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« Avec l’aliment semi-humide, on travaille quasi sans tourteaux »

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Depuis un an, grâce à l’aliment humide, le Gaec Husson tourne sur sa ration à 28-30 l/vache avec seulement 1,8 kg de VL 18 contenant juste un zeste de tourteau de colza.

Marie-Christine et Christophe Husson sont dans les starting-blocks pour s’inscrire dans la nouvelle stratégie « lait sans aliment OGM » de leur coopérative Ermitage. Pour autant, leur ferme n’est pas encore concernée par la collecte spécifique mise en place pour y répondre. À tout dire, c’est un peu par hasard que le Gaec Husson est devenu producteur de lait sans recourir à des tourteaux classiques OGM.
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Marie-Christine et Christophe Husson sont dans les starting-blocks pour s’inscrire dans la nouvelle stratégie « lait sans aliment OGM » de leur coopérative Ermitage. Pour autant, leur ferme n’est pas encore concernée par la collecte spécifique mise en place pour y répondre. À tout dire, c’est un peu par hasard que le Gaec Husson est devenu producteur de lait sans recourir à des tourteaux classiques OGM.

En 2015, l’exploitation s’engage dans une MAE système mode évolution avec la perspective d’une prime annuelle de 75 €/ha sur ses 106 ha de SAU pendant cinq ans. Perspective­ seulement car, finalement, la vallée de la Lanterne, petite région où se situe l’exploitation, ne sera pas retenue dans la zone, laissant les espoirs de prime s’envoler. Pour autant, le Gaec s’est mis en mouvement. Parmi les contraintes figurent en effet des actions auxquelles Marie-Christine et Christophe pensent : réduction des IFT (à l’époque, 10 ha sont en céréales), augmentation de la part d’herbe dans le système fourrager (en 2017, les 10 ha de céréales sont devenus des prairies temporaires).

Une qualité d’ensilage d’herbe jugée à son maximum

Plus problématique, vu le niveau des 9 300 kg de lait/VL, est le plafond de 800 kg de concentrés/VL à ne pas dépasser avec, comme deadline, décembre 2017. D’où l’idée de Christophe, ancien contrôleur laitier, de recourir à un aliment semi-humide pour satisfaire notamment la couverture en protéines de la ration des laitières à base d’ensilage de maïs, déjà assurée pour partie par de l’ensilage d’herbe. De l’enrubannage de ray-grass italien-trèfle violet à hauteur de 8,4 kg de MS pour autant d’ensilage de maïs distribué en hiver. « Je suis au taquet sur la qualité de l’ensilage d’herbe. Je pourrais, certes, soigner un peu plus mes apports d’azote, mais je suis plutôt prudent par rapport au risque pris sur la première coupe. » Peu d’autonomie protéique à aller gratter donc sur ce terrain-là. En 2017, année normale, la première coupe, plus riche en ray-grass italien qu’en trèfle violet, faite mi-mai, titrait 0,95 UFL et 11 % de MAT. La seconde, réalisée mi-juin, plus fournie en trèfle violet dosait 0,92 UFL et 16 % de MAT.

La première livraison de 25 t d’aliment humide avec un camion à fond poussant a été réceptionnée début février 2018. Elle s’est renouvelée depuis à un rythme mensuel, couvrant l’alimentation pendant trente-cinq jours environ des 60 à 67 vaches traites selon les mois. L’épisode de grêle qui, mi-mai, a largement compromis la récolte de maïs et la deuxième coupe de ray-grass italien-trèfle violet, n’a pas remis en cause cette stratégie. Bien au contraire. « Je savais dès la fin mai que je manquerais de fourrages », note Christophe qui a eu le nez fin et négocié en août le tarif de 240 t d’aliment humide pour les dix mois à venir à 127,50 €/t brute (55 à 60 % de MS) + 4 €/t pour les frais de livraison. Ceux qui ont acheté à l’automne ont déboursé 15 €/t en plus.

