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Dossier. « S’inspirer du modèle belge à base d’ensilages préfanés »

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Grâce à l’introduction d’ensilages d’herbe de qualité dans la ration, Hélène et Olivier Secq conduisent leur troupeau à plus de 10 000 kg de lait, avec 2,9 kg de correcteur et un coût alimentaire sous la barre des 100 €/1 000 litres.

Il y a six ans, Hélène et Olivier Secq abandonnaient un système d’alimentation fondé sur le maïs en plat unique, malgré des rendements qui tutoyaient les 18 t de MS/ha sans irrigation dans ce secteur des Flandres à fort potentiel agronomique. « Le tout-maïs offre l’avantage de la simplicité, mais nous avions l’impression de plafonner en matière de production laitière et de taux, et surtout...
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Il y a six ans, Hélène et Olivier Secq abandonnaient un système d’alimentation fondé sur le maïs en plat unique, malgré des rendements qui tutoyaient les 18 t de MS/ha sans irrigation dans ce secteur des Flandres à fort potentiel agronomique. « Le tout-maïs offre l’avantage de la simplicité, mais nous avions l’impression de plafonner en matière de production laitière et de taux, et surtout nous étions confrontés à des problèmes sanitaires récurrents », explique Hélène.

L’éleveuse évoque des pertes d’animaux dues aux mycotoxines provenant des ­parcelles de maïs et à une recrudescence du syndrome hémorragique jéjunal chez les vaches hautes productrices en raison d’un excès d’amidon ingéré.

Ici, le troupeau dispose d’un hectare de ­parcours. L’objectif des jeunes éleveurs est clair : maximiser le lait par hectare pour préserver la surface dédiée aux cultures industrielles, avec un coût alimentaire maîtrisé via la réduction du correcteur azoté et la qualité des fourrages.

« Trop pauvre en UF, la luzerne déconcentre la ration »

Leur premier essai de diversification de la ration passe par l’achat de luzerne déshydratée… Intéressante, mais chère. D’où la mise en culture de 4 ha de luzerne entre 2014 et 2016. Les quantités récoltées de 18 t de MS/ha permettent de maintenir le niveau d’intensification recherché sans concurrencer les cultures de vente. La qualité du fourrage un peu moins : enrubannée, la luzerne intègre la ration de base à hauteur de 4 kg de MS/VL/jour en complément du maïs ensilage et d’un apport de maïs grain humide. « En dépit de nos efforts pour faucher la luzerne dès l’apparition des bourgeons, nous ne parvenions pas à récolter un fourrage à plus de 0,76 UFL en moyenne. Dès lors, l’apport de maïs grain était nécessaire pour corriger la déconcentration de la ration des vaches ­hautes productrices, souligne Olivier. Or, avec une ration dosant à 25 % d’amidon (seuil maximum admis vis-à-vis du risque d’acidose), nous restions toujours sur le fil du rasoir d’un point de vue sanitaire. »

Exit donc le maïs humide et la luzerne. Le couple s’oriente vers une ration de base à trois composantes : maïs, herbe ensilée et pulpe de betterave, un sous-produit énergétique lactogène, sans sucre ni amidon, et d’un prix modéré (23 €/tonne rendue ferme). Ils s’inspirent du principe de rationnement observé dans les Flandres belges, dans le cadre d’un groupe d’échanges transfrontalier coanimé par Avenir Conseil Élevage (ACE) et Inagro, un centre de recherche et de conseil en agriculture basé en Belgique.

Pour faire simple, le modèle flamand mise sur des ensilages précoces d’herbe préfanée, un pilotage de l’urée du lait entre 200 et 250 g/l et une teneur en amidon comprise entre 15 et 18 % de la ration (voir encadré). « Nous avons décidé de prolonger ces échanges transfrontaliers(1) pour travailler avec nos éleveurs ce système qui permet de maintenir des niveaux de production équivalents avec moins de correcteur et, au final, davantage de TB et de TP, grâce à cette combinaison herbe-maïs », explique Benoît Verrièle, spécialiste nutrition d’ACE.

« Le travail de groupe nous a ­confortés dans cette option, insiste Olivier. La conduite de l’herbe est, certes, plus technique, mais nos voisins parviennent à sortir régulièrement des ensilages d’herbe riches en MAT et en énergie. Nous devons nous en inspirer. »

En 2017, la valeur moyenne des ensilages d’herbe réalisés par les éleveurs belges suivis par Inagro s’élève à 0,9 UF et 17,2 % de MAT (314 analyses). De ce côté de la frontière, la ration moyenne se compose de : 8,09 kg de MS de maïs, 5,96 kg d’ensilage d’herbe, 0,55 kg de drèches, 1,79 kg de pulpes, 2,44 kg de correcteur et 0,75 kg de céréale, pour une production moyenne de 8 897 kg de lait/VL, à 42,4 TB et 35,1 TP.

