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Dossier. « Le robot et le nouveau bâtiment ont boosté la production »

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Investissement. Nicolas Collet a construit un bâtiment neuf et acheté un robot de traite afin de pouvoir gérer son élevage seul. © p.l. c.

740 000 l/stalle. Nicolas Collet a augmenté sa référence laitière pour la caler sur une stalle de robot bien conduite et productive. La stalle est presque saturée et l’ensemble fonctionne.

Nicolas Collet s’est installé en Gaec avec son père en 2016 à Iffendic (Ille-et-Vilaine). Il travaillait déjà sur la ferme en apprentissage, le temps de passer son BPREA. Le départ à la retraite du père étant prévu pour 2018, Nicolas a voulu d’emblée adapter l’exploitation pour qu’il puisse la conduire seul. « On avait 45 vaches pour 30 places dans un vieux bâtiment. La salle de...
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Nicolas Collet s’est installé en Gaec avec son père en 2016 à Iffendic (Ille-et-Vilaine). Il travaillait déjà sur la ferme en apprentissage, le temps de passer son BPREA. Le départ à la retraite du père étant prévu pour 2018, Nicolas a voulu d’emblée adapter l’exploitation pour qu’il puisse la conduire seul. « On avait 45 vaches pour 30 places dans un vieux bâtiment. La salle de traite 1 x 8 était ancienne et ne pouvait pas être doublée », raconte le jeune éleveur, aujourd’hui âgé de 28 ans. Le choix du robot de traite s’est imposé comme une évidence, même si Nicolas aimait bien traire. Il cherchait de la souplesse dans son organisation du travail. Et puis il voyait des éleveurs souffrir de TMS à cause de la traite et cherchait à se préserver. L’ancienne étable était trop petite et il était difficile d’y installer un robot. Nicolas a donc décidé d’investir dans un nouveau bâtiment. Il l’a conçu pour sa référence laitière de 540 000 l de lait à l’époque, soit environ 70 vaches traites. « Les quotas venaient de disparaître et on avait très peu de visibilité sur la gestion des volumes à moyen terme », explique Nicolas. Il a prévu une place pour une deuxième stalle, au cas où. Mais dans un premier temps, son objectif était de produire sa référence avec une seule.

Le nouveau bâtiment offre 73 logettes dont six en isolement et 63 places à l’auge dont trois en isolement (voir plan page suivante). S’y ajoutent un box infirmerie, un box à vêlage et une nurserie pour cinq veaux. Les vaches se sont bien habituées aux logettes, au racleur et au robot. L’ancienne étable a été réaménagée pour accueillir les génisses et les taries. Nicolas a acheté quelques vaches et génisses pour arriver à 68 vaches traites. Il prévoyait de monter en puissance tranquillement. Hormis l’introduction du maïs épi il y a deux ans, la ration de base hivernale n’a pas bougé. Elle se compose de 12-13 kg MS d’ensilage de maïs, 2,5 kg MS d’ensilage de RGI, 1,5 kg de maïs épi.

La conduite des taries a été revue

Les vaches reçoivent aussi du tourteau de colza à l’auge, du correcteur azoté et un concentré de production au robot. Auparavant, elles ne bénéficiaient pas de complémentation individuelle.

En revanche, dès l’entrée dans le nouveau bâtiment, Nicolas a revu la conduite des taries avec son conseiller Eilyps. Il voulait améliorer les performances à la reproduction et limiter les problèmes de non-délivrance. Désormais, durant le premier mois de tarissement, les vaches sortent au pâturage. Elles rentrent ensuite et reçoivent une ration à base de maïs ensilage, colza, minéral et chlorure de magnésium, avec de la paille à disposition. Comme prévu, les problèmes de délivrance se sont espacés et la reproduction fonctionne plutôt bien (voir résultats GTE ci-contre).

Les vaches ont apprécié le confort et l’espace du nouveau bâtiment. Les taux cellulaires, qui posaient parfois problème dans un bâtiment trop chargé, ont baissé. La complémentation et la traite robotisée ont également contribué à booster la production.

Il a fallu augmenter la référence laitière pour l’aligner sur la production

« Je me suis aperçu que le troupeau répondait bien et très vite, j’ai dépassé ma référence laitière. » Livreur à Agrial, Nicolas peut augmenter son droit à produire en reprenant des parts sociales. Voyant qu’il pouvait livrer plus de lait avec le même troupeau, il a demandé et obtenu 50 000 l en 2016, 100 000 l en 2018 et 60 000 l en 2020. Cette coopérative n’a pas mis en place de volume différencié. Tout le lait est donc payé au même prix.

Cette référence de 740 000 l peut être produite avec une seule stalle et 68 vaches, ce qui conduit à saturer le robot. Dans ce but, Nicolas s’est fixé des objectifs quotidiens : 30 kg de lait par vache en moyenne, soit 2 100 kg/jour dans le tank. « Ces limites me conviennent bien. Elles supposent une moyenne de l’ordre de 2,3 traites par vache, et des vêlages étalés sur l’année. Je vise un stade moyen à 160-170 jours de lactation. »

Conserver le pâturage pour contenir le coût de production

Aujourd’hui, les veaux sont nourris à la poudre de lait mais Nicolas n’a pas renoncé au pâturage pour les laitières. Il dispose de 10 ares de prairie accessibles par vache et tient à valoriser cette herbe pour contenir le coût alimentaire. De plus, il souhaite que ses vaches sortent pour améliorer la santé des pieds. Il a un peu de dermatites. Le pâturage démarre en mars pour s’arrêter en novembre, quand le sol ne porte plus.

