S'abonner
Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

« De la croissance à moindre coût, grâce au pâturage tournant »

réservé aux abonnés

 - -->
Le baby parc. parcelleJérôme a conçu un abri et choisi une © j.p.

Chez Jérôme Daniel, l’allongement de la phase lactée associé au pâturage tournant des génisses dès leur plus jeune âge permet de tenir les objectifs de croissance, avec un minimum de complémentation.

Après une expérience de formateur agricole, Jérôme Daniel s’installe hors cadre familial, en 2014, avec un projet d’élevage herbager économe. Pour ce faire, et quitte, parfois, à perdre un peu de surface, il a multiplié les échanges de parcelles afin d’optimiser le temps de pâturage. Ainsi, il bénéficie d’un bloc de 130 ha, distant de 2,5 km maximum du siège d’exploitation...
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
8%

Vous avez parcouru 8% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

Après une expérience de formateur agricole, Jérôme Daniel s’installe hors cadre familial, en 2014, avec un projet d’élevage herbager économe. Pour ce faire, et quitte, parfois, à perdre un peu de surface, il a multiplié les échanges de parcelles afin d’optimiser le temps de pâturage. Ainsi, il bénéficie d’un bloc de 130 ha, distant de 2,5 km maximum du siège d’exploitation, dans une zone favorable à la pousse de l’herbe.

Piliers de son système, les pâtures sont conduites sur le principe du pâturage tournant dynamique, pour lequel Jérôme s’est formé auprès de PâtureSens. Pour résumer, il s’agit de mettre à disposition des animaux une herbe au top de sa valeur alimentaire : soit une hauteur d’herbe à l’entrée dans la pâture de 10 à 15 cm selon la saison ; une sortie entre 3 et 7 cm ; avec un temps de présence court, allant de vingt-quatre heures à trois jours maximum. « Grâce à cette approche, la pousse de l’herbe entre deux passages est plus rapide et plus abondante, observe l’éleveur. La qualité des pâtures s’améliore, avec un retour important du trèfle dans le couvert. » Cette volonté de maîtriser les coûts avec une herbe de qualité concerne les laitières, mais aussi les génisses de renouvellement, mises à l’herbe dès l’âge de 2 mois.

Un baby parc de 1,2 ha divisé en trois paddocks

Ce sont bien sûr les génisses issues des vêlages de printemps (60 à 70 %) qui sont concernées par cette mise à l’herbe précoce. Pendant les deux premiers mois de vie, elles sont élevées par deux, dans des niches équipées de courette extérieure. Deux mois au cours desquels elles ont deux repas par jour de lait entier, distribué au seau sans tétine. Après l’apport de colostrum, dont la qualité est contrôlée au réfractomètre, elles ont du lait maternel pendant la première semaine. Puis du lait de vaches holsteins à taux cellulaire élevé : pour les petites génisses holsteins jusqu’à 9 litres/jour, et jusqu’à 5 à 6 litres pour les jersiaises. « J’augmente progressivement le volume pour atteindre le maximum­ entre deux et trois semaines. Comme il y a eu quelques problèmes de digestion avec le lait de jersiaise, je préfère le mélanger avec du lait holstein ou réduire un peu les quantités. » En complément, les génisses ont à disposition du foin et un mélange fermier composé de maïs grain et de bouchons de luzerne, à partir de 8 jours. Un aliment bientôt remplacé par du mélange céréalier autoproduit. Vers l’âge de 2 mois, lorsque l’éleveur est en mesure de constituer un lot de 8 à 10 têtes, les génisses sont mises à l’herbe dans une parcelle de 1,2 ha divisée en 3 paddocks. C’est le baby parc, un dispositif mis en place au cours de l’hiver 2019.

