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Les conservateurs acides restent sous-utilisés, à tort

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Ensilage. En Suède, l’acide est stocké en bord de champ. L’ensileuse est équipée d’un réservoir de 500 litres à l’arrière. L’injection se fait au niveau de la goulotte, après le hacheur. Le chauffeur contrôle le débit en cabine. © V.Gobert

Fourrages. Que ce soit pour l’ensilage, l’enrubannage ou le foin, les acides organiques, appliqués à la dose préconisée, garantissent une bonne conservation des four­rages. Le coût apparaît négligeable au regard de la valeur alimentaire ainsi préservée.

Les éleveurs français seraient-ils à la traîne sur la qualité de conservation des fourrages ? C’est ce qu’insinue Christophe Michaut, représentant de Perstorp, fabricant suédois d’acide organique. « J’estime qu’en France, moins de 10 % des fourrages reçoivent un conservateur, acidifiant ou inoculant. En Scandinavie, nous sommes à 85 %. » Coût trop élevé...
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Les éleveurs français seraient-ils à la traîne sur la qualité de conservation des fourrages ? C’est ce qu’insinue Christophe Michaut, représentant de Perstorp, fabricant suédois d’acide organique. « J’estime qu’en France, moins de 10 % des fourrages reçoivent un conservateur, acidifiant ou inoculant. En Scandinavie, nous sommes à 85 %. » Coût trop élevé, fourrages qui se conservent bien sans, équipement trop compliqué des machines de récolte (presses, ensileuses), corrosion des acides : tous les arguments sont bons pour ne pas utiliser un conservateur. Mais tous seraient inexacts. « Un conservateur peut faire économiser 10 à 15 % de pertes de MS. Sans évoquer le gain de qualité, le retour sur investissement est évident. Nombreux sont les fourrages qui, naturellement, se conservent mal, même l’ensilage de maïs dans certaines conditions. Enfin, les nouvelles formules d’acides organiques, estérifiées ou tamponnées, sont peu corrosives », répond Christophe Michaut. Bien sûr, il vante les propriétés des acides organiques : l’acide formique, qui bloque les fermentations indésirables en inhibant certaines bactéries et levures, s’utilise sur les fourrages humides (ensilages) ; l’acide propionique, qui a surtout un rôle antifongique, s’utilise sur le foin et l’enrubannage.

Une chute rapide du pH pour les ensilages

Une fois que le silo est bâché et que tout l’oxygène du tas a été consommé par la respiration cellulaire, les fermentations anaérobies peuvent s’enclencher à partir des sucres présents dans le fourrage. L’objectif est alors de bloquer le plus rapidement possible les fermentations indésirables (butyriques et acétiques) et de favoriser la fermentation lactique. Pour cela, il faut atteindre le plus vite possible un pH de 4. D’autant que, plus la chute du pH est rapide, moins il y aura de sucres consommés par les bactéries. La valeur UF et l’appétence du fourrage seront ainsi préservées.

L’utilisation d’un conservateur acide permet d’atteindre cette chute brutale du pH. Il inhibe les bactéries putréfiantes, les levures et les moisissures. Les inoculants assurent aussi une baisse efficace du pH, mais ils ne fonctionnent qu’avec un fourrage suffisamment riche en sucres et en eau (35 % de MS maximum). L’action antifongique des acides organiques sert à prévenir les départs en fermentation et le développement des mycotoxines après l’ouverture du silo. « L’usage d’un conservateur doit permettre de limiter la perte en matière sèche à 5 % maximum, tout en préservant la valeur en UF et protéines. Avec un dosage homologué à 3 l/t, le coût est de 6 €/t traitée pour un ensilage qui coûte environ 30 €/t. La rentabilité du conservateur sera d’autant plus élevée que la qualité originelle du fourrage aura été préservée : un préfanage qui ne dépasse pas 48 heures pour limiter les pertes en sucres, un hachage fin et un tassage régulier, évitant que l’air pénè tre, un front d’attaque propre, etc. Les conservateurs acides ont aussi toute leur place sur des ensilages de maïs récoltés trop secs », ajoute-t-il.

Limiter échauffement et moisissures sur le foin

Produire un foin de qualité est indispensable pour apporter une fibre qui ne déconcentre pas la ration en énergie et protéine. C’est aussi un challenge indispensable dans de nombreuses zones AOP et de montagne. L’éleveur doit donc limiter les pertes mécaniques pendant le chantier de récolte, celles liées aux conditions météo et pendant le stockage. L’usage d’un conservateur acide intervient directement ou indirectement à ces trois niveaux. Avec une récolte en foin, les pertes au champ dues aux conditions météo défavorables sont les plus importantes, surtout avec un fourrage conditionné. On assiste au lessivage des sucres solubles et de l’azote, et à une baisse de la digestibilité. S’ajoutent les pertes de feuilles au moment de la récolte, notamment les folioles des légumineuses : 15 à 20 % de la masse peut être laissée au sol.

Les pertes pendant le stockage sont essentiellement dues à l’activité fongique. Elles génèrent une production de chaleur, au détriment de la valeur énergétique, et elles altèrent les protéines. Des moisissures, parfois invisibles à l’œil, rendent le foin moins appétent et peuvent engendrer des problèmes sanitaires (toxines). Il faut ajouter le risque de combustion spontanée pendant le stockage. Ces pertes sur le foin peuvent atteindre 35 % de la valeur énergétique et 40 % de la valeur protéique. L’usage d’un acide organique aux propriétés antifongiques (acide propionique) limite le développement des moisissures et l’échauffement dans la balle de foin.

Une valeur comparable au foin ventilé

Cela autorise une récolte plus rapide du fourrage, dès 30 % d’humidité au lieu de 20 %, soit une demie à une journée de séchage en moins. Dans ces conditions, il y aura moins de pertes au champ du fait du détachement des feuilles et l’éleveur sécurise davantage les fauches précoces par rapport au risque météo. La valeur nutritionnelle et sanitaire du foin est préservée. Réalisé en 2010 par l’EDE et la FDCuma du Puy-de-Dôme, sur du foin précoce et du regain traité à l’acide propionique, un essai montre une valeur très supérieure aux foins traditionnels de la région (0,82 UFL, 110 PDIE, 124 PDIN sur le regain) comparable à celle d’un foin ventilé.

Dominique Grémy
Foin. L’acide propionique est injecté par des buses placées en aval des peignes du pick-up. La rampe doit être assez large pour couvrir l’ensemble du fourrage. © Perstorp

    Pour un acide vendu 2,50 €/ litre, le coût ­s’établit à 12 €/t de foin, soit 50 à 60 €/ha, deux fois moins cher que l’enrubannage pour une qualité supérieure et une heure de main-d’œuvre en moins par hectare (3,5 h/ha, contre 4,5 h/ha avec l’enrubannage). Il faut ajouter l’équipement d’injection de l’acide, entre 1 500 et 2 000 €.

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