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Dossier. « Les croisées nous font gagner de  l’argent »

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Tim Kieffer. © P.L.C.

Ken Herbranson et Tim Kieffer, éleveurs dans le Minnesota, ont tous deux participé à l’expérimentation de croisement Procross. Très satisfaits, ils constatent que les croisées sont faciles à conduire et durent plus longtemps que les holsteins.

Éleveurs dans le centre du Minnesota, Ken Herbranson et Tim Kieffer ont accepté de croiser une partie de leurs vaches dans le cadre de l’expérimentation conduite par l’université de leur état. Le professeur Les Hansen les a convaincus en leur montrant les résultats observés sur des élevages californiens.
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Éleveurs dans le centre du Minnesota, Ken Herbranson et Tim Kieffer ont accepté de croiser une partie de leurs vaches dans le cadre de l’expérimentation conduite par l’université de leur état. Le professeur Les Hansen les a convaincus en leur montrant les résultats observés sur des élevages californiens.

Ken et Tim conduisaient leur troupeau holstein en ration complète toute l’année. Les vaches ne sortent jamais, ce qui constitue le modèle dominant aux USA. Ils traient trois fois par jour et utilisaient la BST (hormone de croissance laitière) jusqu’à il y a deux ans. Ils ont arrêté car les consommateurs américains réprouvent de plus en plus ce type de pratique. La gestion du troupeau est globale, y compris pour les accouplements. Ils ne prennent pas en compte les origines de chaque animal, d’où un problème de consanguinité dont les éleveurs ont pleinement conscience.

« On aime bien la holstein, mais elle est fragile »

« Les holsteins produisent beaucoup, mais elles sont fragiles et se reproduisent mal. Avec elles, les frais vétérinaires sont élevés », expliquent-ils. Ken avait déjà croisé quelques vaches avec de la brune pour améliorer la fertilité.

Ils ont adopté le système Procross (croisement trois voies avec de la holstein, de la montbéliarde et de la viking rouge) sur la moitié de leur troupeau. Ken possède 500 vaches et Tim 380. S’ils ont vu des animaux de toutes les couleurs au fil de l’essai, Tim estime qu’aujourd’hui, son groupe de croisées affiche une certaine homogénéité.

Au départ, la sélection avec les taureaux montbéliards a été compliquée. Parce qu’ils portaient le virus Schmallenberg, certains ne pouvaient pas être importés. Le choix était donc limité. Or, la race ayant la réputation de faire de gros veaux, ils voulaient tenir compte de la facilité de vêlages dans les accouplements, notamment sur les génisses ou sur les vikings rouges. Cette difficulté a disparu il y a quelques années.

« J’ai choisi les taureaux d’abord sur leur potentiel laitier », explique Ken, soucieux de conserver un haut niveau de production. Il accorde également de l’importance au tempérament, surtout avec les montbéliardes. Il a ensuite vérifié la morphologie, et notamment les qualités des mamelles et des membres. Petit à petit, il a été rassuré sur la production des croisées. « Grâce aux taux plus élevés, leur lait est mieux valorisé. » Son responsable de troupeau, Chris Olson, souligne d’abord la facilité de conduite. « Elles vivent leur vie et ne posent pas de problème. Les holsteins sont plus souvent malades et c’est difficile de les remplir. On perd du temps, on a plus de travail, et ça coûte plus cher. » Sur l’élevage, les vingt plus vieilles vaches sont des croisées. 70 % de celles qui meurent sont des holsteins. Chris estime que les croisées font au moins une demi-lactation de plus que les holsteins pures. Ainsi au fil du temps, les croisées ont pris l’avantage. Alors que la moitié des holsteins ont été conduites en race pure, elles ne représentent aujourd’hui que 40 % de l’effectif. Par ailleurs, dans un pays où les veaux mâles holsteins ne valent presque rien, les croisés font la différence.

