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Dossier. « Je teste des maïs population pour l’ensilage »

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p Dans cette parcelleu , Jean-Luc Le Breton compare plusieurs variétés de maïs population. À l’approche de la récolte, il évalue le remplissage des épis. Ici, la variété rouge d’Astarac, tardive. © Frédérique Ehrhard

Jean-Luc Le Breton a essayé une quinzaine de variétés de maïs population en ensilage, avec l’objectif de réduire les frais. Quatre donnent des résultats prometteurs.

«En 2019, j’ai implanté 32 ha de maïs population. Après avoir testé une quinzaine de variétés durant trois ans, j’en ai repéré quatre qui donnent des résultats intéressants en ensilage. Pour les 10 ha destinés à la récolte en grain, en revanche, j’ai conservé des variétés hybrides, qui restent plus productives », explique Jean-Luc Le Breton.
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«En 2019, j’ai implanté 32 ha de maïs population. Après avoir testé une quinzaine de variétés durant trois ans, j’en ai repéré quatre qui donnent des résultats intéressants en ensilage. Pour les 10 ha destinés à la récolte en grain, en revanche, j’ai conservé des variétés hybrides, qui restent plus productives », explique Jean-Luc Le Breton.

Son objectif est de réduire les coûts. « Avec la dernière crise de 2013 et 2014, j’ai vu les limites de l’intensification. Quand la marge au litre devient négative, plus on produit de lait et plus on perd d’argent. Si je veux être encore éleveur demain, je dois trouver des solutions pour rendre mon système plus économe et résilient », affirme Jean-Luc.

Dans ce but, il s’est intéressé aux maïs population, qui permettent d’utiliser des semences fermières moins coûteuses. « Je me suis rapproché d’Agrobio Périgord, en Dordogne, qui a des plateformes d’essais sur ces maïs. J’ai aussi récupéré des semences de pays auprès d’autres éleveurs. Et en 2016 et 2017, j’ai testé une quinzaine de variétés avec l’appui d’Agrobio Périgord. » Sur une parcelle expérimentale, l’éleveur a mené des essais avec trois répétitions pour chaque variété. « J’ai observé leur comportement et noté leur date de floraison. À la récolte, j’ai prélevé un échantillon que j’ai pesé et fait analyser. » Trois hybrides qu’il utilisait habituellement lui ont servi de témoin. Pour faire son choix entre les variétés, Jean-Luc a multiplié les kilos de matière sèche obtenus par leur teneur en UFL, et comparé les résultats. Deux variétés, Lavergne Joly et rouge d’Astarac, arrivent à un niveau proche des témoins et produisent plus de 16 000 UFL/ha. Une variété à grain jaune, Poromb, les suit de près.

Plus de 15 t de MS/ha

« En 2019, j’ai planté ces trois variétés, qui donnent plus de 15 t/ha de matière sèche dans mes essais, ainsi qu’Autric, une variété autrichienne à grain rouge qui s’annonce productive elle aussi », affirme-t-il.

Lavergne Joly et Autric sont des variétés demi-précoces, Poromb une demi-tardive et rouge d’Astarac une tardive. En commençant par les plus tardifs, l’éleveur implante ces maïs population fin mai, après avoir enrubanné un ray-grass italien ou un méteil implantés en dérobée. « J’épands du lisier, puis je fais un labour suivi d’un passage de herse plate et d’un de vibroculteur », détaille-t-il. La densité de semis tourne autour de 95 000 grains/ha. « Je l’ai augmentée de 5 % pour pallier le taux de germination un peu moins bon des semences fermières. » Les plants de maïs démarrent bien, avec une vigueur moins homogène que celle des hybrides. La floraison s’étale sur dix à quinze jours. La maturation des épis est également plus étalée, ce qui complique la prévision de la date de récolte. « Je ne peux pas me servir des tables qui la prédisent en fonction de la date de floraison. Je dois surveiller la consistance des grains sur une série d’épis pour repérer quand le stade grain pâteux-vitreux est atteint », note l’éleveur.

Des risques de verse

Les maïs population sont souvent hauts, avec des cannes un peu moins rigides que celles des hybrides. Les épis sont insérés plus haut, ce qui facilite aussi la verse.

