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Dossier. « La désileuse en Cuma nous fait gagner un temps précieux »

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Denis Lehé

Au printemps 2020, la Cuma Trois Étoiles est créée pour faciliter l’achat d’une désileuse automotrice et embaucher deux chauffeurs à temps partiel. Proximité des quatre adhérents, échanges et partage autour d’objectifs communs ont contribué au succès de ce projet.

Gennes-sur-Seiche (Ille-et-Vilaine), 6 h 45. Comme chaque matin, Florian Picard, chauffeur à la Cuma Trois Étoiles, démarre la désileuse automotrice et entame sa tournée. Sa mission : passer sur les exploitations des quatre adhérents pour charger et distribuer les rations des différents troupeaux avant de ramener la machine sur son lieu de stationnement. Une tâche qu’il effectue généralement en une heure et...
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Gennes-sur-Seiche (Ille-et-Vilaine), 6 h 45. Comme chaque matin, Florian Picard, chauffeur à la Cuma Trois Étoiles, démarre la désileuse automotrice et entame sa tournée. Sa mission : passer sur les exploitations des quatre adhérents pour charger et distribuer les rations des différents troupeaux avant de ramener la machine sur son lieu de stationnement. Une tâche qu’il effectue généralement en une heure et demie à une heure quarante-cinq minutes, selon la saison. Un temps record pendant lequel il parcourt 10 km et nourrit 350 à 450 bêtes au total.

« Nous avons mis en route cette automotrice en avril 2020, mais le projet me trottait déjà dans la tête depuis quelques années, confie Jean-François Marsollier, éleveur à Moutiers, dans le sud de l’Ille-et-Vilaine, et actuel président de cette Cuma. Auparavant, j’utilisais ma propre remorque mélangeuse et mon tracteur, mais l’ensemble n’était plus vraiment adapté. Je voulais profiter du changement de matériel pour gagner du temps, car certains jours, la distribution du fourrage demandait jusqu’à deux heures. »

Au début de l’année 2019, l’éleveur décide de parler autour de lui de cette idée de mutualisation de l’alimentation. Il rencontre un premier écho positif auprès de François Grimault, installé sur la commune voisine de Gennes-sur-Seiche. Les deux hommes se connaissent bien car ils sont déjà adhérents à la Cuma La Primevère qui fédère une quarantaine d’exploitations sur leur secteur. Partageant les mêmes préoccupations sur le matériel et le manque de main-d’œuvre, ils organisent une réunion pour présenter leur projet à l’ensemble des membres de la Cuma Primevère. L’objectif était d’identifier d’autres fermes intéressées sur le secteur.

Proximité géographique

« Pour rentabiliser une automotrice de désilage, il faut un volume de travail suffisamment important, tout en restant dans un périmètre restreint, souligne François Grimault. Car le temps passé en déplacement sur la route coûte cher. Notre chance a été de trouver deux autres éleveurs géographiquement très proches de nous : Gwenaël Rousseau qui réside sur ma commune et Amédée Oliver, installé sur la localité voisine. »

Étant désormais quatre, ils se mettent en quête de références car les questions restaient nombreuses : comment s’organiser ? Quelle dimension atteindre pour que ce fonctionnement en commun devienne rentable ? Quelle machine choisir ? Comment chiffrer le coût de la prestation ?… Fabien Demarcq de la fédération départementale des Cuma leur apporte alors un certain nombre de réponses (lire encadré page suivante). Rapidement, les éleveurs décident d’unir leurs destins en fondant une nouvelle Cuma, baptisée Trois Étoiles. Premier projet : investir dans une automotrice neuve. Ils se mettent à la recherche d’une machine et contactent plusieurs distributeurs.

