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Dossier. La quête de l’autonomie protéique avec du maïs épi

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Il est tentant d’associer de la luzerne à l’ensilage de maïs pour combler son déficit en protéine. Mais être plus autonome ne signifie pas forcément être plus performant économiquement.

L’autonomie protéique avec des rations à base de maïs est devenue un sujet majeur : pour une moindre dépendance aux fluctuations des prix des tourteaux, mais aussi pour répondre aux  attentes nouvelles des consommateurs. Demain, le lait non OGM pourrait être la norme et potentiellement sans qu’il y ait de bonus sur le prix. Les légumineuses fourragères peuvent-elles­ être le levier de cette autonomie protéique...
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L’autonomie protéique avec des rations à base de maïs est devenue un sujet majeur : pour une moindre dépendance aux fluctuations des prix des tourteaux, mais aussi pour répondre aux  attentes nouvelles des consommateurs. Demain, le lait non OGM pourrait être la norme et potentiellement sans qu’il y ait de bonus sur le prix. Les légumineuses fourragères peuvent-elles­ être le levier de cette autonomie protéique, sans altérer la productivité et la performance économique ? C’est ce qu’a voulu évaluer Arvalis, d’abord en associant de la luzerne (ensilée ou enrubannée) à de l’ensilage de maïs plante entière. Résultat, avec de la luzerne de bonne qualité (plus de 19 % MAT), il est possible de réduire fortement le recours aux tourteaux (- 50 à - 65 % avec 7,5 kgMS de luzerne). Côté économique, en production conventionnelle et sans bonification particulière, l’opération est assez neutre. En matière de production laitière, il est difficile de maintenir les performances, en raison de l’encombrement de la luzerne et de sa plus faible valeur en UFL, qui dilue la densité énergétique de la ration. « L’optimum économique se situe à 15 % de luzerne associée au maïs ensilage. À 30 %, la perte de lait brut dépasse les 5 % et n’est pas compensée par les taux », précise Anthony Uijttewaal­, chez Arvalis.

Le maïs épi pour densifier­ la ration en énergie

Alors, comment maintenir la densité énergétique d’une ration en incorporant davantage de luzerne ? La solution pourrait être de limiter l’encombrement global en se passant des tiges et des feuilles du maïs grâce à l’ensilage de maïs épi, associé à de la luzerne de très bonne qualité, ensilée ou déshydratée. C’est le principe d’une ration inversée où le fourrage apporte l’essentiel de la protéine, et le concentré l’énergie. L’ensilage de maïs épi offre des rendements intéressants, il est facile à récolter et à utiliser au quotidien, moins acidogène que du maïs grain humide, et surtout plus riche en énergie que l’ensilage plante entière.

Sur la ferme expérimentale de la Jaillière, Arvalis a pu tester trois rations. Le régime témoin associe un ensilage de maïs plante entière à 15 % de luzerne. Une ration qui nécessite toujours plus de 3 kg de tourteau de colza. Elle a été comparée à une ration incorporant moins de 1 kg de tourteau, avec un maximum de fourrages humides : 45 % d’ensilage de luzerne et 40 % d’ensilage de maïs épi. La troisième ration ose le zéro-tourteau, avec 35 % de maïs épi, 25 % d’ensilage de luzerne et 26 % de luzerne déshydratée. Il faut noter que l’ensilage de luzerne comme la luzerne déshydratée étaient d’excellente qualité, avec 22 % de MAT.

Pas moins de lait mais plus cher à produire

Les performances zootechniques montrent des niveaux de production laitière élevés et quasi identiques (voir tableau). Mais le TB décroche très nettement avec la ration maïs épi + luzerne déshydratée. « Nous n’avons pas trouvé d’explication. La ration était bien ingérée, le profil­ en acides gras du lait est excellent. On ne peut donc pas suspecter une acidose. Et il n’y a pas eu de signes particuliers sur les vaches », explique Anthony Uijttewaal. Logiquement, on retrouve davantage d’urée dans le lait avec la ration luzerne ensilée. Alors que l’effet tannage de la luzerne déshydratée diminue les pertes d’azote. Le profil en acides gras est très significativement amélioré grâce à la luzerne, avec un ratio oméga 6/oméga 3 excellent. « Nous sommes au niveau d’un lait de pâturage, certes il y a moins de matière grasse mais elle est de bien meilleure qualité », commente Anthony.

Le zéro-tourteau semble impossible à atteindre

Avec un maïs épi à 201 euros la tonne de MS (€/tMS), un ensilage de luzerne à 137 €/tMS et une luzerne déshydratée à 197 €/t, les deux régimes intégrant le maïs épi ont une marge sur coût alimentaire inférieure au témoin ensilage maïs (121 €/tMS). Le delta est de 26 €/1000 litres avec l’ensilage de luzerne, et de 43 €/1 000 litres avec la luzerne déshydratée, une contre-performance liée aussi à la baisse des taux. « Associée au maïs épi, la luzerne, ensilée et/ou déshydratée, permet de faire des rations quasi sans tourteaux, avec un niveau de production proche d’un régime classique réclamant 120-150 kg de tourteau pour 1000 litres de lait. Mais la luzerne reste un fourrage assez cher à produire et le maïs épi, avec 60-65 % de rendement d’un maïs plante entière, laisse des UFL dans le champ. Pour s’y retrouver économiquement, il faudrait rémunérer significativement l’amélioration de la qualité du lait », analyse Anthony Uijttewaal.

En 2020, toujours avec du maïs épi, Arvalis va tester des ensilages d’herbe très précoces au stade montaison (RGA/trèfle blanc et RGI/trèfle incarnat), beaucoup plus riches en énergie (0,96 UFL). « Mais avec seulement 16 % de MAT, il sera impossible d’atteindre le zéro-tourteau. »

Dominique Grémy
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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