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Davantage de lait pour renforcer la croissance entre 0 et 2 mois

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Experte en nutrition au Québec, Débora Santschi fait le point sur les recommandations prodiguées outre-Atlantique pour maximiser le GMQ des génisses avec des plans d’allaitement renforcés en début de vie.

C’est à l’occasion d’une journée technique organisée par la société Synthèse Élevage que Débora Santschi, experte nutrition chez Lactanet (contrôle laitier du Québec et du Canada) a souligné le lien avéré entre le GMQ des petites génisses pendant la phase lactée et les performances de la future laitière. « Toutes les études montrent qu’une croissance...
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C’est à l’occasion d’une journée technique organisée par la société Synthèse Élevage que Débora Santschi, experte nutrition chez Lactanet (contrôle laitier du Québec et du Canada) a souligné le lien avéré entre le GMQ des petites génisses pendant la phase lactée et les performances de la future laitière. « Toutes les études montrent qu’une croissance rapide dès le plus jeune âge a un impact positif sur la réduction du stress, le renforcement de l’immunité, l’efficacité alimentaire, l’apparition plus précoce de la puberté et donc la possibilité de saillies plus tôt, mais aussi sur les performances en lactation », annonce l’experte.

Une étude réalisée par l’université Cornell (États-Unis) montre en effet que le gain de 100 g/jour de GMQ au cours de la phase 0 à 2 mois se traduit par une augmentation de la production en première lactation de 155 kg de lait. « C’est-à-dire un gain de 1 550 kg de lait pour chaque tranche de 1 kg de GMQ en plus au cours de la phase 0 à 2 mois. » En début de vie, il n’y a pas de limite à se fixer en matière de GMQ : « On peut monter jusqu’à 1,2 ou 1,4 kg jusqu’à 3 ou 4 mois. À cette période, la croissance permise par les protéines ne présente pas de risque d’engraissement. Au Canada, où les vaches sont un peu plus grandes, cela signifie un poids objectif de 100 kg au sevrage en race holstein (65 kg pour la jersiaise et 95 kg pour la brune), soit un poids de naissance plus que doublé. Ces 90 kg apparaissent comme un seuil minimum en dessous duquel il ne faut pas descendre, ce qui implique de faire au moins une pesée au sevrage pour s’en assurer. » Pour mettre toutes les chances de son côté, il est primordial de ne pas négliger la phase colostrale.

Colostrum : deux repas plutôt qu’un

En effet, le lait de la première traite est deux fois plus riche en énergie, il contient quarante fois plus d’anticorps, de l’insuline qui favorise l’absorption de cette énergie et trois cents fois plus d’hormones, notamment des hormones de croissance qui vont avoir un impact à long terme sur les performances de la génisse, en renforçant la capacité­ d’absorption de l’intestin. En la matière, la règle consiste à apporter au nouveau-né 200 grammes d’anticorps (IgG), le plus rapidement possible, ce qui implique de mesurer la qualité du colostrum, le réfractomètre étant l’outil le plus fiable pour ce faire (il s’utilise quelle que soit la température ambiante).

Ainsi, avec une teneur de 50 g par litres d’IgG, c’est bien 4 litres qu’il faudra apporter le plus rapidement possible. La conseillère recommande même de faire deux repas : le premier de 4 litres ; puis, le reste du colostrum (uniquement la première traite) est mis au frigo en vue d’un second repas de 2 litres dans les douze heures qui suivent. « L’habitude veut que l’on donne 4 litres, mais si le veau veut en boire 5, il faut le laisser faire et le repas suivant pourra également être à volonté. Plus il ingère de nutriments, mieux c’est. »

Préférer le seau tétine au drenchage

Idéalement, le premier repas sera distribué dans l’heure qui suit la mise-bas. C’est une étape importante, car le veau n’a pas de réserve graisseuse, il perd beaucoup de fluides à la naissance. Le risque est d’avoir un bilan énergétique négatif.

La conseillère privilégie la tétine au drenchage : « Le drenchage est peu pratiqué au Canada et ne présente pas d’avantagespour l’absorption des anticorps. De plus, il y a deux fois plus de chance qu’un veau drenché ne boive pas au deuxième­ repas. La solution est de profiter de sa vitalité dans l’heure qui suit la naissance, quand il est parfaitement capable de boire volontairement à la tétine plus de 4 litres. Après, il tombe vite en dormance et il est alors beaucoup plus difficile de le faire boire. »

La quantité d’IgG baissant rapidement dans le temps, il y a d’autant plus d’intérêt à réduire le délai entre le vêlage et la première­ traite. En cas de vêlage nocturne, si on laisse le veau se débrouiller seul, quelques conseil­s permettent de sécuriser les premières heures de vie : bien sûr, une aire de vêlage propre, mais aussi préparer au vêlage les vaches taries, ce qui a un impact sur la qualité du colostrum, en particulier le respect des apports protéiques.

Respecter les apports protéiques des taries

« Je pense que c’est un aspect qui peut être amélioré en France : c’est-à-dire l’insuffisance de complémentation azotée des taries. » Pour rappel, avec un objectif de 10 000 kg de lait par vache, il est couramment recommandé de viser un apport de 10 UF et 1 000 g de PDI. Cela s’obtient avec un maïs de qualité, à volonté, et pas moins de 2,5 kg de tourteau de colza.