L’éleveur a réfléchi au meilleur moyen d’organiser le pâturage pour ne pas pénaliser la fréquentation du robot. Il a expérimenté plusieurs techniques. « La sortie à l’herbe, c’est un peu comme une deuxième mise en route du robot. Ça change les repères. »

Cette année, il a fait sortir les vaches après la traite du matin. Il ne distribue pas la ration avant. Une porte de tri a été installée à la sortie. Les vaches sortent puis reviennent spontanément après quelques heures. Elles passent obligatoirement par le robot puis repartent car l’auge est vide. Il y a toujours un roulement entre l’intérieur et l’extérieur. La distribution de la ration le soir les incite à revenir. Le volume d’ensilage est réduit mais le maïs épi est conservé. En été, les vaches ne sortent que la nuit.

Nicolas s’est beaucoup interrogé sur l’abreuvement, notamment en saison de pâturage. Il est bien conscient du fait que les vaches ont besoin de beaucoup d’eau pour être productives. La première année, il n’a pas mis d’abreuvoir dehors. Il pensait que les vaches boiraient avant de sortir car elles disposent d’un point d’eau à la sortie du robot.

En réalité, voyant que d’autres sortaient, elles avaient tendance à suivre, sans s’arrêter. Il a ensuite mis un abreuvoir sur le bord du chemin conduisant aux pâtures. Mais les vaches rentraient pour boire et ne ressortaient pas toujours. Finalement, des abreuvoirs ont été installés dans les pâtures.

« Cette année, au printemps, la fréquentation du robot s’est bien maintenue. » La production a légèrement baissé mais c’était volontaire. Nicolas s’est engagé dans le programme de réduction des volumes du Cniel. Il a tari un peu plus tôt quelques vaches dont la production faiblissait. Pour augmenter le temps productif du robot de traite, Nicolas programme son nettoyage au moment du passage du laitier. Il n’a pas installé de bac tampon.

Les vaches s’adaptent bien à une circulation libre

« Je tiens à ce que les vaches soient libres de circuler. Je pense qu’avec un robot saturé, il vaut mieux que l’éleveur intervienne le moins possible. Sinon, les vaches s’habituent et attendent qu’on les pousse », affirme-il. Il constate que la production laitière est généralement plus élevée les jours où il est absent.

Nicolas surveille quelques indicateurs au quotidien pour voir s’il reste sur la bonne trajectoire afin de produire sa référence. Il repère les vaches qui sont en retard dans leur passage au robot. C’est généralement le signe d’un problème. Il vérifie aussi la consommation alimentaire individuelle et à l’échelle du troupeau. Les critères de santé de la mamelle sont également scrutés tous les jours. Et quand Nicolas nettoie les logettes, il observe ses animaux et s’assure que tout va bien. Saturer le robot implique aussi de vérifier que chaque vache y a accès dans de bonnes conditions et à une bonne fréquence. Les primipares sont plus timides mais il faut qu’elles expriment leur potentiel. Les vaches longues à traire monopolisent la machine et pénalisent les autres. « Je ne garde pas celles qui descendent en dessous de 15 kg par jour. Elles prennent la place d’autres qui pourraient produire davantage. »

Il a observé que parfois, quand il sort une ou deux vaches, la production totale se maintient car d’autres profitent de l’espace libéré. L’enjeu est donc de bien choisir celles qui partent. Cette nécessité de ne garder que les bêtes efficaces joue sur la sélection du troupeau. Nicolas n’est pas un féru de génétique et décide des accouplements avec l’entreprise de sélection. Il attache beaucoup d’importance à la locomotion, aux membres, à la vitesse de traite et à l’emplacement des trayons. Les vaches longues à traire sont systématiquement inséminées avec un taureau blanc bleu belge. « J’augmente le croisement industriel pour ne pas élever trop de génisses. Car cela coûte cher. Je vise un taux de renouvellement à 30 %. »

Toutes les génisses sont inséminées en prim’holstein. Nicolas réfléchit à l’opportunité de les génotyper pour mieux les trier. Il n’a pas encore sauté le pas mais il pense que les produits générés par la vente des veaux croisés peuvent compenser le surcoût. Pour l’avenir, Nicolas cherche des pistes pour réduire la charge de travail. « Avec deux vaches de moins en moyenne, je diminuerais la saturation du robot et il me faudrait un peu moins de génisses. » Déjà, il a stabilisé l’âge au premier vêlage autour de 24 mois, ce qui réduit les effectifs et les charges.

Pour ce faire, il commence par donner deux buvées de colostrum au biberon avant de passer au lait en poudre. Les diarrhées sont rares et peu sévères quand elles surviennent. Les génisses sortent peu en pâture afin de bénéficier d’une ration constante et d’une croissance optimale.

Quatre ans après le lancement du robot, Nicolas se considère en vitesse de croisière. Il a trouvé l’équilibre entre son système de production et sa référence. Il n’envisage donc pas d’augmenter ses livraisons. La charge de travail lui convient, mais son père l’aide beaucoup en distribuant la ration. Avec la vieille désileuse portée, il faut compter une heure pour nourrir tout le monde. Plus tard, il pourra peut-être rejoindre une Cuma voisine équipée d’une automotrice. Mais cela coûtera plus cher.

Nicolas travaille tous les week-ends mais cela ne le dérange pas. Il prend une semaine de vacances en été. Parmi ses voisins, plusieurs sont équipés de robots et ils peuvent s’entraider si nécessaire. L’exploitation est bénéficiaire. La ration favorise les taux et donc la valorisation du lait. Avec une marge sur coût alimentaire à 6,1 €/vache, l’élevage se situe dans le quart supérieur des 300 élevages robotisés suivis par Eilyps.

Pascale Le Cann
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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