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Dossier. « La salle de traite est performante pour traire 150 vaches »

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Franck Painchaud, Benoît Piveteau et Olivier Oiry (de g. à dr.) sont associés en Gaec et travaillent avec un salarié. S’ils cherchent à maîtriser le temps de traite, ils veulent surtout pouvoir bien surveiller leurs animaux afin d’identifier rapidement les éventuels problèmes et éviter tout dérapage, vite catastrophique dans un grand troupeau. © P.L.C.

L’investissement dans une salle de traite 2 x 20 simple équipement répond aux objectifs du Gaec Le Centenaire pour traire dans de bonnes conditions en limitant la charge à 7 €/1 000 litres. Un choix sérieusement pesé.

Le Gaec Le Centenaire trait aujourd’hui 140 à 150 vaches en moyenne pour un troupeau de 170 têtes. Quand les associés ont construit la salle de traite il y a cinq ans, ils possédaient 130 vaches et n’envisageaient pas d’aller au-delà. Mais en 2017, ils ont accueilli un nouveau partenaire et l’exploitation a pris sa dimension actuelle.
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Le Gaec Le Centenaire trait aujourd’hui 140 à 150 vaches en moyenne pour un troupeau de 170 têtes. Quand les associés ont construit la salle de traite il y a cinq ans, ils possédaient 130 vaches et n’envisageaient pas d’aller au-delà. Mais en 2017, ils ont accueilli un nouveau partenaire et l’exploitation a pris sa dimension actuelle.

« Nous avons décidé d’investir dans un nouveau bâtiment en 2013 car après plusieurs agrandissements, notre outil était saturé », explique Franck Painchaud, l’un des associés. En ce qui concerne la traite, l’option du robot a vite été écartée : trop cher et difficilement compatible avec la stratégie des éleveurs de maximiser le pâturage. Ils penchaient plutôt pour un roto.

« Nous voulions un bon niveau de confort et d’efficacité mais à un prix abordable », poursuit l’éleveur. Leur réflexion a été guidée par le prix de revient. Les éleveurs savaient quel niveau d’annuités ne pas dépasser pour le maintenir. Et ils avaient également des exigences quant à l’équipement de leur nouveau bâtiment.

Le robot et le roto coûtaient trop cher

« Quand le troupeau grandit, il faut être très vigilant sur la santé des animaux. Si une vache a un problème, il faut pouvoir le détecter rapidement pour la soigner. Mais il faut surtout identifier les causes et corriger rapidement pour éviter les dérapages. »

Dans cet esprit, les éleveurs tenaient à certains équipements pour limiter leur temps de travail et isoler facilement les animaux si nécessaire : identification, portes de tri, racleurs automatiques, Dac. Or, le chiffrage du projet a montré qu’il n’était pas possible d’acquérir ces outils, en plus du roto, en respectant le budget. La salle de traite rotative était évaluée à 160 000 €. La réflexion s’est donc réorientée vers une salle de traite.

Au début, les éleveurs imaginaient un système en double équipement avec 2 x 12 postes. Avant de réfléchir à un simple équipement, toujours pour des raisons économiques, mais aussi pour avoir un bon débit. Ils ont finalement opté pour une 2 x 20, qui permet de traire les 120 vaches en six groupes, ce qui constitue un objectif pour ce type d’installation.

La disposition retenue est l’épi 50°, un compromis entre le gain de place, la possibilité de trier les vaches en sortie et le coût, bien sûr. En épi classique, on compte une largeur de 1,20 m par vache, ce qui implique une fosse de 25 m de long. En TPA, il faut compter 70 cm de quai par vache, mais la sortie avec une lice avant occupe beaucoup d’espace. Cela engendre un surcoût et surtout, il n’est pas possible de placer une porte de tri car les vaches ne sortent pas une par une.

L’aire d’attente est dans la stabulation

La fosse a une largeur de 2,20 m. Compte tenu du faible encombrement, l’ensemble apparaît spacieux. Les quais en béton rainuré ont bien vieilli. Les vaches ne glissent pas. Un faux plafond recouvre le bloc de traite afin d’éviter les fortes variations de température, préjudiciables au confort des trayeurs et au fonctionnement du matériel.

