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Dossier. « Le compostage est adapté à notre production bio »

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Hervé Guillemot est installé en agriculture biologique dans un Gaec qui produit environ 800 t de compost de fumier par an. © D.L.

Dans le Morbihan, le Gaec de Brandéha pratique le compostage depuis une quinzaine d’années : moins de pression des adventices, fertilisation convenant bien aux cultures en mélanges et réduction des volumes à épandre sont les principaux atouts.

«Nous compostons tout le fumier du troupeau depuis 2002, date à laquelle l’exploitation a été convertie au bio, explique Hervé Guillemot, éleveur en Gaec à Allaire (Morbihan). Cette technique présente de multiples avantages, à commencer par la destruction d’une grande partie des graines d’adventices et des germes pathogènes dans les effluents­ épandus au champ, puisque le tas monte en température...
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«Nous compostons tout le fumier du troupeau depuis 2002, date à laquelle l’exploitation a été convertie au bio, explique Hervé Guillemot, éleveur en Gaec à Allaire (Morbihan). Cette technique présente de multiples avantages, à commencer par la destruction d’une grande partie des graines d’adventices et des germes pathogènes dans les effluents­ épandus au champ, puisque le tas monte en température à plus de 65°C. Le compost constitue un amendement de qualité qui nourrit la vie microbienne du sol. C’est également une fumure douce, sans effet coup de fouet. Cet aspect est important pour nous qui implantons beaucoup de mélanges à base de légumineuses associées à une ou plusieurs graminées. Un fertilisant trop puissant pourrait favoriser une espèce au détriment de l’autre. Un autre avantage est la réduction pratiquement par deux du volume quand le fumier se transforme en compost. C’est autant d’économie sur la manutention et le transport. Le compostage nous permet aussi de bénéficier de plus longues périodes d’épandage, avec la possibilité de s’approcher davantage des maisons sans créer de conflit de voisinage. Contrairement au fumier qui laisse souvent des tas sur le champ au moment de l’épandage, le compost se fragmente en petits morceaux qui se décomposent plus rapidement, sans aucune odeur et sans perte d’azote par volatilisation. »

Au Gaec de Brandéha, la stabulation comporte une aire paillée pour les vaches laitières. Les éleveurs apportent de la paille fraîche quotidiennement et le bâtiment est intégralement vidé tous les dix jours environ. Ils placent le fumier sur une plateforme abritée.

Un prix de revient de 1,50 à 1,60 €/t

Le compostage est réalisé par la Cuma Horizon Vert dont le retourneur d’andains opère sur une grande moitié est du Morbihan. Les associés s’inscrivent sur le planning proposé par la Cuma et réalisent généralement trois opérations par an : en sortie d’hiver, en juin, puis en octobre. À chaque fois, la machine passe deux fois, avec un intervalle de deux semaines environ. « Quand le premier passage est programmé, nous emportons le fumier dans les champs pour former un tas bien droit et régulier en respectant la hauteur imposée par le matériel, ajoute Hervé Guillemot. Nous payons la prestation au temps passé. Donc, il vaut mieux préparer le chantier correctement. En général, cela revient entre 1,50 et 1,60 €/t de compost produit. Ce surcoût est compensé par la réduction de volume, et donc le gain en charge de mécanisation. Après le second passage, nous épandons assez rapidement pour éviter des pertes pendant le stockage. »

« Une technique qui nous correspond »

Le compost est systématiquement analysé. En général, il contient 4 à 5 unités d’azote par tonne brute. À l’automne 2018, les valeurs fertilisantes étaient plus élevées que d’habitude avec, par exemple, plus de 7 unités par tonne. Un phénomène dû sans doute aux conditions très sèches qui ont limité le lessivage. Le Gaec réalise les apports dans les champs avec un épandeur à fumier à hérissons verticaux. Les doses tournent autour de 10 tonnes par hectare sur les céréales et les prairies fauchées, et 20 à 30 tonnes au printemps avant le semis de maïs. La quantité est adaptée au potentiel de la parcelle. Sur prairies, les apports à l’automne sont préférables, car en cas d’épandage entre deux coupes de printemps, il arrive que la minéralisation ne soit pas terminée pour la récolte suivante. Chaque année, l’exploitation produit environ 800 tonnes de compost. Si le Gaec n’utilise pas tout, le surplus est vendu à des maraîchers.

« Nous pourrions sans doute améliorer la répartition du compost au sol en utilisant un épandeur avec table d’épandage, estime Hervé Guillemot. Mais pour le moment, notre équipement fonctionne bien et les résultats sont corrects. Le compostage entraîne une légère perte d’azote présent dans le fumier au départ, mais les autres avantages compensent cet inconvénient. Pour nous, c’est une technique qui correspond à notre mode de production. »

    Gaec de Brandéha, 4 associés

    À Allaire (Morbihan)

    170 ha de SAU

    80 vaches sur aire paillée à 430 000 l de lait bio/an

    800 t de compost par an en moyenne

    Production de bœufs et de jus de pomme bio

Après le second passage du retourneur d’andains, le tas est épandu rapidement sur les prairies et les cultures. © D.L.
Deux passages espacés de dix à vingt jours sont nécessaires pour un compostage réussi. © D.L.
Compost. Les clés de la réussite

Le compostage réclame un fumier pailleux provenant d’une litière accumulée ou, éventuellement, d’un raclage si les animaux ont reçu au moins 5 kg de paille par jour et par UGB. C’est en effet la cellulose de la paille qui nourrit les micro-organismes­ responsables du phénomène.

Un fumier mou devra être égoutté de préférence.

Il faut stocker le fumier à l’abri avant le compostage pour éviter l’humidification par la pluie. Mélanger le tas en le retournant deux fois à 10 ou 20 jours d’intervalle est indispensable. Le compostage se fait avec un retourneur d’andains, mais il est possible de repasser tout le fumier dans un épandeur. Pour que le retourneur travaille dans de bonnes conditions, il faut un andain de taille régulière, sans corps étrangers (pierres, ficelles…). Ce tas doit être en ligne droite et suffisamment éloigné de la clôture pour permettre le passage des engins.

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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