S'abonner
Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Dossier. Des robots pour digérer une croissance et une installation

 - -->
Organisation. Les associés sont spécialisés et polyvalents. Dominique (à gauche) s’occupe notamment des génisses, Nicolas (à droite) du robot de traite, et Christian de l’alimentation. © P.L.C.

Avec l’arrivée d’un troisième associé et l’augmentation de la référence laitière, le Gaec des Deux Rivières s’est trouvé débordé. Un problème résolu par l’automatisation et un changement du système.

Nicolas Abiven s’est installé en 2016 avec son père Christian sur un Gaec créé en 2009 avec un voisin, Dominique Bourhis. L’exploitation produisait 740 000 litres sur 100 ha et engraissait des porcs (300 places). Elle disposait de deux sièges distants de un kilomètre. Nicolas a repris un élevage (30 ha, 300 000 litres) et a demandé 260 000 litres à sa laiterie Even. « ...
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
1%

Vous avez parcouru 1% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

Nicolas Abiven s’est installé en 2016 avec son père Christian sur un Gaec créé en 2009 avec un voisin, Dominique Bourhis. L’exploitation produisait 740 000 litres sur 100 ha et engraissait des porcs (300 places). Elle disposait de deux sièges distants de un kilomètre. Nicolas a repris un élevage (30 ha, 300 000 litres) et a demandé 260 000 litres à sa laiterie Even. « J’avais calculé qu’il nous fallait 1,3 Ml pour dégager trois revenus », raconte Nicolas.

Avant son arrivée, Christian et Dominique géraient leurs cent vaches sans excès de travail. Les porcs sont élevés par le père de Dominique, 84 ans. « La porcherie est payée. Le travail est peu mécanisé, mais ça lui plaît. Et ça rapporte 10 000 € par an », raconte Nicolas. Cet atelier reste donc en l’état.

Avec 150 vaches, le libre-service était ingérable

Avec la montée à 150 vaches, la salle de traite, une 2 x 10, convenait encore, même s’il fallait deux heures pour traire. En revanche, le système d’alimentation en libre-service devenait ingérable. Les associés voulaient que chacun puisse faire le travail seul le week-end, mais la charge était trop lourde.

Ils ont travaillé un an avec ces anciennes installations. Les génisses étaient réparties sur trois sites afin de pouvoir regrouper toutes les vaches sous le même toit. Il fallait aussi assurer les travaux des champs et gérer les clôtures pour le pâturage. Les éleveurs étaient débordés. Et ils n’ont pas réussi à produire toute leur référence laitière. Dans un premier temps, ils ont pensé investir dans une mélangeuse et aménager une table d’alimentation. Un projet à 100 000 € qui présentait comme inconvénients d’exiger davantage de travail et de prendre de la place. « Nous voulions conserver notre bâtiment qui fonctionne bien », souligne Nicolas.

La réflexion s’est ensuite orientée vers un robot pour l’alimentation afin d’alléger le travail. Les éleveurs ont enchaîné les visites d’élevages équipés. Au passage, ils ont vu plusieurs robots de traite. Et l’idée d’automatiser la traite a germé. « J’aimais bien traire, mais on a vu la souplesse que l’on pouvait obtenir en combinant les robots pour la traite et l’alimentation ». L’investissement se montait à 700 000 €, soit 50 €/1 000 litres. « Le Gaec n’avait pas investi depuis longtemps et pouvait assumer cette charge », analyse Nicolas.

« Nous n’avons gardé que la structure du bâtiment »

Le robot de traite est arrivé en janvier 2017 et celui de l’alimentation a suivi en juin. Les éleveurs ont réaménagé le bâtiment en ne conservant que la structure. L’investissement comprend aussi un agrandissement, la cuisine, un désile-cube, deux silos pour le maïs et l’amélioration des accès. Le bâtiment offre 115 logettes, 25 places en aire paillée et 80 à l’auge pour une moyenne de 130 vaches traites. Les éleveurs tiennent au maintien d’une aire paillée pour pouvoir surveiller les vaches fragiles. Ils ont imaginé des jeux de barrières permettant à un homme seul de manipuler les animaux facilement et sans danger. Ils ont aménagé une fosse pour pouvoir traiter au tarissement. Tout a été pensé pour gagner du temps.