Un changement de paddock tous les sept jours

Dans cette pâture, les génisses ont un abri, du foin et du concentré fermier à disposition­. Elles vont tourner sur les paddocks tous les dix jours. « Elles mangent de l’herbe très rapidement et délaissent le foin pourtant à disposition, observe Jérôme. Mais ce rythme génère un peu de gaspillage. Aussi, l’idée est de diviser la parcelle en cinq­, avec une rotation tous les sept jours, après un temps de repousse de trente à quarante jours. »

Conformément au cahier des charges bio, l’alimentation lactée va se prolonger jusqu’à 3 mois, avec une baisse progressive des volumes au cours des quinze derniers jours : les génisses passent d’abord à un repas/jour de 3 litres, distribué en fin de journée ; puis, au début de la dernière semaine, un repas de 2 litres et enfin 1 litre au cours des trois derniers jours. Le lait entier est toujours réchauffé (39 à 40 °C). À noter que l’éleveur dilue un peu d’argile dans la buvée, à l’occasion des situations potentiellement stressantes pour les jeunes animaux. Le facteur déclenchant du sevrage est la consommation de concentré : « Au pâturage, je m’assure que les génisses en ingèrent au moins 2 kg. »

Seulement 1,5 kg de concentré ingéré

Sur ce rythme jusqu’à 6 mois, les mesures de poids effectuées au ruban sur un seul lot de génisses confirment que l’objectif de 200 kg pour les holsteins et de 140 kg pour les jersiaises est atteint, soit un GMQ de l’ordre de 960 grammes. « Comparé à l’année dernière où les génisses étaient conduites en full-grass (pâturage libre), la croissance est plus soutenue, avec une quantité de concentré plus limitée, c’est-à-dire 1,5 kg en moyenne, du sevrage jusqu’à 6 mois. »

Entre 6 et 12 mois d’âge, les génisses vont sur une autre parcelle de 2,5 ha (ou 25 ares par génisse), divisée en quatre paddocks sur lesquels, là encore, elles vont tourner tous les sept jours. Elles y retrouvent du foin à disposition, du maïs grain aplati, du minéral et du sel. Tous les paddocks sont fauchés au moins une fois, puis réintègrent le cycle de pâturage en été et à l’automne. Cela participe à la gestion antiparasitaire, dans un contexte où les traitements sont raisonnés au cas par cas en fonction de l’apparition de signes cliniques (toux, croissance insuffisante).

Après 12 mois d’âge, les génisses bénéficient d’un bloc de sept paddocks de 0,5 ha chacun, sur lesquels elles vont tourner tous les 5 jours. Ainsi, la qualité de l’herbe sécurise la croissance avec une consommation de grains de seulement 800 g/génisse jusqu’à la rentrée à l’étable, au plus tôt en novembre. Dans ce lot d’animaux, la mise à la reproduction démarre à partir de 13 mois, soit à un poids confirmé au ruban de 430 kg pour les holsteins et de 250 kg pour les jersiaises et les kiwis (60 % du poids adulte). Les résultats d’échographies, réalisées de façon systématique, révèlent des taux de réussite en première insémination de 65 %, avec 100 % de semences sexées jersiaises, dans une logique de changement de race (seules les meilleures souches holsteins seront conservées).

« Le prolongement de la phase lactée permet de faire de la croissance sans engraissement excessif des appareils reproducteurs ce qui a un impact sur la réussite de l’insémination, souligne l’éleveur. À ce niveau, je vois la différence avec les animaux achetés à l’extérieur. Parallèlement, le pâturage tournant assure une croissance à moindre coût. La mise en place des paddocks représente, certes, beaucoup de travail, mais la gestion du pâturage est finalement assez simple. » Désormais, l’objectif de Jérôme est de renforcer la croissance, grâce à la division des parcelles en plus petits paddocks, en vue d’un âge au premier vêlage de 25 mois, contre 27 aujourd’hui.

Jérôme Pezon
Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
En direct
Afficher toutes les actualités

Dans la même rubrique

test

Sélectionné pour vous

Sélection bovine des taureaux et des hommes

45€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Maladies parasitaires du mouton 4ème edition

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER