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Dossier. « Je suis prêt à investir pour améliorer la longévité »

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L’accompagnement avec le vétérinaire et le diagnostic de la stabulation ont permis à Franck Moreau, dans les Deux-Sèvres, de mettre en évidence des pistes de progrès au niveau du réglage des logettes et de la ventilation.

Installé dans les Deux-Sèvres avec un système­ d’élevage en traite robotisée, Franck Moreau est un éleveur Happy : c’est-à-dire qu’il répond positivement à plus de 85 % des 180 points de contrôle d’un audit vétérinaire portant sur l’expression du confort et du bien-être de l’animal. « Je suis prêt à investir dans le confort, car j&rsquo...
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Installé dans les Deux-Sèvres avec un système­ d’élevage en traite robotisée, Franck Moreau est un éleveur Happy : c’est-à-dire qu’il répond positivement à plus de 85 % des 180 points de contrôle d’un audit vétérinaire portant sur l’expression du confort et du bien-être de l’animal. « Je suis prêt à investir dans le confort, car j’ai bien conscience que c’est un facteur limitant de l’expression du potentiel du troupeau. »

L’éleveur a déjà mis en place un ensemble de dispositions pour faire face à cet enjeu, dans une stabulation équipée de 69 logettes et 71 cornadis, pour 60 vaches en production.

Des tapis dans l’aire d’attente devant le robot : dans ces zones de contrainte et d’interactions, comme l’aire d’attente (ou l’accès au Dac), la pose de tapis représente un moyen de prévenir les lésions aux pieds, essentiellement des ruptures de ligne blanche (corne qui fait la jonction entre la phalange et la muraille). L’inconvénient est que des génisses s’y couchent. C’est un signe qui doit alerter sur le manque de confort ou d’accessibilité des logettes.

Une porte de tri pour l’accès à 4 hectares d’herbe : « Cet équipement a considérablement amélioré les problèmes de pieds », souligne l’éleveur, tout en maintenant une fréquentation du robot de 2,7 traites/VL/jour.

Ventilation mécanique et brumisation : dans un département soumis à des périodes de canicules estivales parfois intenses, l’éleveur a installé six ventilateurs (8 000 €) et un dispositif maison de brumisation à moindre coût au-dessus des logettes (photos page 48). Ce dispositif est mis en route au printemps, à partir d’une température de 20 °C. « J’ai décidé d’investir en 2017 en raison de baisses de production de plus de 4 kg de lait par vache et de taux de réussite en IA de 0 % à la suite de périodes de canicule, souligne Franck. L’amélioration a été très nette dès la première année. Les pertes de lait n’excèdent pas 1 litre. Au cornadis, je programme une douchette toutes les cinq minutes et, pendant les très fortes chaleurs, je distribue sur une courte période un aliment spécifique enrichi en épices (Thermoplus) qui contribue à faire transpirer les animaux et favorise ainsi la thermorégulation. »

« Je pourrai davantage sélectionner sur le lait »

Parallèlement, une meilleure gestion de la perte d’état corporel a permis au jeune éleveur d’améliorer ses résultats de reproduction (1,7 IA de moyenne), avec un troupeau à plus de 10 000 kg de lait. « Mon objectif premier consiste désormais à mieux faire vieillir mes vaches. La moyenne du troupeau est de 2,3 lactations : je vise au moins 2,5. J’accorde aujourd’hui une grande importance à la sélection sur les caractères fonctionnels tels que la longévité, la santé de la mamelle et des membres. En renforçant encore le confort, je pourrai davantage miser sur le choix de taureaux améliorateurs en lait. »

« Les positions debout dans les logettes dénotent un couchage difficile »

Dans cette optique, le diagnostic de la stabulation, réalisé en partie avec l’outil Housing Notes (Obione) dans le cadre du suivi technique avec son vétérinaire, a permis de dégager de nouvelles pistes de progrès.

Relever la barre au garrot de 7 à 8 cm : des repères comportementaux ont d’abord orienté vers un défaut de réglage des logettes. Outre les génisses qui se couchent sur le tapis de l’aire d’attente, beaucoup de vaches sont observées debout dans leur logette. « Cela dénote une envie de se coucher mais un accès au couchage difficile, ou douloureux », indique le praticien, Luca Fabozzi. Une mesure valide le bon design de la logette, à l’exception d’une barre au garrot un peu trop basse, à 118 cm (photo page suivante). Recommandation : une hauteur de 125 cm au minimum, compte tenu du gabarit des animaux.

Investir dans un matelas : on observe la forte présence de tarcites parfois très marquées, associées à ces comportements de couchage. D’ailleurs, l’éleveur précise qu’en été, ces lésions au jarret peuvent évoluer vers l’abcès. Ce sont des signes du caractère abrasif, glissant ou humide du bord des logettes béton, paillées à hauteur de 3,5 kg de paille et nettoyées deux fois par jour. Face à ce problème, Franck a d’abord pensé installer des tapis dans les logettes. Une solution « à peine plus confortable que le béton, estime le vétérinaire. Le seul intérêt des tapis est de limiter les gaspillages de paille ». Un rapide calcul de rentabilité avec le vétérinaire a conduit à privilégier­ l’investissement dans des matelas, tout en maintenant un paillage quotidien de 2 kg/VL/jour, pour préserver un fumier suffisamment solide, dans un système de gestion des déjections avec fumière couverte. L’investissement total est chiffré à 13 800 € (69 logettes x 200 €/place) pour une économie de paille de 37 700 €/an (1,5 kg/VL/jour x 69 logettes x 365 jours), soit un retour sur investissement estimé après seulement trois ans et demi, sans même prendre en compte les gains attendus sur les performances et la santé du troupeau. Le maintien de 2 kg de paille permettra d’être moins exigeant sur la souplesse du matelas, pour privilégier leur longévité.

Des lésions, signes d’une humidité trop élevée dans un bâtiment fermé

Dans un bâtiment fermé par des panneaux en tôle ajourée, le test du fumigène indique un défaut d’aération : l’objectif est un renouvellement de l’air toutes les trois minutes.

L’outil de diagnostic Housing Notes (Obione) valide ce constat : un taux d’humidité plus important à l’intérieur qu’à l’extérieur et à un niveau trop élevé (79 %), à mettre en relation avec la santé des pieds et les lésions observées sur les membres ; mais aussi, une luminosité insuffisante de 143 lux au niveau de la zone de couchage. Or, il est recommandé un optimum de 200 lux pendant seize heures. Sur conseils du vétérinaire, l’éleveur envisage donc d’ôter la partie supérieure du bardage attenant au couloir d’alimentation. Cela est d’autant plus nécessaire que les tôles ajourées ont tendance à se boucher et ont un coefficient de rétention de l’air très élevé : un indice de 0,96, sachant que celui du mur en béton est de 1. Enfin, un dernier point d’amélioration concerne l’emplacement des ventilateurs au-dessus des couloirs d’exercice : afin de limiter les positions debout sur le béton et inciter les vaches à se coucher, ils devraient être positionnés prioritairement au-dessus des logettes.

Jérôme Pezon
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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