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Dossier. « Installé grâce à un contrat de vente à terme  »

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Simon Lorent avec ses parents, Isabelle et Jacques. Aujourd’hui retraitée, Isabelle est encore salariée de l’exploitation à temps partiel. Quand il se retrouvera seul, Simon devra sans doute faire appel à de la main-d’œuvre ou investir dans des équipements. L’endettement réduit de l’exploitation lui facilitera la tâche. © a. b.

Simon Lorent a repris l’exploitation familiale grâce au soutien de ses parents, qui lui ont accordé une facilité de paiement longue durée sur la moitié du capital à reprendre.

Après deux ans de salariat sur l’exploitation familiale, Simon Lorent s’est installé le 5 mars 2017. Gérée par son père Jacques et sa mère Isabelle, conjointe collaboratrice, la ferme produisait alors 350 000 litres de lait, sur 130 ha. Le capital d’exploitation à reprendre était de 352 000 €.
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Après deux ans de salariat sur l’exploitation familiale, Simon Lorent s’est installé le 5 mars 2017. Gérée par son père Jacques et sa mère Isabelle, conjointe collaboratrice, la ferme produisait alors 350 000 litres de lait, sur 130 ha. Le capital d’exploitation à reprendre était de 352 000 €.

« Les biens ont été estimés par des personnes habilitées extérieures : chambre d’agriculture pour les bâtiments et le matériel, centre d’insémination pour le cheptel, centre de gestion pour le reste, précise Simon Lorent. Les valeurs proposées ont été reprises sans discussion. Avec trois frères et sœurs, il n’était pas question que l’un ou l’autre se sente lésé. J’ai voulu reprendre les biens à leur valeur réelle, sans les sous- ou surestimer, pour que ne subsiste aucun doute par la suite. En revanche, pour m’aider à étaler la charge financière liée à la reprise du capital et rendre cette dernière la plus progressive possible, mes parents m’ont proposé des facilités de paiement sur 196 000 €. » Cette somme correspondait à l’acquisition du cheptel, du matériel, des avances en terre, des stocks, des immobilisations financières et des parts sociales (Sodiaal et coopératives céréa­lières). Le rachat des bâtiments (une stabulation à logettes paillées, dotée d’une salle de traite épi 2 x 4 sans décrochage automatique, un hangar à matériel et génisses, des silos) a été financé par un prêt bancaire de 169 000 € sur quinze ans, à 1,5 %.

« Une partie de la charge financière est échelonnée sur trente ans »

Un contrat de cession avec vente à terme a été signé entre Simon et ses parents. « J’ai payé 30 000 € de suite et le solde a été échelonné sur trente ans, à raison de mensualités de 468,97€. La capacité financière de l’exploitation à sortir cet argent a guidé la durée du prêt. Il n’y a pas d’intérêts. Ce n’est pas un prêt familial, mais une facilité de paiement. » L’argent versé tous les mois par le jeune agriculteur constitue pour ses parents un complément de retraite, non imposable.

Ce dispositif, très usité dans le domaine immobilier, a été proposé à la famille Lorent par le notaire. Son intérêt est d’étaler la charge financière du repreneur en lui accordant une facilité de paiement dans le temps. « Cela évite d’avoir des grosses annuités les premières années d’installation alors que l’exploitation est déjà bien chargée », pointe Simon, marié et père de trois jeunes enfants. C’est un outil très souple et ultrasimple. L’acte, préparé par le centre de gestion, a été enregistré aux hypothèques. En cas de décès des parents, il rentrera dans la succession(1). « La créance restante sera transférée à mes frères et sœurs, auxquels mes parents avaient bien expliqué le sens de leur démarche. J’emprunterai peut-être alors pour leur rembourser la somme. » Opérer une vente à terme suppose de la part des cédants une grande confiance envers le repreneur ainsi qu’un effort financier­ important. « Mes parents doivent continuer à faire attention à leur budget pendant leur retraite, souligne Simon. Ils ont pu le faire car ils n’avaient pas forcément besoin de cet argent pour financer de gros projets. »

« L’essentiel est de définir ses priorités », complètent Isabelle et Jacques. Pour eux, il s’agissait d’aider leur fils à s’installer et de pérenniser l’exploitation dans laquelle ils se sont beaucoup investis en la faisant passer de 60 ha à 130 ha. Les installations difficiles, ils ont connu : un an après la construction de la stabulation, l’arrivée des quotas avait figé le développement de l’atelier laitier à 30 vaches alors que le bâtiment était prévu pour 45. Pendant dix ans, le couple a dû gérer une ferme-auberge pour renflouer les caisses­. « Ils ont voulu me faciliter la tâche et m’aider à mettre tous les atouts de mon côté. Je leur en suis très reconnaissant. » L’aide financière ainsi accordée à Simon a été d’autant plus importante que ses premières années d’installation se sont effectuées dans un contexte climatique et économique tendu. Avec 410 000 litres de lait produit sur la dernière campagne, l’atelier est encore bien loin d’atteindre la référence de 610 000 litres octroyée par Sodiaal.

