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Dossier. Produire du fourrage en contournant la période sèche

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Génétique. Sélectionnées en conditions réelles, les nouvelles variétés inscrites au catalogue français se révèlent plus résistantes au sec, grâce à un meilleur enracinement, et aux maladies, comme la rouille. Elles sont donc plus productives à l’automne. © J. P.

Face à la multiplication des à-coups climatiques, la sélection développe des solutions pérennes offrant un meilleur étalage de la production et des plantes de courte durée pour sécuriser les stocks au printemps.

À l’instar de la sélection bovine ou des céréales, le progrès génétique permet de bénéficier de nouvelles variétés fourragères mieux adaptées aux évolutions climatiques.
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À l’instar de la sélection bovine ou des céréales, le progrès génétique permet de bénéficier de nouvelles variétés fourragères mieux adaptées aux évolutions climatiques.

Mais il n’y a pas de miracle, au-delà de 35 °C, sans eau, aucune espèce ne pousse. Dès lors, la stratégie consiste à miser sur des associations d’espèces capables de produire au printemps et à l’automne, voire en hiver.

À l’ouest, des variétés moins tardives pour les stocks de début de printemps

La prairie représente un gros capital fourrager. Sur ce point, de nombreux essais réalisés en stations expérimentales ont démontré l’intérêt de la prairie temporaire à flore variée, comparé à la mono-espèce ou à l’association RGA-TB. Cette dernière, la plus riche en matière de valeur alimentaire, reste incontournable mais elle ne se raisonne pas de la même façon. « Face aux à-coups climatiques alternant humidité de printemps et sécheresses précoces, même dans les zones tempérées de l’Ouest, l’utilisation exclusive de RGA tardifs à très tardifs apparaît trop fragile », rappelle­ Julien Greffier, responsable productions fourragères chez Limagrain. L’idée est de jouer la carte de la diversité à l’échelle de l’exploitation, pour mieux lisser la production, « c’est-à-dire, dans les parcelles­ les plus portantes, miser sur des RGA demi-tardifs pour aller chercher davantage de volume lors de chantiers d’ensilage de plus en plus précoces, en y associant des dactyles ou des fétuques. Dans les systèmes laitiers de l’Ouest, le dactyle en particulier est une espèce sous-considérée au regard de sa valeur : c’est la graminée la plus riche en MAT, pâturée avant épiaison elle affiche des valeurs de 0,9 UFL, contre 0,8 UFL pour la fétuque et 1 UFL pour le RGA. En exploitation mixte fauche-pâture, une base dactyle-RGA-TB permet de gagner quinze jours à trois semaines de pâturage en début d’été et quinze jours de redémarrage en végétation. »

Des espèces et variétés plus précoces en conditions difficiles

Dans des zones plus séchantes du sud ou de l’est de la France, le choix de RGA demi-tardifs vise aussi à renforcer les premières et deuxièmes coupes, essentielles pour la sécurité des stocks, avant le coup de sec de l’été. « Ils seront utilisés comme plante d’accompagnement (5-10 %) en complément du dactyle et de la fétuque pour leur capacité à démarrer tôt en saison et à passer l’été pour redémarrer après la période sèche. Il s’agit d’un critère de sélection important qui assure aux nouvelles variétés une meilleure productivité d’automne », souligne Jean-Michel Bellard, responsable productions fourragères chez RAGT. Le dactyle s’adapte mieux aux sols superficiels et la fétuque aux sols profonds et humides en hiver. Pour les mélanges longue durée des zones sèches, Barenbrug propose aussi un nouveau brome pâturable (Baruzzo) et, bien sûr, les légumineuses TV-TB-lotier-luzerne.

Luzernes typées sud, TB géants et lotiers à port dressé

La hausse des températures autorise à cultiver des variétés de luzerne typée sud (indice de dormance 5,5 à 7) plus au nord. « Moins dormantes, ces variétés démarrent plus tôt, produisent davantage en été et en arrière-saison, indique Olivier Coutreau, responsable espèces­ fourragères chez Barenbrug. Là où les variétés typées nord ou flamandes (indice de dormance 3 à 5) font de très gros rendements en 1re et 2e coupes, leur production plus régulière permet d’aller chercher plus de volumes sur 5 à 6 coupes et ainsi diluer les risques d’une mauvaise récolte. Dans l’Est ou le Massif central, les épisodes de gel tardifs ne permettent pas de monter au-delà d’indices de 5 à 5,5. Dans l’Ouest, on peut aller jusqu’à des indices 6. » Cette stratégie de multiplication des coupes pose cependant la question du temps de travail.

Dans les mélanges de longue durée destinés à une exploitation mixte, Limagrain propose pour la première fois un TB géant (Brianna­) au système racinaire stolonifère, ce qui renforce sa pérennité. Des lotiers, comme Lotar (Barenbrug), moins dormants, plus productifs et au port plus dressé, redonnent aussi de l’intérêt à l’espèce.

Intercultures : des alternatives aux ray-grass italiens

Les fourrages d’automne, méteils et intercultures connaissent un fort développement. Les RGI, en association avec des trèfles annuels semés à partir du 15 août, offrent une première exploitation d’automne, suivie d’une production abondante et de qualité au début du printemps. Cependant, la réussite d’un semis fait le 15 août est très aléatoire, et s’il est trop tardif, le manque de température et de luminosité pénalisera la production au printemps. Une première alternative repose sur le choix des variétés : « Si les mauvaises conditions de travail du sol conduisent à semer très tard (début octobre), il faut miser sur les variétés de RGI les plus alternatives, c’est-à-dire celles dites de très courte durée qui s’installent vite, explique Jean-Michel Bellard. Dans certaines régions, il est alors préférable de faire l’économie de la légumineuse, sensible aux gelées précoces. » Les céréales immatures sont une autre possibilité : méteils précoces, seigles, avoines. « Les mélanges à base de seigle forestier, vesce et trèfle offrent une plus large plage de semis au mois de septembre, souligne Cédric Pasquier­, responsable produits fourragers chez Jouffray­-Drillaud. Ils assèchent moins le sol pour la culture suivante et sont plus faciles à détruire après une exploitation en ensilage fin avril. De même avec l’avoine rude tardive ou l’avoine noire. Elles sont semées en même temps qu’un méteil, mais expriment leur plein potentiel trois semaines avant ce dernier, dont la récolte est parfois un peu tardive avant un maïs. » Avec des céréales immatures ou du RGI, le semencier intègre de la vesce velue, plus résistante aux maladies et avec des valeurs annoncées de 25 à 28 % de MS.

Fourrages complémentaires : betterave et dérobées d’été

Par sa capacité à repartir en végétation après une période de sécheresse, la betterave est complémentaire des systèmes fourragers laitiers. « En l’absence de solution de récolte mécanique, les variétés à pâturer représentent un fourrage qui coûte peu, et peut être pâturé à partir de fin août et pendant tout l’automne, tant que la portance le permet », souligne Jean-Michel Bellard. Ce sont les variétés dites faibles en MS (moins de 16 %), dont les racines émergentes facilitent la consommation par les vaches. Les dérobées d’été moha, millet perlé et sorgho­ fourrager multicoupe – peuvent être pâturées, affourragées en vert, fanées ou enrubannées. Elles sont parfois décriées pour leur faible valeur, mais des variétés de sorgho multicoupe BMR plus riches en énergie sont disponibles, comme Hermes, de Semences de Provence. « Consommées au bon stade avant épiaison, ces variétés affichent des valeurs de 0,95 UFL au pâturage ou en affouragement sur deux ou trois exploitations, indique Julie Toussaint­, responsable de Semences de Provence, membre d’Eurosorgho. Il y a une très grande diversité de variétés et de prix, allant de 1,60 €/ kg à 5 ou 6 €. On n’achète donc pas du sorgho mais une variété, et pour cela, il faut un peu de formation ou de conseils. »

Jérôme Pezon
Dérobées d’été. Lablab et cowpea à la peine

Pendant l’été 2019, la ferme expérimentale de Bordes, dans l’Indre, a suivi onze bandes de cultures dérobées estivales­ seules ou associées à des légumineuses : sorgho multicoupe, moha, millet perlé, trèfle de Perse ou d’Alexandrie­, lablab ou cowpea. Le semis a été réalisé le 13 juin. Résultat : dans des sols limono-sableux séchants, avec de faibles précipitations (50 mm dans les dix jours précédant le semis et 58 mm entre le semis et la dernière exploitation, le 19 septembre), la première coupe faite début août représente plus de 90 % du rendement total, soit de 1,33 tonne MS par hectare à 3,05 tonnes. C’est le sorgho multicoupe qui s’en sort le mieux. Une mise en pâture par des génisses charolaises montre aussi que c’est de loin l’espèce la plus appétante au pâturage. La déception vient des mélanges avec légumineuses : les trèfles ont levé mais ne se sont pas développés. Dans le contexte très séchant de 2019, les légumineuses tropicales, lablab (photo ci-contre, en association avec du maïs) et cowpea, n’ont pas participé au rendement. En France, il a été constaté que les nodosités étaient absentes sur le lablab, et peut-être présentes sur le cowpea avec un soja comme précédent cultural. Des travaux Inra sont en cours pour tenter de trouver un inoculum adapté afin d’aider le développement de ces plantes.

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