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Dossier. « L’association du parage et du pédiluve sec est concluante »

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La cage sur mesure de Pierre-Marie Flachat est fixée dans le prolongement du box de soins où les vaches sont dirigées grâce à une porte de tri en sortie de robot. © j.p.

Grâce au parage systématique, combiné au pédiluve sec, le troupeau a été assaini. Mais le retour de problèmes infectieux durant l’été montre qu’il ne faut pas baisser la garde.

Il y a un an, quatre mois de soins intensifs, prodigués dans le cadre d’un protocole d’essai, ont permis à Pierre-Marie Flachat d’assainir la situation de son troupeau face à un problème de boiteries récurrent.
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Il y a un an, quatre mois de soins intensifs, prodigués dans le cadre d’un protocole d’essai, ont permis à Pierre-Marie Flachat d’assainir la situation de son troupeau face à un problème de boiteries récurrent.

Pourtant, l’éleveur a suivi une formation de trois jours consacrée au parage et à la santé des pieds dès 2010 et s’est rapidement équipé d’une cage. « Il s’agissait d’une vieille cage de contention assez peu pratique, explique Pierre-Marie. Je parvenais plus ou moins à gérer l’urgence, mais les soins n’étaient pas assez réguliers et j’observais souvent des lésions de Mortellaro (dermatite digitée) se réactiver. Aussi, lorsque Marc Delacroix, le praticien, m’a proposé de participer à un protocole d’essai, j’ai saisi l’opportunité de repartir sur des bases saines. Cela représentait beaucoup de travail, mais le résultat sur les boiteries est concluant. »

« Le fourchet, première cause de pertes économiques »

Ici, les 75 holsteins sont traites par deux robots Delaval achetés d’occasion. De mars à novembre, elles ont accès à 12 ha d’herbe sur le principe du pâturage tournant, avec toujours un minimum de 15 kg bruts de maïs à l’auge, dans une stabulation à logettes sur béton. Les 89 logettes sont équipées de tapis et saupoudrées quotidiennement avec l’équivalent de 300 g de farine de paille.

Dans ce contexte, l’expérimentation mise en place entre le 21 décembre 2017 et le 27 mars 2018 reposait sur trois leviers : parage, lavage des pieds et pédiluve. Le parage fonctionnel et curatif par deux vétérinaires (Marc Delacroix et Alexandre Fauriat) des quatre pieds de tous les animaux du troupeau a d’abord contribué à établir un diagnostic complet des lésions. À cette occasion, celles de dermatite digitée ont été traitées avec une pulvérisation d’oxytétrin et un pansement.

Ce premier parage a permis à lui seul de passer la fréquentation du robot de 3,1 traites/vache/jour à 3,4, soit un gain de 2 kg de lait. Il a également servi à dresser un bilan lésionnel confirmant la prédominance de pathologies des pieds d’origine infectieuse au sein du troupeau. « Avec 64 vaches porteuses de lésions, dont 26 à un stade de gravité avancé, le fourchet était la principale cause de pertes économiques, commente Marc Delacroix. Un problème d’autant plus important qu’ici, le dérèglement de la surface portante du pied, induit par l’érosion de la corne du talon, a pour conséquence avérée de générer des complications graves de type ulcère cerise. On a relevé 13 vaches porteuses. » Ce phénomène traumatique est renforcé par des bétons au rainurage irrégulier et aux arêtes saillantes, agressives pour la corne. De plus, avec 36 vaches porteuses de lésions, dont 27 douloureuses et contagieuses, la dermatite digitée était également bien présente.

« Les vaches n’hésitent pas à passer dans le pédiluve »

Ce profil infectieux valide l’intérêt de tester le traitement collectif : un pédiluve sec à base de Saniblanc Litières (Lhoist Agriculture), mis en place en sortie de robot de traite pendant quarante-huit heures tous les quinze jours. Il s’agit d’un désinfectant asséchant à base de fleur de chaux pour laquelle un premier essai, conduit en 2013 par l’école vétérinaire de Nantes, avait déjà montré l’efficacité dans le cadre d’un programme de lutte contre la pression de dermatite. Grâce à une fréquentation moyenne du robot de 3,4 traites par jour, et donc le passage des vaches au moins trois fois par jour dans le pédiluve, il a été possible de réduire sa mise en place à vingt-quatre heures tous les quinze jours. Un moyen de faire des économies sur le coût de fonctionnement d’un pédiluve, nécessitant dix à douze sacs de 20 kg de Saniblanc, à 13,40 € l’unité pour 240 passages. « Une couche de paille préalable permet aussi d’économiser du produit, tout en limitant le compactage afin que la poudre recouvre bien le pied jusqu’aux onglons accessoires, précise Pierre-Marie. L’avantage est que les vaches n’hésitent pas à passer dans le pédiluve. Celui-ci est simple d’utilisation : il suffit d’ébouser à la pelle ou au râteau et de recharger en produit. En revanche, le jour de la mise en place, il faut laver au jet les pieds de toutes les vaches bloquées au cornadis, ce qui représente une charge de travail de presque deux heures. »

Objectifs : supprimer la gangue de bouse sur les pieds, favorable au développement des bactéries pathogènes, et renforcer le contact de la peau avec le Saniblanc.

« Quinze jours après les fortes chaleurs de l’été, la Mortellaro est repartie »

Après 45 jours de ce protocole, les vétérinaires ont de nouveau levé toutes les pattes dans la cage de parage pour refaire les soins individuels. Ils ont réitéré l’opération une troisième fois à 90 jours.

L’évolution des lésions, constatée après trois mois de ces soins, laisse apparaître une maîtrise des boiteries cliniques et un recul très marqué de l’érosion du talon : le bilan fait état de 36 vaches porteuses de lésions du fourchet, dont seulement une dans un état grave, 4 ulcères cerise, 14 lésions de Mortellaro et seulement 2 contagieuses sur un troupeau bien calé à 32 litres par jour. « Du fait de cette amélioration notable, j’ai relâché mon attention. Une erreur dont j’ai vite pris conscience », concède Pierre-Marie. En effet, profitant de la mise à l’herbe à l’issue de l’essai et de son effet avéré sur la santé des pieds, l’éleveur est resté jusqu’à mi-août sans lever les pieds, ni mettre de pédiluve. « Avec les très fortes chaleurs survenues fin juillet, les vaches ne sortaient plus en pâture. Elles préféraient chercher un peu de fraîcheur dans la stabulation, couchées dans les couloirs ou piétinant autour des abreuvoirs. Résultat : avec quinze jours de décalage, en l’absence de traitement, la Mortellaro est repartie en même temps que l’apparition de nouvelles boiteries. »

Pierre-Marie a donc relancé le protocole de soins associant parage et pédiluve : « Et je vais m’y tenir ! » Ainsi, depuis la rentrée à l’étable, il a repris en main le parage dans la cage équipée d’un relevage électrique qu’il a fait faire spécialement (1 200 €). Le robot de traite lui apporte d’ailleurs une aide précieuse à la détection : « Une vache qui a des problèmes commence à avoir des retards de traite avant même que la boiterie ne se déclenche. C’est un signe qu’il faut intervenir sans attendre. L’idée n’est pas de tout faire moi-même, mais de gérer ces cas en amont et de faire appel au pédicure deux ou trois fois par an pour parer tout le troupeau par lot. »

Assurément, l’installation de son frère, Emmanuel, ce mois-ci, permettra de le soulager dans sa tâche au quotidien.

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