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« Nous avons revu notre système afin d’acheter moins de tourteaux »

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La valorisation de l’herbe par le pâturage et l’utilisation de la luzerne, couplée au maïs épi, dans la ration hivernale ont permis au Gaec Malochet de gagner en autonomie protéique.

Céline et Jérémy Malochet apprécient à plusieurs titres le virage pris dans leur système fourrager il y a trois ans. Et la perspective de passer à une alimentation sans OGM au cours de cette année leur donne une raison supplémentaire de s’en satisfaire. « Par rapport à l’époque, avant 2015, où j’utilisais du maïs ensilage toute l’année sans valoriser le pâturage...
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Céline et Jérémy Malochet apprécient à plusieurs titres le virage pris dans leur système fourrager il y a trois ans. Et la perspective de passer à une alimentation sans OGM au cours de cette année leur donne une raison supplémentaire de s’en satisfaire. « Par rapport à l’époque, avant 2015, où j’utilisais du maïs ensilage toute l’année sans valoriser le pâturage, j’achète trois fois moins de tourteaux de soja, indique Jérémy Malochet. Le troupeau en consomme 12 t/an aujourd’hui. Dans le cas où je conserve le tourteau de soja pour passer en non-OGM, le surcoût serait d’environ 1 200 €. »

Installé hors cadre familial en 2008, le jeune éleveur a remis en cause son système fourrager en 2015. Pour des raisons économiques et d’organisation. « Bien que notre lait soit bien payé, je trouvais que les résultats n’étaient pas fulgurants, en raison des charges alimentaires. Je cherchais à réduire mes achats de tourteaux. En même temps, se posait la question d’investir dans un matériel de manutention pour assurer à la fois l’alimentation quotidienne des vaches et les récoltes en été. Pour éviter cet investissement, il fallait pouvoir fermer le silo de maïs pendant trois mois. C’est ce que nous avons choisi ! », explique-t-il.

« Je cherche avant tout à optimiser ma marge »

Jérémy réalise son dernier ensilage de maïs, sur 13 ha comme chaque année, à l’automne 2015. Il a dès lors pour objectif de fermer ce silo au printemps 2016, grâce à la mise en place d’un pâturage efficace qui puisse assurer l’alimentation des vaches. Il prévoit aussi de changer sa ration à l’auge au cours de l’hiver 2016, pour la fonder sur le maïs épi et la luzerne. « Mon objectif n’est pas le niveau de production par vache. Je cherche avant tout à optimiser ma marge. » Cette recherche d’une plus grande autonomie protéique a réclamé plusieurs adaptations. Pour agrandir autant que possible la surface en herbe accessible aux animaux et l’améliorer, « nous avons remplacé 4 ha de cultures jouxtant les pâtures par de la prairie dédiée au pâturage, et réensemencé quelques hectares de prairies peu productives », précise Jérémy.

Trois hectares de luzerne ont été implantés, puis neuf hectares de plus sur les deux années suivantes. « Surtout, pendant l’hiver 2015-2016, nous avons redessiné des parcelles de un hectare environ pour le pâturage. Entre février et juillet, nous avons démonté les clôtures existantes et installé nos nouvelles clôtures, électriques, délimitant une douzaine de parcelles. Et pour l’abreuvement, nous avons tiré 500 mètres de tuyau. »

Quant à l’aménagement du chemin d’accès aux paddocks, existant mais qui devait être amélioré, il est réalisé petit à petit par les exploitants. Pour minimiser l’investissement, ils le stabilisent à l’aide de matériaux de remblai disponibles aux alentours, finalement recouverts de sable.

Le troupeau est mis à l’herbe dès que la météo le permet. « En mars si possible, afin de pouvoir faire une transition de quinze jours à trois semaines », précise Céline. Pour gérer les entrées et sorties des vaches sur les 14 ha découpés en une douzaine de parcelles (d’environ 1 ha), elle utilise l’herbomètre. « Nous sortons les animaux de la parcelle quand la hauteur d’herbe atteint 4,5 cm en avril, et 5 à 5,5 cm en mai-juin. En pratique, ils restent trois à quatre jours sur chaque parcelle, détaille Céline. Pour gérer cela et la fauche des surfaces, je mesure les hauteurs toutes les semaines au printemps, puis tous les quinze jours en juillet. Effectuer 80-100 mesures par hectare, puis les saisir sur l’ordinateur pour déterminer les jours d’avance, me prend deux heures par semaine. C’est valable par rapport au fait de ne plus mettre en route la mélangeuse durant quatre mois ! Nous distribuons alors seulement 3 kg d’orge par jour au cornadis et un 1 kg de foin, en sortie de salle de traite. »

1 200 kg de concentré par vache laitière pour 9 110 kg de lait 

Cette période où la marge alimentaire est maximisée se révèle décisive dans la réduction de l‘apport de concentré. Celui-ci représente moins de 50 €/1 000 litres depuis deux ans. Sur une année, chaque vache reçoit en moyenne 1 200 kg de concentrés (soit 134 g/kg de lait en 2017-2018). « C’est une quantité très maîtrisée par rapport au système et au niveau de production, commente Nicolas Gaudillière, de Conseil Élevage 25-90. La très bonne qualité des fourrages, été comme hiver, permet ces résultats. »

Au pâturage, la maîtrise des hauteurs d’herbe permet aux éleveurs d’en maximiser l’ingestion, en gardant un apport de qualité, et sans avoir à gérer trop de refus car ils « descendent bas ». En hiver, l’ensilage et le foin de luzerne qui entrent dans la ration mélangée titrent 18 % de MAT/kg de MS. Les vaches ingèrent en moyenne 21,7 kg de MS par jour en hiver. « Nous apportons le mélange orge-tourteau au cornadis, individuellement selon la production », précise le couple.

Côté stocks fourragers, les éleveurs ne rencontrent pas de difficulté. Ils disposent de sols argilo-limoneux profonds à bon potentiel. « Ils les valorisent bien et obtiennent de bons rendements en luzerne et dérobées », pointe Nicolas Gaudillière. Leur souhait est aujourd’hui de pouvoir accroître le pâturage. « Les 45 ares/VL actuels sont un minimum pour pouvoir fermer les silos, considère Jérémy. L’objectif serait d’atteindre 70 ares pour que les vaches pâturent jusqu’en septembre. » 

Céline s’étant installée le 1er janvier 2019 à la suite de son père, le troupeau est passé à 45 vaches, et la surface s’est accrue de 90 ha. De quoi envisager certaines évolutions. Mais toujours avec le même objectif d’économie et d’autonomie. Ainsi, face à la question de devoir remplacer, sans doute cette année, le soja OGM dans sa ration, Jérémy a l’idée « d’en cultiver pour diversifier l’assolement, à condition de trouver une solution pour le toaster ».

Catherine Regnard

21 €/1 000 litres gagnés sur le coût des concentrés EXPLOITATION MalochetGroupe de réf.(1)
2015-20162016-20172017-20182017-2018
Nombre de vaches31323453
Production moyenne par vache7 531 kg6 986 kg9 110 kg6 909 kg
Concentré et minéral/1 000 l de lait214 kg162 kg134 kg183 kg
Coût de concentré et minéral/1 000 l54 €42 €33 €51 €
Marge sur coût de concentré et minéral/1 000 l274 €325 €330 €305 €
(1) Résultats 2017-2018 du groupe Ensilage de maïs inférieur à 45 kg de MS au printemps (47 élevages).
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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