Parmi les variétés testées, Jean-Luc a choisi celles qui ont la meilleure tenue de tige. Il observe malgré tout des cannes­ inclinées dans ses parcelles. « Heureusement, les ensileuses sont équipées de becs ramasseurs qui les relèvent bien. »

Au cours du cycle, l’éleveur adapte le pilotage de l’irrigation. « Avec les hybrides récoltés en grain, je vise un rendement de 100 q/ha et j’arrose chaque semaine. Avec les maïs population à ensiler, mon objectif est de 15 t/ha de matière sèche. Je n’arrose pas au début du cycle, pour pousser les plantes à bien s’enraciner, et je concentre les apports d’eau entre la floraison et le remplissage du grain. J’économise ainsi deux tours d’eau en moyenne, ce qui représente 600 m3/ha », détaille Jean-Luc. Il économise également un peu d’engrais. « Je n’apporte que 200 kg/ha d’urée, au lieu de 300 kg/ha sur les maïs hybrides. »

Pour faire ses semences, il conserve quelques rangs au milieu d’une parcelle de chaque variété. « Je passe dans ces rangs pour enlever les épis des plantes les plus petites ou les plus grandes, pour conserver une population assez homogène. Puis je récolte les autres épis et je les stocke en palox. » Il possédait déjà un égreneur. Avec un voisin, ils se sont équipés, pour 5 000 €, d’un nettoyeur séparateur. L’effeuillage lui prend une demi-journée, l’égrenage et le tri une journée. « C’est du travail en plus. Mais j’ai réduit ma facture d’achats de semences de 4 500 €. »

En 2018, il avait implanté 20 ha de maïs population et 10 ha d’hybrides. Cette année-là, les sangliers ont fait des dégâts dans les maïs population, qu’ils préfèrent nettement aux hybrides. « C’est un inconvénient ! » Jean-Luc a, malgré tout, pu faire la soudure avec la nouvelle récolte, mais avec un peu moins de marge que d’habitude.

Pas d’amélioration des taux mais peut-être un profil de TB différent

Cela ne l’a pas empêché pour autant de semer 32 ha de maïs population en 2019. « Les résultats devraient être meilleurs cette année », estime-t-il à la veille de la récolte. Deux variétés se distinguent, Lavergne Joly et Autric. « Leurs épis sont bien remplis, même lorsqu’il y en a deux par plante. »

Lavergne Joly fait plus de 2,5 m de haut. Autric ne grimpe pas aussi haut, mais sa végétation est dense. Ces variétés de maïs population donnent un peu plus de pro­téines certaines années, particulièrement celles à grain rouge. « Je n’ai pas observé d’amélioration des taux du lait. Mais le profil de la matière grasse pourrait être différent. J’aimerais bien le faire analyser », note Jean-Luc, qui compte poursuivre ses essais avec les maïs population. « J’apprends petit à petit à recaler mes repères techniques. C’est motivant ! »

Frédérique Ehrhard
En 2019,
L’avis de…
« Ne pas perdre de vue les objectifs techniques » L’avis de… Michel Moquet, référent maïs ensilage chez Arvalis

« Avant de se lancer dans la culture de maïs population, il faut vérifier par des essais sur plusieurs années que les variétés choisies s’adaptent bien au climat et au type de sol, et qu’elles donnent des rendements réguliers. C’est essentiel pour être sûr de remplir ses silos tous les ans avec des stocks suffisants­. La précocité­ doit également être stable d’une année sur l’autre pour faciliter la prévision de la période de récolte. Cela aide à ensiler­ au bon stade. Il faut également­ regarder de près la richesse en énergie et la digestibilité du fourrage obtenu, et ne pas oublier que le volume du silo ne suffit pas à évaluer le rendement. Celui-ci doit être calculé en tonnes de matière sèche. En utilisant des semences fermières, on réduit les achats en début de culture. Après avoir chiffré ce qu’on récolte à la fin, il faut ramener les coûts à la tonne de matière sèche pour voir si on a fait de réelles­ économies par rapport à des maïs hybrides. »

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