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Dossier. « Rendre mon exploitation plus attractive pour un repreneur  »

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Patrice Pécheul. Le robot d’alimentation installé depuis près d’un an lui fait gagner beaucoup de temps au quotidien. © Denis Lehé

À 50 ans, Patrice Pécheul a investi dans un robot d’alimentation pour remplacer un tracteur et une mélangeuse. Songeant à l’arrivée d’un futur repreneur, il souhaite, grâce à cet automate, rationaliser le travail et moderniser son exploitation.

J’utilisais auparavant une mélangeuse de 24 m3 vieille de 8 ans, attelée à un tracteur ayant plus de 15 000 heures. Ces deux matériels étaient en fin de vie et début 2019, je les ai remplacés par un robot d’alimentation. J’ai 50 ans, et je pense que cela rendra mon outil de travail plus moderne et plus attractif pour un repreneur potentiel. Si je veux fidéliser mes deux salariés, je dois également leur...
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J’utilisais auparavant une mélangeuse de 24 m3 vieille de 8 ans, attelée à un tracteur ayant plus de 15 000 heures. Ces deux matériels étaient en fin de vie et début 2019, je les ai remplacés par un robot d’alimentation. J’ai 50 ans, et je pense que cela rendra mon outil de travail plus moderne et plus attractif pour un repreneur potentiel. Si je veux fidéliser mes deux salariés, je dois également leur offrir de bonnes conditions de travail. » C’est ainsi que Patrice Pécheul, agriculteur à Éréac (Côtes-d’Armor), résume ses motivations. L’éleveur souhaitait surtout gagner du temps, car dans son ancien système, l’alimentation du troupeau l’occupait environ 1100 heures par an, soit une moyenne de trois heures par jour.

Un rail d’alimentation électrique

Le robot Triomatic, de la marque Trioliet, a été installé au printemps 2019. L’ensemble comprend une cuisine avec quatre cases de stockage pour l’ensilage, le foin, la paille ou l’enrubannage, et un convoyeur monté sur pesons. L’éleveur a également prévu de la place pour quatre autres stockeurs si son installation évoluait dans le futur. Depuis le convoyeur, la nourriture tombe dans un wagonnet de 3 m3, monté sur roues, qui mélange et assure la distribution. Ce robot est connecté à un rail suspendu à la charpente qui assure son alimentation en électricité tout au long de son parcours.

« J’ai choisi ce modèle car le principe de la cuisine me plaisait, précise Patrice Pécheul. Chaque case dispose d’un fond mouvant, et le fourrage avance jusqu’à une scie qui découpe l’aliment en fines tranches pour faire tomber sur le convoyeur la quantité souhaitée. Cette scie ne travaille pas verticalement mais légèrement de biais, pour éviter que le tas ne s’effondre. Pour l’ensilage, je remplis les cases avec des cubes confectionnés grâce à une pince spécifique de type coupe-cube. Avec la scie, ils ne sont pas déstructurés pendant le chargement et l’ensilage ne chauffe pas. Si j’utilise de la paille ou du foin en brins longs, je peux choisir de les recouper à la dimension de mon choix. Mais pour gagner du temps, il vaut mieux travailler avec du fourrage déjà coupé au pressage. » Le convoyeur conduit ensuite le fourrage jusqu’à la cuve du robot, où arrivent également les aliments concentrés et les minéraux stockés dans différents silos équipés de doseurs. La programmation des rations s’effectue sur un écran tactile intégré au wagonnet.

« C’est assez intuitif, estime Patrice Pécheul. Je détermine les rations pour chaque lot d’animaux, le nombre de passages et les horaires de distribution. Les laitières, par exemple, ont droit à dix petits repas par jour. Ainsi, elles ont toujours un produit frais à manger. Lors de la mise en service du robot, ma production de lait mesurée au robot de traite a bondi de 3 kg/j. Un bon résultat dû à la fois à l’étalement de l’alimentation­ et au fait que j’ai gagné de la place au cornadis. » En effet, profitant de l’installation du robot, l’éleveur a construit un nouveau bâtiment accolé à sa stabulation actuelle, diminuant ainsi la densité d’animaux et donc la compétition pour accéder à la nourriture. Le robot emprunte le couloir d’alimentation et distribue à droite comme à gauche. Le rail d’alimentation est placé dans l’axe du couloir, mais le wagonnet peut se déporter d’environ 1 mètre de chaque côté. Son parcours va jusqu’à un autre bâtiment abritant la nurserie et les vaches taries. Il traverse pour cela une cour grâce à un support spécifique pour le rail électrique. « Le constructeur me préconisait de placer un portique au milieu de la cour pour maintenir le rail, mais ce poteau aurait gêné la circulation des engins et le passage du laitier, explique Patrice Pécheul. J’ai préféré installer une structure suspendue entre les charpentes des deux bâtiments. Elle a une forme de S, car les deux couloirs ne sont pas dans le même axe. J’ai poursuivi le rail jusqu’à l’entrée de la nurserie car, à terme, je compte aussi préparer du mash pour les veaux. Le robot a ainsi accès à tous les animaux. »

Sept fois moins de temps de travail consacré à l’alimentation

Depuis l’automatisation de l’alimentation, l’éleveur a gagné en souplesse dans l’organisation de son temps de travail. Dans la cuisine, il stocke du fourrage pour trois ou quatre jours d’avance, sauf lors de périodes de forte chaleur, où il évite de désiler trop de maïs d’un coup. Patrice Pécheul estime désormais son temps annuel de travail consacré à l’alimentation à environ 150 heures, soit sept fois moins qu’avant ! « J’ai une application sur mon téléphone qui me signale tout incident, souligne-t-il. C’est assez rare et souvent, je résous le problème à distance. Comparé à mes robots de traite, j’ai moins de pression avec cet automate : s’il reste bloqué quelques heures, les conséquences sont moindres. Le matériel a coûté 230 000 €. Un investissement auquel il faut ajouter environ 30 000 € pour la charpente de la cuisine, sachant que j’ai réalisé la maçonnerie. J’estime les frais d’entretien annuel entre 1 000 et 2 000 €. Je n’ai pas de contrat de maintenance, mais en entretenant régulièrement le matériel, je pense que l’installation vieillira correctement. Compte tenu de l’économie de main-d’œuvre, l’investissement sera rentable à long terme. »

Denis lehé
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