10 170 kg de lait à 32,6 de TP, avec 2,9 kg de correcteur

Sur ce principe, la ration moyenne distribuée chez Hélène et Olivier en 2017 comprend : 10 kg de MS de maïs (à 38,6 % de MS, 37,8 % d’amidon et 0,95 UFL), 3,2 kg de pulpe de betterave surpressée, 4,9 kg d’enrubannage de RGI rotocut, ou des première et ­deuxième coupes de prairies naturelles, destinées ensuite au pâturage des petites génisses. La complémentation s’élève à 2,9 kg de correcteur azoté (soja-colza) et 1,2 kg de tourteaux tannés, soit un niveau de production de 10 170 kg de lait/VL, à 41,3 de TB et 32,6 de TP (taux laiterie : 43,2 et 33,7). « Le tourteau tanné est une source d’énergie by-pass et de PDIA distribuée en début de lactation lorsque la capacité d’ingestion est réduite », précise Thomas Banquart, conseiller d’élevage ACE.

Ainsi, le troupeau rentre dans un cercle vertueux : la qualité des fourrages permet de mieux passer les cent premiers jours après vêlage, d’optimiser les résultats de reproduction pour avoir un troupeau à un stade jeune (5,5 mois) capable de bien valoriser la ration. « L’efficacité alimentaire de 1,5 kg de lait/kg de MSI n’est possible qu’avec un troupeau jeune en lait, rappelle le conseiller. Ces résultats permettent aux éleveurs d’atteindre les meilleurs niveau de marge brute par hectare du groupe. »

« Nous avons encore à apprendre pour optimiser la valeur de l’herbe récoltée »

« Profiter des intercultures pour cultiver des dérobés à un coût, analyse Olivier. Mais cet apport d’herbe jeune permet de produire du lait avec des taux, et donc d’améliorer le prix du lait. C’est tout l’intérêt de ce système. Mais nous avons encore à apprendre de nos voisins pour optimiser la valeur de l’herbe récoltée. »

Depuis deux ans, ils multiplient les essais pour trouver le bon produit.

Le mélange seigle-vesce, implanté entre un blé et un maïs : les rendements (2,5 t de MS/ha) et la MAT (16,5 %) sont au rendez-vous, mais il manque un peu d’énergie (0,72 UFL). Surtout l’enrubannage, réalisé mi-avril, est humide (25 % de MS), ce qui augmente son encombrement. Trois hectares ont néanmoins été réimplantés en octobre. « C’est un produit très appétent . Les vaches se jettent dessus. En dérobé avant un maïs, il assèche moins le sol qu’un RGI. Il démarre aussi plus vite. Cela facilite la récolte précoce en prévision du semis de maïs. »

Le RGI-trèfle incarnat, semé en août après la moisson . La première coupe préfanée à l’automne 2016 n’a pas donné satisfaction : trop humide, encombrante et manquant d’énergie. La coupe de printemps est plus convaincante : 0,87 UF, 15 à 17 % de MAT et un rendement de 4-5 t/ha, à 35 % de MS. Le 25 septembre, 14 ha ont été réimplantés pour faire une seule coupe dès la fin mars.

Les prairies à base de ray-grass anglais  : 4 à 5 ha sont fauchés en première et deuxième coupes. Un préfanage, voire deux dans les petites parcelles cernées de haies, donne un produit énergétique (0,87 UF) plus sec, entre 65 et 70 % de MS et de bonne valeur protéique. « Ici, l’objectif n’est pas de cultiver l’herbe, mais plutôt de profiter des surfaces disponibles pour implanter des intercultures. »

Les fauches d’herbe précoces participent plus globalement à toute une réflexion autour de la production permise par les fourrages de qualité. « Elles doivent permettre de semer tôt des variétés de maïs plus précoces afin d’aller chercher du volume et du grain à 35-37 % de MS », précise Olivier.

Maintenant que les problèmes sanitaires sont derrière eux, Hélène et Olivier entendent encore faire progresser la productivité de leur troupeau.

Jérôme Pezon

(1) Groupe d’échange transfrontalier financé par l’UE à hauteur de 50 %, dans le cadre d’un programme Interreg.

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