« On est gagnant sur le prix des veaux et des réformes »

De même, les réformes se vendent mieux. Les éleveurs ne les finissent pas mais les croisées ont davantage d’état. En période favorable, elles se négocient au moins à 200 $ (180 €) de plus. En ce moment, les prix sont bas mais l’écart s’élève néanmoins à 100 $ à l’avantage des croisés. « On gagne plus d’argent avec les croisées essentiellement parce qu’elles engendrent moins de dépenses. Chris préfère ces vaches et c’est lui qui les suit au quotidien. » À l’issue de l’essai, Ken a donc décidé de passer l’ensemble de son troupeau en Procross. Il va aussi modifier sa ration, considérant qu’il s’agit d’animaux un peu différents. On ne voit pas les os sur les croisées. « Je pense qu’elles ont besoin de moins d’énergie. Je vais en discuter avec mon nutritionniste. On va sans doute augmenter la part de fourrages et réduire les concentrés », assure l’éleveur, convaincu que cela permettra d’améliorer encore le bilan économique.

Quant à Tim, il souligne d’abord l’amélioration de la fertilité. « Nous détectons bien les chaleurs avec un système de mesure de l’activité et de la rumination, mais la réussite à l’insémination est plus faible avec les holsteins. On a un problème certain de consanguinité. » Il vend des génisses pleines et remarque que les croisées sont prêtes à vêler à 22 mois avec un niveau d’état optimal, ce qui n’est pas le cas des holsteins. Les vêlages se passent mieux et il n’a plus besoin d’intervenir. Lui aussi apprécie la plus-value lors de la vente des veaux et des réformes. Et surtout, il aime ces vaches. Les premières croisées montbéliardes l’ont un peu effrayé avec un type viande marqué. Mais après le deuxième puis le troisième croisement, il a appris à les apprécier. « Elles sont belles, moins grandes, mais plus vigoureuses que les holsteins. Elles rentrent mieux dans la salle de traite et dans les logettes. Elles ont moins de mammites et de problèmes métaboliques. » Quand malgré tout elles ont un ennui de santé, l’éleveur pense qu’elles répondent mieux au traitement. Ici aussi, les plus vieilles vaches du troupeau sont toutes des croisées.

Il est plus difficile de gérer les accouplements en croisement

À l’avenir, Tim pense continuer à croiser mais il va garder une partie du troupeau en holstein pure. Chez lui aussi, elles sont désormais minoritaires du fait de leur plus faible longévité. « On paie une dizaine de dollars [NDLR : environ 9 €] pour une dose en holstein. C’est presque le double en montbéliarde ou en viking rouge. Je trouve que c’est trop cher. Les holsteins ont des problèmes, mais cela ne justifie pas à mes yeux d’arrêter de travailler avec cette race. » Il envisage de mettre du montbéliard sur les croisées issues d’un père holstein pour continuer avec de la viking rouge avant de revenir à la holstein. Il évite ainsi les risques qu’il juge plus élevés au vêlage avec des pères montbéliards. Par ailleurs, il s’interroge sur l’intérêt de modifier la ration pour les croisées. Il en a discuté avec les autres éleveurs du groupe qui constatent tous, à l’image de Ken, que les croisées ont des besoins différents. Mais à l’échelle de son troupeau, il n’est pas aisé de conduire deux lots en fonction de la race.

Cependant, il attend de connaître les résultats et les conclusions de l’ensemble de l’étude pour décider. « On observe des différences entre les animaux. Je pense que les croisées rapportent plus, mais il est difficile d’évaluer l’impact économique sur l’exploitation. Quand je connaîtrai tous les chiffres, je trancherai. » Ken et Tim partagent l’idée que tous les éleveurs laitiers américains auraient intérêt à croiser. Ils pensent que le marché des génisses Procross prêtes à vêler va se développer.

Amy Hazel, qui a travaillé avec les sept éleveurs impliqués dans l’expérimentation, constate qu’ils trouvent les mêmes avantages aux croisées. Mais tous ne se sentent pas à l’aise pour continuer seuls.

« La plupart des éleveurs, surtout ceux qui ont des troupeaux de taille moyenne comme Ken et Tim, ont besoin de conseils. Ils peuvent faire passer le service avant le produit. Les entreprises de sélection holstein proposent des plans d’accouplement et les doses ne coûtent pas cher. C’est le contraire avec Procross. »

Pendant l’essai, les éleveurs étaient conseillés pour accoupler les vaches. En race pure, beaucoup choisissent un nombre limité de taureaux pour l’année et les inséminations sont faites sans tenir compte des généalogies. Un système qui a ses défauts, mais dont ils apprécient la simplicité. L’individualisation nécessaire en croisement en rebute quelques-uns.

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