Les éleveurs ont choisi une disposition originale du bloc du traite, dans l’axe central du bâtiment qui est totalement symétrique (voir plan ci-dessus). Cela permet de conduire le troupeau en deux lots, chacun ayant accès à un quai. De chaque côté, une partie de la stabulation, incluant des logettes, est bloquée par des barrières afin de constituer l’aire d’attente. Une barrière poussante avance derrière les vaches. Il n’est donc pas nécessaire de les pousser.

Au printemps et à l’automne, lorsque le troupeau rentre du pâturage, les portes sont ouvertes des deux côtés et les vaches se répartissent au hasard. Les éleveurs rééquilibrent les lots si nécessaire.

À la sortie du bloc de traite, les vaches reviennent vers leur stabulation ou sont dirigées vers un box d’isolement (un de chaque côté). De cette manière, les lots ne se mélangent jamais à la traite. Et si l’attente est un peu longue, les vaches bénéficient d’un meilleur confort (logettes et abreuvoirs), que si elles étaient concentrées dans une aire d’attente classique. Cette disposition permet aussi de limiter l’espace nécessaire, et donc les coûts. Et les éleveurs ont moins de nettoyage à effectuer après la traite.

Les vaches sont identifiées à leur entrée en salle de traite. Les informations s’affichent sur des boîtiers posés au niveau de chaque poste. Quatre d’entre eux sont plus sophistiqués et permettent de rentrer des données. Ce dispositif a coûté 10 000 €. « Nous sommes plusieurs trayeurs. Il faut que nous puissions savoir dès qu’une vache suit un traitement antibiotique, par exemple », explique Franck. Cela sert aussi à commander les portes de tri situées à la sortie de la salle de traite afin d’isoler facilement les vaches qui en ont besoin.

« C’est l’éleveur qui impose son rythme à la traite »

À deux, les éleveurs passent une heure vingt pour traire 140 à 150 vaches. Une personne seule peut le faire en une heure cinquante. L’installation s’est adaptée à la hausse de l’effectif. « Avec cette salle de traite, c’est l’éleveur qui impose son rythme », souligne Franck. Il ajoute que l’essentiel pour lui n’est pas de minimiser la durée de la traite. Il faut avant tout prendre le temps de bien travailler.

Les mamelles sont d’abord lavées avec des lavettes individuelles, par lot de six ou sept. Elles sont ensuite branchées.

Et l’éleveur passe au groupe suivant. L’installation dispose d’un décrochage automatique. Le trayeur revient ensuite appliquer le produit de trempage. Les vaches sortent tranquillement. « Un peu trop parfois, elles bousent sur les quais ! » L’élevage n’a jamais été pénalisé sur la qualité du lait l’an dernier. Il y a eu un petit dérapage sur les cellules cet été, en période de canicule.

Le compteur électrique n’est plus assez puissant

En matière d’ambiance, le bâtiment fonctionne bien malgré sa largeur importante. On compte trois rangées de logettes et une table d’alimentation avec une place par vache de chaque côté. La toiture est construite en plusieurs pans (voir photo) pour éviter une hauteur excessive tout en favorisant les entrées d’air et de lumière. Le nouveau bâtiment permet aux éleveurs qu’ils s’organisent en fonction de leurs impératifs. « Nos conjointes travaillent toutes à l’extérieur. Nous tenons à contenir le temps de travail quotidien. » Le matin, deux personnes sont à la traite, une autre s’occupe des veaux et du paillage. La quatrième se charge de l’alimentation. Le soir, on retrouve deux trayeurs. Une personne vient à la fin pour s’occuper des veaux et des logettes. Le samedi, deux associés assurent l’astreinte le matin et un le soir.

Chacun profite donc de deux jours entiers de repos une semaine sur trois, et ne travaille que le matin, également une semaine sur trois. Tous prennent deux semaines de vacances par an. La salle de traite a coûté 100 000 €. Amortie sur douze ans, elle représente une charge de 7 €/1 000 litres de lait. Les éleveurs évaluent les coûts d’entretien à 2 000 € par an. Les pannes sont rares et les éleveurs les gèrent sans problème.

« Avec cinq ans de recul, on se dit qu’on a fait le bon choix », analyse Franck. Seul bémol, l’ensemble consomme beaucoup d’électricité. Si le racleur et le tank tournent pendant la traite, il arrive que le compteur disjoncte. Les éleveurs ont prévu d’étudier ce problème cet hiver. L’installation d’un compteur plus puissant coûterait entre 10 000 et 15 000 €.

Pascale Le Cann
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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