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Dossier. « Confier les travaux au champ nous a sorti la tête de l’eau »

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La relève. Hugues Hérault, entre ses deux fils, Adrien et David, qui le rejoindront prochainement­ sur l’exploitation. À droite, Yann, en apprentissage. © D.G.

Débordés, les époux Hérault ont fait appel à une ETA pour alléger leur tâche. Le premier bénéfice a été la performance du troupeau qui a fait un bond spectaculaire.

Nathalie et Hugues Hérault gèrent une exploitation de 200 ha avec 180 vaches laitières et les génisses, soit plus de 350 bovins présents. L’activité laitière, ils l’ont démarrée en 1995 avec 120 000 litres de quotas. Mais dans une région de forte déprise, la production a rapidement augmenté. « La charge de travail devenait insupportable. Au printemps, nous semons...
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Nathalie et Hugues Hérault gèrent une exploitation de 200 ha avec 180 vaches laitières et les génisses, soit plus de 350 bovins présents. L’activité laitière, ils l’ont démarrée en 1995 avec 120 000 litres de quotas. Mais dans une région de forte déprise, la production a rapidement augmenté. « La charge de travail devenait insupportable. Au printemps, nous semons 80 ha de maïs derrière un ensilage de ray-grass. Pour moi tout seul, c’était ingérable », explique Hugues.

C’est leur nutritionniste qui les a convaincus de déléguer le plus possible les travaux de cultures, pour se consacrer davantage au troupeau. C’était il y a onze ans.

« S’occuper des vaches pour faire du lait »

Le résultat ne s’est pas fait attendre : en trois ans, la moyenne économique du troupeau est passée de 7500 à 10 500 kg/VL. « Il n’y a pas de secret : pour faire du lait, il faut s’occuper des vaches et ne pas être pressé de partir pour aller labourer ou semer. Dans ce cas, on oublie la vache qui boite ou celle qui a mal délivré, on ne voit pas un début de métrite, on repousse le paillage au lendemain. Tous ces petits détails plombent la performance technique et économique », analysent les éleveurs. L’exploitation dispose d’un manège, traite intérieure, de vingt postes. Il faut deux heures et demie matin et soir, pour traire seul, Hugues le matin, Nathalie le soir. « La traite est confortable et je prends mon temps pour assurer l’hygiène nécessaire. Je ne suis pas pressé de sauter dans le tracteur après la traite », précise Hugues.

Le Gaec fait donc appel à une ETA (Séné, à Châtellerault) pour tous les labours, les préparations de sol, l’épandage du fumier, les semis de céréales et de ray-grass, une partie du pressage du foin et de la paille et, bien sûr, les ensilages et la moisson. « J’avais acheté en commun avec un voisin un bon semoir à maïs, un pulvérisateur et un semoir à engrais. J’ai donc continué à assurer ces tâches. J’adhère à la tonne à lisier en Cuma et j’assure cet épandage. L’ensilage d’herbe est fait avec une autochargeuse de 57 m3 qui me laisse le temps de faire mon silo seul dans de bonnes conditions. Le chantier d’ensilage maïs, en commun avec les voisins, a été conservé. Nous avons aussi une presse Hesston de 28 ans qui nous apporte de la souplesse par rapport à la météo. »

« Ce n’est pas toujours facile de déléguer »

Pour les semis, les éleveurs choisissent l’itinéraire technique qu’ils souhaitent. L’ETA facture en fonction de l’outil utilisé et dispose d’une gamme d’équipements performants. Le maïs est semé derrière les ray-grass italiens après un labour. Pour les céréales d’automne, c’est un déchaumeur à dents ou un labour, selon les conditions. Les ray-grass derrière maïs (20 ha environ) sont implantés après un simple passage de cover crop. Le coût moyen du travail du sol et du semis est de 140 €/ha. Il varie de 100 à 180 €/ha, selon les outils utilisés. L’épandage du fumier est facturé 2,60 €/t, la paille et le foin 7 €/botte.

« Avec cette organisation, les 80 ha de maïs sont semés en une semaine. Il y a parfois six tracteurs dans le champ à cette période. Avec l’autochargeuse, je me permets de faire deux coupes de ray-grass italien avant le maïs, fin mars et début mai, pour un fourrage de très bonne qualité. Je précise que nous irriguons le maïs. »

Pourtant, à la question : a-t-il été aisé de déléguer ainsi une bonne part des travaux aux champs ? La réponse est : « Non. Au début, j’avais l’impression de ne plus maîtriser mon travail, voire d’être paresseux parce que je n’étais plus sur le tracteur comme les voisins. J’ai mis quelques années à l’accepter. Et puis, au fil des saisons, on voit que le travail est bien fait, que tout est terminé à temps, avec du matériel que nous ne pourrions pas nous payer. Les rendements sont là et je n’ai plus à passer des soirées sur le tracteur jusqu’à une heure du matin. Mais le plus motivant est de constater que nos vaches vont mieux parce que nous sommes davantage présents dans le bâtiment », souligne Hugues.

« Acheter un robot plutôt qu’un tracteur »

Déléguer les cultures fourragères permet aussi d’orienter les investissements sur les bâtiments d’élevage et le confort des animaux plutôt que sur le matériel. Avec ces 200 ha, l’exploitation ne compte que deux tracteurs, un de 125 ch, l’autre de 150 ch qui affiche 18 ans d’âge. « J’évalue l’économie à plus de 200 000 € de capital investi. Il faut ajouter les économies en charges de mécanisation. Je n’ai pas fait de calculs précis mais en comptant les performances accrues du troupeau, nous sommes largement gagnants. » Des économies lui ayant permis d’investir très récemment dans un robot d’alimentation qui allège aussi le temps de travail (voir encadré).

Aujourd’hui, Nathalie et Hugues considèrent-ils avoir résolu la surcharge de travail ? « Non, le compte n’y est pas. La charge de travail est encore lourde pour tous les deux. Certes, nous ne sommes plus débordés, mais une paire de bras supplémentaires ne serait pas de trop. Nous faisons appel au service de remplacement au printemps pour la traite du soir. »

L’embauche d’un salarié a été envisagée, mais il est difficile de trouver et de fidéliser la perle rare. Et dans deux ans, l’un des enfants rejoindra l’élevage, le second suivra. Maintiendront-ils la délégation des cultures ? « Oui, sans aucun doute, je suis motivé par la production laitière et je préfère rester derrière mes vaches ou au bureau pour gérer le troupeau. J’investirai davantage dans un robot de traite plutôt que dans un tracteur », affirme David.

Dominique Grémy
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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