«Trouver un matériel convenant à tous »

« Nous sommes tous producteurs de lait, mais nous ne fonctionnons pas de la même manière, précise Gwenaël Rousseau. Deux exploitations utilisent une salle de traite, les deux autres ont des robots. Les quantités d’ensilage, de paille, d’enrubannage dans la ration sont différentes d’une ferme à l’autre, tout comme la part du pâturage. Il a fallu échanger et tenir compte de nos différences pour trouver un matériel convenant à tout le monde. »

Après avoir vu des démonstrations et étudié plusieurs devis, leur choix se porte sur une automotrice de 22 m3 de marque Matrix équipée de deux vis verticales. Cette machine d’origine italienne est distribuée par Melagri Services. Elle dispose de plusieurs atouts : une conception simple sur le plan mécanique, avec peu d’électronique embarquée et un prix plus bas que les offres des concurrents. « Les vis de mélanges sont entraînées par une transmission de type Powershift, précise le vendeur. Cela nécessite moins de carburant qu’une transmission hydraulique et à long terme, les frais d’entretien sont également réduits. Les éleveurs peuvent réaliser une grande partie de la maintenance par eux-mêmes. »

Facturation de 13,50 €/1000 l

Au printemps 2020, la Cuma a ainsi investi 158 000 € pour ce modèle neuf équipé, à l’époque, d’un moteur Stage IV. L’amortissement est planifié sur huit ans. Les associés estiment qu’avec une distance parcourue de seulement 10 km par jour, l’automotrice devrait vieillir correctement. Quelques aménagements ont été réalisés sur les fermes, comme des modifications de toiture, pour permettre le passage de la machine quand la couverture du couloir d’alimentation était trop basse. Au départ, chacun recevait une facture mensuelle établie sur la base initiale de 15 €/1000 l de lait produit. Ce montant comprend 10 €/1000 l de charges fixes correspondant au remboursement du matériel. Le reste est calculé en fonction du temps réel passé par l’automotrice sur chaque exploitation. Depuis le mois d’octobre, le montant à payer est passé à 13,50 €/1000 l. La Cuma a en effet reçu la confirmation d’attribution d’une subvention de 20 000 € et la visibilité sur les résultats obtenus au cours des six premiers mois est plutôt encourageante.

Le chauffeur de la Cuma assure toutes les opérations de chargement, mélange et distribution. Chaque éleveur doit préparer le chantier au préalable en découvrant le silo et en disposant les autres aliments à proximité : enrubannage, paille, concentrés… Les exploitations qui n’ont que le troupeau de laitières à nourrir paient un peu moins cher, car le chauffeur n’a qu’une seule ration à préparer. Celles ayant un deuxième ou un troisième lot ont une facture majorée de 1 ou 2 €/1000 l selon le temps réel de chantier. Pour établir ces montants, Amédée Oliver, le trésorier de la Cuma, relève régulièrement les données de travail enregistrées dans l’automotrice. Le transfert s’effectue par clé USB, tout comme les indications donnant au chauffeur les compositions des rations de chaque adhérent.

En plus de Florian Picard, la Cuma a recruté Hugo Berson comme conducteur suppléant. Tous deux sont salariés à temps partiel en complément d’un emploi principal en ETA pour l’un, en ferme pour l’autre. La gestion de leur bulletin de paie est confiée à la fédération des Cuma.

L’importance d’échanger

« Notre organisation requiert une bonne communication, souligne Amédée Oliver. Nous avons beaucoup de contacts avec les chauffeurs, pour leur parler de la composition de la ration, de la qualité du mélange ou de la distribution. Nous essayons de les rencontrer en direct. Dans le cas contraire, ils restent joignables par SMS. Il est également important d’échanger entre nous car le succès du collectif nécessite que chacun soit satisfait. » En effet, la formule actuelle ne peut fonctionner que si les quatre exploitations y trouvent leur compte. Le départ d’un adhérent pénaliserait automatiquement les trois autres qui verraient le coût de distribution augmenter. Tous les quatre ont donc signé un contrat les engageant à rembourser leur part de frais fixes même s’ils n’utilisent pas la machine. Si pour le moment, tous ont conservé leur ancienne distributrice pour faire face à une panne éventuelle de l’automotrice, aucun n’envisage un retour en arrière. Le nouveau tarif de 13,50 €/1000 l couvre les remboursements, l’entretien, le carburant et les charges de personnel. Grâce à cette dynamique de groupe, les exploitants estiment réaliser des économies par rapport au coût de leur ancien matériel et leur temps de travail a aussi nettement diminué. L’objectif est donc atteint.

Denis Lehé
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