Un credo : pas d’achat de fourrages coûteux pour augmenter les volumes

« Du fait des trois dernières années climatiquement très difficiles et du manque de fourrage, j’ai dû freiner le développement de l’atelier. » En 2019, 430 000 litres de lait avaient été produits avec 53 prim’holsteins, nourries essentiellement au maïs, avec un peu d’herbe l’été et 2 kg de foin l’hiver. Les génisses (18 vêlages par an) sont alimentées à l’herbe, au foin ou en pâture. Elles contribuent à valoriser les 40 ha de prairies permanentes et vêlent pour la première fois à 27-30 mois.

Moyennant quelques travaux dans la stabulation, il serait possible d’ajouter 10 places et de porter le troupeau à 64 laitières. Cette évolution a été anticipée par la couverture de la fumière(2) en 2017, ce qui permet à l’élevage d’être aux normes dans le cadre d’une augmentation de cheptel. La fumière est là, les vaches pas encore.

Alors que l’année 2020, sans pluie depuis mi-mars, semblait bien mal engagée et préoccupante encore une fois, Simon reste sur sa philosophie : « Mieux vaut reporter le développement plutôt que de s’engager dans une augmentation de volumes à grand renfort d’achat de fourrages coûteux. À l’avenir, la production sera de plus en plus calée sur le potentiel des années. Selon les cas, je vendrai les excédents de récolte ou je réduirai la voilure en lait. »

À 38 ans, Simon dispose d’une certaine sérénité que n’ont pas tous les JA, même ceux qui se sont installés dans le cadre d’une reprise familiale. « La charge de reprise d’une exploitation ne doit pas excéder les capacités financières de cette dernière si l’on veut éviter que le fonctionnement de l’entreprise et les conditions de vie de l’agriculteur en soient perturbés, estime le JA. Or, certains repreneurs empruntent 100 % de leur capital sur quinze ans, et se retrouvent avec 500 à 600 € par mois pour vivre ! Notre exploitation, sans bâtiment neuf, peut donner l’impression qu’elle n’est pas dynamique. Mais elle passe entre les gouttes et elle est plus résiliente. Grâce à la vente à terme, je sais qu’elle peut tourner malgré tout, à condition de rester constant dans les dépenses. »

Un silo réalisé à l’économie

Pour récolter et stocker le maximum de fourrages et être autonome même les années critiques, Simon a construit un nouveau silo de 2,50 m de haut sur 10 m de large et 35 m de long, pour un coût de 25 000 € dont 5 000 € d’aides. Se substituant au gros silo taupinière, générateur de pertes, il a été réalisé à l’économie, sur un empierrement classique (dalle non bétonnée) avec des éléments préfabriqués. « En 2019, si j’avais pu stocker les 35 ha de maïs que j’avais semés (contre 27-28 ha ordinairement), mes achats extérieurs (25 tonnes de pulpes déshydratées à 200 €) auraient été réduits. » Simon s’était concentré sur l’effectif productif. Des génisses prêtes à IA avaient été vendues. Cette année-là, grâce à quelques orages, les maïs avaient rendu 9 tMS/ha, avec 27 d’amidon. L’année précédente, il avait fallu se contenter de 7 tMS avec des taux d’amidon inférieurs (20).

Anne Bréhier

(1) Pour éviter que la vente à terme soit assimilée à une donation déguisée (dénonçable par la fratrie), les conseillers de gestion suggèrent plutôt la réalisation d’un prêt familial avec un taux très faible.

(2) Coût : 70 000 €, dont 40 % de subventions.

Le bâtiment de la stabulation à logettes paillée a été construit en 1980. Par ses études (BTS PA en 2001, en alternance au contrôle laitier de Meurthe-et-Moselle), son parcours (pointeur prim’holstein pendant trois ans), ses compétences et son goût, Simon a renforcé l’orientation laitière de l’exploitation. © a. b.
La couverture de la fumière et le nouveau silo pour le maïs ont représenté un investissement de 95 000 €, subventionné à hauteur de 26 000 €. © A. B.

    À Fleville-Lixières (Meurthe-et-Moselle)

    130 ha de SAU : 30 ha de maïs, 30 ha de blé, 15 ha d’orge, 15 ha de colza, 40 ha de prairies permanentes ; terres 100 % en fermage

    Potentiel agronomique limité : 12 tMS par ha maximum pour le maïs non irrigué

    Parcellaire dispersé non favorable au pâturage des laitières

    410 000 litres avec 53 prim’holsteins en 2019-2020

    Vêlages groupés entre juin et décembre (production de lait d’été)

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