Les vêlages avant terme et les pertes de lait au tarissement sont d’autres causes de mauvais colostrum, comme toutes les sources de stress, par exemple le stress de chaleur lors des vêlages d’été. « Le confort et la ventilation­ des taries participent à un meilleur renouvellement des glandes mammaires. »

Le froid pénalise l’absorption des anticorps

L’ambiance est tout aussi déterminante pour le veau, rappelle la conseillère : « S’il grelotte de froid, l’absorption d’anticorps se fait mal. Dans sa niche, il lui faut donc beaucoup de paille, une paille sèche, aérée et renouvelée : lorsqu’il est couché, on ne doit voir que son dos. Dès que le veau est sec, on peut aussi apporter une couverture, utiliser un manteau, ou encore une lampe chauffante. Une pouponnière avec un incubateur pendant douze à vingt-quatre heures est également un moyen de sécuriser cette phase délicate. »

La constitution d’un stock congelé est une solution pratique pour administrer le colostrum le plus rapidement possible. Débora Santschi privilégie la congélation à plat en sac, plus rapide à décongeler que les bouteilles, avec lesquelles il faut compter plus d’une heure au bain-marie.

Jusqu’à 8 litres de lait par repas

Après la phase colostrale, reste à établir un plan d’allaitement visant à assurer une croissance optimale dans une logique de réduction de l’âge de la mise à la reproduction. Cela commence dès le deuxième jour de vie, avec le lait de deuxième traite, puis le lait des troisième et quatrième traites à j + 3 et j + 4. En théorie, il est recommandé d’apporter 6 litres dès le deuxième­ jour puis 8 litres à partir du quatrième jour. « Dans la pratique, il faut augmenter rapidement les volumes de buvée, indique la conseillère. La génétique a changé, il faut donc faire évoluer l’alimentation. Depuis déjà cinq à six ans, au Québec, on essaie d’abolir les plans lactés de deux repas de 2 litres longtemps utilisés. C’est le veau qui indique la qualité à distribuer : s’il boit 3 litres, au repas suivant on apporte 4 litres et ainsi progressivement, on augmente les volumes. Certains éleveurs montent jusqu’à 7 à 8 litres par repas en race holstein et 5 litres avec des jersiaises. »

Des plans lactés à volonté distribués au Dal

Au Canada, 15 à 20 % des exploitations proposent au Dal du lait à volonté pendant le premier mois (une pratique également utilisée avec du lait acidifié, dont le pH plus bas autorise une conservation en baril pendant trois jours, afin de simplifier le travail) : les veaux ont accès au Dal toutes les deux heures le premier mois, à un moment où ils ne digèrent pas le concentré, puis ils sont rationnés pour les inciter à consommer de l’aliment solide. « Si l’apport de colostrum a été bien respecté, même si le veau boit 10 litres dans la journée, il aura faim et mangera du concentré. »

Ces plans lactés à volonté ou à 10 litres par jour avec du lait entier donnent des veaux souvent plus ronds, mais la présence naturelle d’hormones et de stéroïdes permet de prévenir l’engraissement. « On observe les plus belles génisses chez les éleveurs qui utilisent du lait entier, en moyenne à 42 de TB, souligne la conseillère. Le choix de la poudre apparaît plus rentable (selon le prix du lait) mais il est possible de performer avec les deux. »

De la poudre avec 100 % de protéines laitières

Débora Santschi rappelle les propriétés à rechercher pour la poudre de lait : à savoir une teneur en protéine de 26 à 28 %, des protéines 100 % d’origine laitière, « car avant trois semaines, le veau ne digère pas les protéines végétales, précise-t-elle. Sur cet aspect, il n’y a pas de compromis à faire sur la qualité pour maximiser la croissance et la santé ».

Ce programme s’accompagne d’une concentration de 150 g de poudre par litre de buvée, en respectant les recommandations du fournisseur (température de dilution) et une constance dans les pratiques de distribution. L’utilisation d’une tétine permet­ de réduire le débit et la succion favorise la sécrétion d’hormones participant à la régulation de l’appétit. « Au seau, le veau boit trop vite, cela augmente le risque de diarrhée. Or, une étude a montré que tout traitement antibiotique en phase d’élevage génère une baisse de la production laitière en première lactation de 493 kg de lait. »

Un sevrage en douceur pour maintenir le GMQ

Sur ce modèle, obtenir des GMQ de 1 kg ou plus est le signe d’un parcours sans problèmes. Mais il faut éviter un ralentissement trop brutal au sevrage. Ce dernier commencera donc en douceur (voir tableau) lorsque le veau consomme l’équivalent de 1,5 kg de concentré, pour un minimum de 2 kg au sevrage permettant de maintenir un GMQ de 1 kg. Aussi, même si la consommation est très faible, il devra être à disposition dès le premier jour. Un taux d’amidon de 35 % maximum visera à prévenir la subacidose, avec de la fibre hachée (de 6-7 mm à 2 cm) mélangée ou à côté.

Jérôme Pezon
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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