« Je suis passé d’une ration à 28-30 litres de lait en 2016, avec 6,40 kg d’un mélange de tourteaux 36 (3,6 kg)-VL 18 (2,8 kg) et en 2017, avec 6 kg de tourteaux Proteam 120 (enrichi en acides aminés), à seulement 1,8 kg de VL 18 contenant un peu de tourteaux de colza », explique Christophe. Ce mélange à base de drêches de brasserie et de blé, 20 % de luzerne déshydratée (type Rumiluz), soluble de maïs est en effet donné pour 0,95 UFL/kg de MS et pour titrer, selon les deux mélanges utilisés ici, 27 ou 24 % de MAT.

Garantie du fournisseur sur la valeur en protéines brutes

« La valeur alimentaire(1), notamment la teneur en protéines brutes, est garantie par le fournisseur, mais les sources de matières premières peuvent varier », remarque l’éleveur. À partir de septembre, le mélange s’est notamment enrichi de pulpes de pommes de terre pour compenser les 20 % d’amidon du maïs ensilage récoltéau lieu des 33 % habituels.

La ration à base d’ensilage de maïs et d’enrubanné a aussi été complétée à partir de novembre avec du corn gluten feed pour redresser le TP… Chose faite, mais sans revenir au niveau de 2017.

« Outre sa valeur alimentaire, l’intérêt de cet aliment humide est de remplacer du fourrage. C’est appréciable lors d’une année de sécheresse comme 2018. Si j’avais dû tourner avec un mélange tourteaux-VL, je n’aurais pas eu le même stock d’enrubanné pour aborder sereinement la fin de cet hiver. » Pour autant, recourir à l’aliment humide a un surcoût à pondérer avec l’économie de fourrages réalisée. Il se chiffre apparemment ici à 9 €/1 000 litres sur la période février-juillet et à près de 20 € sur septembre-janvier comparé à 2017. Mais ce surcoût est surtout dû à la qualité des maïs utilisés à partir de septembre (voir encadré).

De toute façon, le Gaec, encore à la recherche d’un bilan fourrager équilibré, n’a pas eu le choix pour produire sa référence laitière. L’effet attendu des 10 ha de céréales reconvertis en prairies temporaires en 2017 avec, à la clé, 9 t de MS par hectare espérées, ne s’est pas vu avec la sécheresse 2018.

Sur le plan des performances techniques, Christophe se montre satisfait du potentiel laitier exprimé, conforme à ses attentes (27 à 31 kg/VL/j). Il relativise aussi la baisse de taux sur la période septembre-janvier comparée à l’an dernier (- 2,7 g de TP, - 1,2 g de TB). La canicule qui a sévi sur la vingtaine de vaches vêlées à cette période à des niveaux de 30 à 34 kg de lait, a pesé. La moindre qualité de l’ensilage de maïs utilisé aussi. Et en 2017, le tourteau enrichi en acides aminés distribué avait aussi bien dopé le TP.

« Il faut y apporterle même soin qu’à un silo de maïs »

Si l’aliment humide est vu ici comme une alternative en situation de stocks fourragers tendus (d’ailleurs de nombreux éleveurs de l’Est en ont acheté cette année), il a aussi ses contraintes. « Il faut y apporter le même soin qu’à un ensilage de maïs », explique Christophe en évoquant la confection du silo d’aliment humide. Il consacre ainsi chaque mois une heure et demie à deux heures à tasser son silo d’aliment humide. Vingt-quatre heures après, le silo est bâché.

« Avec ce produit à 55-60 % de matière sèche, il n’y a pas de jus. Traité à l’acide propionique, l’aliment humide se conserve très bien. Je n’ai pas observé de perte. Il est vrai aussi qu’avec une largeur de seulement 2,50 mètres, l’avancement est assez rapide. »

Comme l’ensilage de maïs utilisé, l’aliment humide est repris au godet avec une pince crocodile et déposé devant les cornadis avant d’être mélangé à la fourche. Le soir, 1,8 kg de VL 18 est apporté de la même façon, mélangé aux restes de maïs, une balle d’enrubanné étalée dessus.

Jean-Michel Vocoret

(1) % de MS, MAT, cellulose, matières grasses, Na, Ca, P, et Mg.

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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