La vie des associés a complètement changé. Le pâturage a été abandonné, ce qui contribue aussi à gagner du temps selon Nicolas. L’emplacement du robot de traite au cœur du bâtiment a été réfléchi. « Il doit être facilement accessible pour toutes les vaches. »

« Nous sommes passés de 27 à 37 kg de lait par vache »

Le travail des associés a été réorganisé. Nicolas démarre à 6 h 15. En deux heures, il gère les éventuels retards à la traite, lave le robot et soigne les génisses de moins de six mois. Le paillage prend un quart d’heure. Dominique racle les aires d’exercice au tracteur, ce qui prend une demi-heure matin et soir. Le choix de conserver l’ancien bâtiment empêche l’installation de racleurs automatiques partout. « Ce n’est pas une contrainte, assure Nicolas. C’est en raclant qu’on repère les vaches qui ont un problème. »

Christian gère le robot d’alimentation et s’occupe des vaches taries et des vêlages. L’alimentation des laitières prend en moyenne un quart d’heure par jour.

Dominique s’occupe des génisses qui sont chez lui. Elles sont toujours réparties sur trois sites alors que le robot d’alimentation peut nourrir 300 UGB. « On envisage de ramener tout le monde au siège, mais ce sera pour plus tard. » Dans l’immédiat, le bâtiment principal va être agrandi pour accueillir les taries. Un budget de 50 000 €. Dès la première année, l’élevage a pu produire la totalité de sa référence. « Nous sommes passés de 27 à 37 kg de lait par vache », constate Nicolas. Le volume de concentré distribué a augmenté d’environ 4 kg/vache. Mais la réponse est à la hauteur. Le coût alimentaire est monté à 90-95 €/1 000 litres contre 65 € auparavant. Une hausse que les éleveurs jugent raisonnable.

En août 2018, ils ont repris une exploitation voisine (242 000 litres sur 42 ha). Une opportunité qu’ils n’auraient pas pu saisir sans l’automatisation. Le troupeau fonctionne mieux qu’avant. Un résultat que les éleveurs attribuent à la stabilité de la ration, mais aussi à la précision des informations données par le robot. L’intervalle entre deux vêlages est passé de plus de 400 jours à 375. Les éleveurs inséminent eux-mêmes et les vaches ont été équipées de colliers mesurant l’activité et la rumination. « Désormais, on attend la remontée du TP et la reprise de poids pour inséminer. On le fait 18 à 24 heures après la détection de la chaleur par le robot car c’est là qu’on obtient les meilleurs résultats. »

La surveillance des indicateurs donnés par le robot se fait en un coup d’œil et apporte de réelles améliorations.

Mais l’élevage a dû faire face à une montée des cellules. Ils ont partiellement résolu le problème en ouvrant davantage le bâtiment pour mieux ventiler. Des vaches qu’il aurait fallu réformer ont été conservées pour augmenter l’effectif. Aujourd’hui, le troupeau est suffisant et il va être possible de trier.

Si le travail d’astreinte a nettement baissé, les travaux des champs restent importants. Les éleveurs assurent tout, sauf l’ensilage. Le grand-père de Nicolas, 84 ans, donne encore un coup de main dans les champs.

Un projet de méthanisation

Par ailleurs, le Gaec se lance dans un projet de méthanisation. L’enjeu est de mieux gérer les effluents. Car les capacités de stockage sont insuffisantes sur le siège d’exploitation. Les éleveurs passent du temps à déplacer les effluents sur les autres sites. La méthanisation a aussi l’avantage d’offrir une autre source de revenu. Mais elle crée une charge de travail supplémentaire. « On peut déléguer une partie des travaux des champs et prendre des stagiaires. »

La réflexion est en cours.

Mais déjà, à 19 h, la journée est terminée, voire plus tôt en hiver. Les éleveurs ne travaillent plus qu’un week-end sur trois avec une astreinte limitée à trois heures le matin et une heure trente le soir, hors période de pointe dans les champs. Ils prennent trois semaines de vacances par an. Tous sont très satisfaits de leur nouvelle organisation.

Pascale Le Cann

Les deux stalles de robot sont idéalement placées au centre du bâtiment . © P.L.C.
Aire paillée. Les éleveurs ont aménagé 25 places en aire paillée, avec un accès direct au robot. Une nécessité, selon eux, pour isoler les vaches fragiles. © P.L.C.
Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
En direct
Afficher toutes les actualités

Dans la même rubrique

Sélectionné pour vous

Sélection bovine des taureaux et des hommes

45€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le bovin malade et sa prise en charge

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER