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Dossier. « Automatiser certaines tâches était plus simple que d’embaucher  »

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Face à une pénurie de main-d’œuvre, le Gaec du Tertre Goutte a choisi d’investir dans des robots d’alimentation et de paillage pour s’adapter à l’accroissement du troupeau.

Michel Boixière et son fils, Antoine, sont installés en Gaec depuis une dizaine d’années. En 2015, ils ont l’opportunité d’accroître leur cheptel, passant d’une production annuelle de 600 000 litres à 1,4 million de litres de lait. Un nouveau bâtiment est alors construit le long de la stabulation existante, et ils achètent une seconde stalle de robot de traite. « À l’époque, nous...
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Michel Boixière et son fils, Antoine, sont installés en Gaec depuis une dizaine d’années. En 2015, ils ont l’opportunité d’accroître leur cheptel, passant d’une production annuelle de 600 000 litres à 1,4 million de litres de lait. Un nouveau bâtiment est alors construit le long de la stabulation existante, et ils achètent une seconde stalle de robot de traite. « À l’époque, nous avions une mélangeuse Keenan avec laquelle nous préparions tous les jours cinq ou six rations différentes­ selon les lots d’animaux à nourrir, se souvient Antoine. L’alimentation du troupeau occupait quotidiennement une personne pendant deux à trois heures. S’ajoutaient à cela le curage des logettes et le paillage qui duraient environ une heure. Les bottes étaient stockées dans l’allée centrale et étalées à la main. En doublant l’effectif, nous ne pouvions plus assumer la nouvelle charge de travail. Embaucher aurait pu être une solution, mais il nous fallait deux salariés. Or, la main-d’œuvre agricole est très rare sur notre secteur. Nous avons préféré automatiser l’alimentation et le paillage. » Pour nourrir le troupeau, les deux associés optent pour le Lely Vector car l’exploitation possède déjà deux robots de traite de la même marque depuis 2006. La cuisine se compose d’un pont roulant équipé d’un grappin surplombant une aire bétonnée de 12 x 12 m. Cette surface, abritée sous un hangar, est divisée en 32 emplacements marqués au sol. Le Gaec utilise 16 cases pour le maïs, 8 pour la paille broyée, 4 pour l’ensilage d’herbe et 4 pour la luzerne. « Nous déposons le fourrage généralement le lundi et le jeudi, explique Antoine Boixière. J’utilise un godet coupe-cube pour l’ensilage et je pose les blocs côte à côte. Le grappin est équipé d’une caméra qui le dirige là où le tas est le plus haut. Tous les soirs, je repasse avec une pelle pour relever ce qui reste sur les bords, car le grappin ne ramasse pas complètement les résidus au sol. » Pour définir ses rations, l’éleveur utilise une application sur son téléphone portable. Le grappin prend dans chaque case la quantité nécessaire et la déverse dans le bol mélangeur du robot qui stationne à côté. Le système ajoute automatiquement les concentrés et les minéraux provenant des silos placés à proximité.

Le wagonnet du Vector fonctionne grâce à des batteries embarquées qui se rechargent pendant les phases de remplissage. Il est monté sur roues et se déplace à 4 km/h en suivant un parcours matérialisé par des bandes métalliques posées au sol. Les exploitants ont défini ainsi trois circuits correspondant aux couloirs d’alimentation des différents bâtiments. Régulièrement, des jalons posés sur le circuit permettent au robot de se situer avec précision afin de distribuer chaque ration au bon endroit. Dans les bâtiments, le Vector se repère par ultrasons. « Ce système de bandes fixées au sol est modulable, souligne Antoine Boixière. Nous avons déjà eu l’occasion de modifier le parcours à la suite de travaux, ce qui serait beaucoup plus compliqué à réaliser avec un automate sur rail. Le robot passe sans problème d’un bâtiment à l’autre. La seule contrainte est d’avoir un sol bitumé ou bétonné et une pente pas trop importante. L’application qui gère le Vector communique avec celle des robots de traite. Ainsi, je peux corréler directement les performances laitières à l’alimentation, sans avoir à manipuler mes données. »

Un paillage par gravité

Pour le paillage, le Gaec a choisi le système Schauer qui se compose d’un caisson où est déposée la botte. Des démêleurs dans le plancher entraînent la matière vers un broyeur à couteaux qui défibre les brins et les envoie par soufflerie vers les différents circuits. La paille arrive à une unité de transfert où la poussière est éliminée grâce à un aspirateur à cyclone. Chaque ligne de distribution est composée d’une gaine tubulaire où circule une chaîne à pastilles. Cette gaine est percée tout au long du parcours, et la litière tombe par gravité sur les logettes ou dans les aires paillées. « Chaque matin, mon père ou moi nettoyons les logettes puis mettons la pailleuse en route, commente Antoine Boixière­. Nous ne nous occupons que de l’approvisionnement du caisson. Toute la distribution est pilotée depuis une armoire électrique qui gère l’envoi vers tel ou tel circuit. Le système fonctionne bien, mais il ne faut pas de courant d’air, car la paille s’envole facilement. »

L’installation n’a pas posé de problème particulier. Les éléments sont suspendus à la charpente. La principale difficulté fut le calibrage initial : en effet, à chaque sortie, il y a un obturateur qui laisse passer plus ou moins de paille. Pour obtenir une répartition homogène d’un bout à l’autre de la chaîne, il faut ouvrir au minimum les premières sorties, et agrandir les ouvertures au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la source. Plusieurs essais ont été nécessaires avant de trouver les bons réglages.

Deux fois plus de vaches et autant de paille utilisée qu’avant l’arrivée du robot

Ce système requiert également peu d’entretien. La poussière est captée par un aspirateur central et renvoyée jusqu’à la fumière. Les couteaux du broyeur sont changés tous les huit ou neuf mois et l’opération ne réclame qu’une heure d’intervention. L’appareil est équipé d’un capteur d’étincelles et de chaleur relié à un asperseur d’eau qui s’ouvre en cas de départ de feu. En cinq ans d’utilisation, il ne s’est heureusement jamais déclenché. Le Gaec utilise actuellement 700 tonnes de paille par an, soit autant qu’avant l’installation du robot de paillage, quand les animaux étaient deux fois moins nombreux.

« Grâce au broyage, nous n’utilisons actuellement que 2 kg de paille par logette, précise Antoine Boixière. La litière fine est plus absorbante que du brin long et la consommation par vache est donc bien moindre. Nous économisons non seulement de la paille mais également du temps, le tout en réduisant la pénibilité. En plus des robots d’alimentation et de paillage, nous sommes équipés d’un distributeur automatique de lait pour les veaux et de racleurs à corde, qui passent dix-huit fois par jour. Avec le recul, le choix de la robotisation s’avère rentable dans le temps. À deux, nous gérons l’ensemble de l’exploitation, tout en conservant une bonne qualité de vie. Nous alternons les astreintes un week-end sur deux et une seule personne suffit à réaliser tout le travail quotidien, en quatre ou cinq heures. »

Denis Lehé

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