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Dossier. « Il n’y a pas de lien avec l’acidose ruminale »

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Caillebotis. Le pourcentage de vaches atteintes de dermatite digitée augmente en conduite sur lisier : 17 % en aire paillée, 20 % en logettes paillées (au moins 3,5 kg/jour) et 35 % en logette­s sur lisier. La traite robotisée est un facteur de risque supplémentaire. © Claudius Thiriet

L’idée reçue selon laquelle l’acidose serait responsable de boiteries est remise en cause­ par l’étude statistique réalisée par BCEL Ouest. En revanche, l’amaigris­sement du début de lactation apparaît comme un facteur de risque aggravant.

Les données de parage saisies par les pédicures de BCEL Ouest apportent aujourd’hui des éléments objectifs sur la prévalence des différentes maladies et lésions des pieds rencontrées sur le terrain par les éleveurs bretons. Cette étude statistique, réalisée dans le cadre d’une thèse vétérinaire (1), porte sur les exercices de 2014 à 2016, sur la base des résultats de...
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Les données de parage saisies par les pédicures de BCEL Ouest apportent aujourd’hui des éléments objectifs sur la prévalence des différentes maladies et lésions des pieds rencontrées sur le terrain par les éleveurs bretons. Cette étude statistique, réalisée dans le cadre d’une thèse vétérinaire (1), porte sur les exercices de 2014 à 2016, sur la base des résultats de 726 élevages, où plus de 50 % des animaux étaient parés, soit 43 462 laitières parées. Elle révèle que la lésion la plus présente, quel que soit son niveau de gravité (boiteuse ou non), est de loin l’érosion de la corne du talon, maladie infectieuse aussi appelée fourchet. Elle est présente dans 74,8 % des cas, suivie par la bleime diffuse (68,2 %). Étonnamment, la dermatite digitée (DD ou Mortellaro) n’arrive qu’en troisième position (27,3 %). Mais cette maladie infectieuse, aux stades M1 et M2 (lésions rouges actives et douloureuses), est bien la principale cause de lésions susceptibles de faire boiter dans 63,9 % des cas, loin devant l’ulcère (13,7 %) et la cerise (5,4 %).

L’amaigrissement du début de lactation fragilise le pied

Les relevés réalisés permettent d’aller plus loin dans le détail.

En début de lactation, les lésions de bleimes diffuses et circonscrites sont les plus fréquentes (voir encadré). Le nombre de cas observés augmente très rapidement, pour atteindre un pic lésionnel de 40 % des pieds touchés entre 60 et 90 jours de lactation. Au regard de la dynamique d’apparition des lésions, cette situation peut être mise en lien avec un amaigrissement excessif en début de lactation, qui touche également le coussinet graisseux situé entre l’os du pied et la sole. « Celui-ci devient alors moins efficace pour répartir la pression vers le talon et amortir le choc de la marche, explique Yannick Saillard, vétérinaire chez BCEL Ouest. Dans ce cas, le déficit énergétique a un effet détériorateur sur la santé des pieds, dans des élevages où les conditions sont par ailleurs satisfaisantes. »

Après 90 jours, la proportion de bleimes diminue fortement. Dans le même temps, l’ulcère, puis la cerise, peu présents en début de lactation, gagnent de l’importance. Ce schéma correspond à une aggravation progressive des lésions de bleime en l’absence de prise en charge.

« Ces observations confirment la pertinence du parage réalisé au moment du tarissement, mais aussi l’intérêt d’une bonne préparation au vêlage pour limiter le déficit énergétique du début de lactation. »

Au fil de la lactation, le nombre de lésions de fourchet et de DD augmente de façon linéaire­ (+ 8 à 10 % entre le vêlage et le tarissement). C’est signe d’un problème latent qui se développe en l’absence de prise en charge. Le nombre de lésions de DD connaît un pic en deuxième lactation. « Cela peut s’expliquer par une contamination progressive des primipares. Puis la maladie recule, ce qui pourrait être lié à l’installation d’une forme d’immunité, mais aussi à la politique de réforme. »

Le tout lisier favorable aux lésions infectieuses

Concernant les facteurs de risque d’apparition des lésions liées au couchage, sans surprise, la paille semble tenir un rôle de prévention vis-à-vis des maladies infectieuses : on retrouve ainsi 17 % de vaches atteintes de DD (M1 et M2) en aire paillée et 20 % en logettes paillées (au moins 3,5 kg/jour), contre 35 % en logettes sur lisier. « La tendance est la même pour les lésions communes, beaucoup moins présentes en aire paillée qu’en logettes, paillées ou non, précise le vétérinaire. Parmi les élevages les plus touchés par la DD, on trouve également davantage de bâtiments avec logettes sur caillebotis, alors que les pieds sont souvent plus propres dans ces systèmes. Cela amène à suspecter l’humidité et les émanations d’ammoniac, ce qui va donc dans le sens d’une infection favorisée par un épiderme fragilisé. »

Les caillebotis représentent donc un risque à la fois infectieux et mécanique pour les pieds ! « Il y a néanmoins des situations où cela fonctionne bien, à mettre en lien avec la présence de tapis et la qualité de la ventilation. »

Si logettes et caillebotis constituent un environnement à risques, le maintien du pâturage permet de les atténuer. « Il a clairement un effet améliorateur et doit être préservé autant que possible pour les troupeaux en bâtiments à logettes. » Dans les systèmes peu pâturants où les vaches sont en logettes, la prévalence de DD (M1et M2) est de 24,8 %, contre seulement 13,4 % dans les systèmes très pâturants et 9,2 % pour les systèmes pâturants sur aire paillée.

Plus de lésions dermatites avec le robot de traite

Plus étonnant, si l’on évacue le déficit énergétique du début de lactation, l’alimentation apparaît comme un facteur de risques non essentiel, comme le montre l’étude des rapports TB/TP. « Selon l’analyse, ’il y a significativement moins de lésions, tous types confondus, lorsque le rapport est inférieur à 1,2, c’est-à-dire correspond à un « profil acidose », et plus de lésions en situation de déficit énergétique (supérieur à 1,3), commente-t-il. Ceci est conforme avec les publications qui écartent l’acidose comme facteur de risque. Les pieds rouges et les lésions de fourbure (bleime, ouverture de ligne blanche) traduisent un état d’inflammation mais en aucun cas ne permettent de conclure seules à l’acidose. »

D’autres facteurs peuvent avoir un effet améliorateur ou détériorateur : une fois corrigés les effets du pâturage, on observe significativement plus de lésions en race normande. II y a aussi plus de DD en traite robotisée, ce qui peut s’expliquer par une plus grande difficulté pour réaliser des soins individuels, d’où le développement des systèmes de pulvérisation automatiques.

(1) Thèse vétérinaire de Marion Galmiche.

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