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Peut-on obtenir un kilo de GMQ avec un repas de lait par jour ?

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Emmanuel Germain, chef de produit chez Denkavit.

Quatre spécialistes de la formulation d’aliments d’allaitement se prononcent. PROPOS RECUEILLIS PAR JÉRÔME PEZON

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p « La croissance des veaux en phase lactée repose sur la quantité de matière sèche ingérée. Pour faire simple, si on vise des GMQ de 1000 g en début de vie, il faut l’équivalent de 1 kg de poudre par jour. Or, il n’est pas possible de faire boire une telle quantité en un seul repas. D’une part, parce qu’il ne faut pas dépasser le seuil de 225 g de poudre par litre d’eau pour une bonne digestion, et, d’autre part, parce que le volume de la caillette est limité. Si l’on cherche à maximiser le GMQ, l’idée est d’apporter des poudres plus riches en protéines, avec des aliments d’allaitement qui dosent de 26 à 27 %.

En parallèle, il faut apporter assez d’énergie pour valoriser cette protéine, sinon elle risque d’être mal digérée et de se retrouver dans le tube digestif, où elle sert alors de support aux bactéries. De plus, l’augmentation de la part de protéines va souvent de pair avec la matière grasse : plus elle est haute, moins le veau est incité à consommer du concentré. Cela implique un sevrage plus progressif. Cette stratégie requiert d’être irréprochable sur le plan sanitaire. »

p « Ce n’est pas possible d’atteindre un GMQ moyen de 1  000 g au cours de la période de 0 à 2 mois avec un repas lacté par jour. À ce jour, aucune donnée ne prouve qu’il est possible d’y parvenir, même avec un programme d’allaitement intensif. Le concept de croissance accélérée basée sur un aliment d’allaitement à haute teneur en protéines, distribué en quantité plus importante, permet d’augmenter le niveau de croissance, mais présente le risque d’une consommation d’aliment solide insuffisante au moment du sevrage, c’est-à-dire moins de 2 kg de concentré. Cela peut entraîner un brusque décrochage de la croissance après l’arrêt du lait, en raison d’un développement insuffisant des papilles du rumen, très pénalisant pour l’efficacité digestive.

Il ne faut donc pas se focaliser uniquement sur le volume de lait et la croissance de 0 à 2 mois. Quel que soit le programme choisi, l’enjeu reste d’atteindre 200 kg à l’âge de 6 mois, et la bonne gestion de la consommation de concentré est un levier essentiel pour y parvenir. Notre programme d’un repas par jour répond à une contrainte de main-d’œuvre. Il combine 35 kg d’aliment d’allaitement et 50 kg de concentré, avec des performances de 80 à 85 kg au sevrage. Ensuite, la croissance se poursuit avec du concentré à volonté, jusqu’à 6 mois. »

p « Au cours du premier mois de vie, seul l’aliment d’allaitement peut satisfaire les besoins élevés du veau. Avant 1 mois, il est donc préférable d’éviter de distribuer un seul repas lacté par jour qui, dans tous les cas, ne permettra pas de tenir les objectifs d’une croissance élevée.

L’idée est d’optimiser la croissance entre 0 et 2 mois, ce qui a une incidence positive sur la précocité sexuelle et les performances laitières. Individuellement, des veaux peuvent atteindre 1 000 g de GMQ et un poids de 100 kg à l’issue de la phase d’allaitement (souvent des veaux nés de multipares entre 40 et 45 kg et dotées d’une bonne immunité).­Mais le GMQ moyen d’un atelier nurserie doit d’une part, tenir compte des pertes et, d’autre part, doit être calculé à partir du poids réel des veaux à la naissance, en baisse régulière depuis plusieurs années et très souvent surestimé par des éleveurs qui ne pèsent pas. En tenant compte de ces règles, pour un poids moyen à la naissance de 38 kg, viser 800 à 850 g de GMQ au cours de la période de 0 à 2 mois à l’échelle du troupeau paraît un objectif atteignable dans une logique d’optimisation. C’est-à-dire, doubler le poids de naissance avec un sevrage programmé à 56 jours afin de maîtriser les coûts d’élevage. »

t « Pour pousser la croissance des génisses pendant la phase d’allaitement, nous proposons un programme établi sur une consommation journalière de 1100 g de poudre de lait. Ce n’est pas conseillé avec un repas par jour, pour lequel la consommation est limitée à 780 g. Ce plan de croissance soutenue est distribué soit au seau en deux repas, soit au Dal, à une concentration de 150 g de poudre par litre d’eau. Il faut aussi un aliment d’allaitement performant et hautement digestible : il s’agit donc d’une poudre spécifique riche en protéines (26 %), avec des protéines 100 % d’origine laitière et une teneur élevée en poudre de lait écrémé (plus de 45 % de PLE). Lorsque l’on distribue cette quantité de poudre, il est d’autant plus important d’augmenter rapidement les volumes et de prévoir un sevrage plus progressif. Nous recommandons un sevrage à 9 semaines (63 jours), avec une phase de transition en douceur à partir de la septième semaine. L’utilisation du seau tétine est également recommandée, ainsi qu’une position du veau tête relevée pour la buvée.

Nous conservons néanmoins un plan d’alimentation d’un repas par jour, pour répondre à la contrainte en main-d’œuvre de certains éleveurs, mais il est de moins en moins utilisé. Nous le mettons aussi moins en avant : il est en effet délicat de faire boire de gros volumes en un seul repas, et la concentration plus élevée de la buvée présente davantage de risques sanitaires si la température de dilution est mal respectée. »

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