Afficher toutes les actualités

Dans la même rubrique

Sélectionné pour vous

Sélection bovine des taureaux et des hommes

45€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

Indisponible

AJOUTER AU PANIER

Maladies parasitaires du mouton 4ème edition

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER