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Dossier. « Des ventilateurs et un douchage pour rafraîchir nos vaches »

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Améliorer l’existant. Nicolas Fontaine et Aurore Roger ont regroupé leurs troupeaux en 2010 dans un bâtiment construit en 1982 et agrandi en 2012. La stabulation héberge deux fois plus de vaches qu’il y a trente-cinq ans, avec des animaux qui ont doublé leur production. © C.H.

Conscient de la mauvaise ventilation de la stabulation, le Gaec du Val de Raveton, dans l’Orne, a procédé à des aménagements. Et acheté huit ventilateurs pour l’été.

Comme celle de nombreuses exploitations, la stabulation d’Aurore Roger et Nicolas Fontaine­ est l’héritage de choix techniques aujourd’hui dépassés et d’évolutions du troupeau. « Nous avons triplé la production dans un bâtiment qui s’est agrandi de seulement trois travées en près de quarante ans », résume Nicolas. Après une série de mesures sur la ventilation...
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Comme celle de nombreuses exploitations, la stabulation d’Aurore Roger et Nicolas Fontaine­ est l’héritage de choix techniques aujourd’hui dépassés et d’évolutions du troupeau. « Nous avons triplé la production dans un bâtiment qui s’est agrandi de seulement trois travées en près de quarante ans », résume Nicolas. Après une série de mesures sur la ventilation naturelle qui ne s’avèrent pas suffisantes, ils se sont résolus à installer huit ventilateurs en 2018, juste avant les fortes chaleurs estivales. « En 2010, notre association s’est accompagnée du regroupement de nos deux troupeaux sur le site de Nicolas, raconte Aurore. De 75 vaches dans un bâtiment quasi fermé de 100 logettes, construit en 1982, nous sommes passés à 100 vaches et 83 logettes en 2011, l’installation de deux robots supprimant 17 logettes. »

Étape Des cheminées dans la toiture

Très vite, ils s’aperçoivent de la capacité de ventilation insuffisante de la stabulation pour autant d’animaux, d’abord en hiver et, plus récemment, en été, depuis les fortes chaleurs de 2017. Son exposition est un handicap : orientée sud, elle ne profite pas des vents d’ouest hivernaux. Durant les canicules, les translucides de la toiture augmentent la température déjà élevée dans le bâtiment. « Le premier hiver du regroupement de troupeau, l’odeur d’ammoniac était insupportable », se souviennent-ils. Au printemps suivant, ils décident d’installer tous les 2,5 m des entrées d’air sur le long pan en parpaing, l’autre étant partiellement en tôles ajourées. Dans la toiture, 16 cheminées de 0,24 m² sont posées, également tous les 2,5 m. Ils en profitent pour transformer les portes pleines des pignons : sur la moitié supérieure est fabriqué un volet, qui est retiré au printemps et en été.

Étape L’extension ouverte deux côtés sur trois

En 2012, l’extension de 40 logettes créée pour accueillir un maximum de 130 vaches tire les leçons de cette conception initiale inadaptée. Le haut du nouveau pignon (exposé est) est en bardage à claire-voie. Le restant est totalement ouvert, tout comme le prolongement du couloir d’alimentation. « L’odeur d’ammoniac avait disparu mais la ventilation ne donnait toujours pas entièrement satisfaction, car le bâtiment restait humide. » Et les associés d’ajouter : « Nous regrettons d’avoir posé des plaques translucides dans la toiture, en particulier au-dessus des logettes. Elles contribuent à augmenter la température dans le bâtiment durant les fortes chaleurs. »

Étape Le pignon d’origine bardé

En 2016, sur les conseils de l’organisme Elvup, les éleveurs franchissent une nouvelle étape dans l’ouverture de la stabulation­ : ils remplacent les plaques en fibrociment du pignon, qui date de 1982, par un bardage à claire-voie. « Côté alimentation, l’idéal aurait été de couper de 30 à 50 cm, le haut du long-pan du bâtiment d’origine. Les vaches seraient protégées du soleil l’été par le débord de la toiture. La table d’alimentation est une auge autour de laquelle elles se déplacent à l’intérieur et à l’extérieur. » Ils ne le font finalement pas par crainte de les blesser, car découper la façade en tôle ajourée faisait prendre le risque de répandre de la limaille de fer.

Étape Huit ventilateurs à flux horizontal

Durant l’été 2017, le Gaec se rend compte que ces améliorations ne suffisent pas au confort des laitières. « Nous avions envie d’air, logiquement nos vaches aussi », résume Aurore, très soucieuse du bien-être de ses animaux. Dès les premières chaleurs de mai 2018, les associés se résolvent à investir dans des ventilateurs. « Une décision prise et une installation réalisée dans l’urgence, reconnaissent-ils. Elle a été guidée toujours par le même but : l’amélioration du confort­ de nos vaches, et de l’ambiance. » Ils choisissent les modèles à flux horizontaux Orela. « Les cheminées posées en 2011 sont de cette marque et le rapport­ qualité-prix nous paraissait correct : huit ventilateurs pour 8 500 €, variateurs de moteurs compris. Leur débit est de 20 000 m3 d’air par heure. Orela nous a conseillé d’en poser un tous les 15 m. Comme le concessionnaire ne pouvait pas les monter avant le mois de septembre, nous l’avons fait nous-mêmes avec l’aide des électriciens qui intervenaient sur notre chantier de méthanisation. »

Quatre appareils sont posés à cheval sur le couloir d’alimentation et la rangée de logettes, à 2,5 m du dos des vaches, quatre au-dessus de la double rangée de logettes. Les éleveurs écartent cependant l’option de brumisation, qui nécessite un réseau d’eau. « En revanche, en juin dernier, dès qu’Elvup nous a avertis de l’arrivée d’une période de stress thermique, nous avons bricolé un système de douchage pour 200 €. Heureusement ! Fin juillet, nous avons enregistré trois jours entre 37 °C et presque 40 °C de températures maximales », s’exclame Nicolas. Les vaches avaient en plus la possibilité d’aller et venir entre la stabulation et les prairies ouvertes au pâturage entre 7 h et 17 h.

« 3 % de lait en moins »

Les deux étés avec ventilateurs, couplés en 2019 avec du douchage, ont donné un résultat mitigé. La bonne nouvelle est qu’ils ont amorti le stress thermique­ subi par les vaches, en particulier en 2019. Grâce au couplage ventilation-douchage, elles ont mieux résisté qu’en 2017 et 2018, bien qu’elles aient été plus nombreuses dans le bâtiment, avec des épisodes caniculaires plus rudes. Selon les données laitières des robots qu’Elvup a analysées, en 2017, du 1er juin au 30 septembre, la perte de production a été de 146 kg bruts par vache. Elle a reculé à 127 kg par vache en 2018 et à 116 kg en 2019. « Pour un prix du lait à 350 €/1 000 l, ce sont 1 000 € en plus qui ont pu être perçus », pointe Émilie Poyard, d’Elvup. Malgré tout, le troupeau a produit entre 2,9 % et 3,3 % de lait en moins par rapport à son potentiel calculé : 14 520 kg bruts en moins en 2018, et un résultat équivalent en 2019 mais avec 12 vaches de plus en lactation.

L’autre bémol concerne le retour sur investissement. Avec une limitation de la perte de l’ordre de 1 000 € par an, il faudra huit à neuf ans pour rembourser les ventilateurs. Cela sans compter le coût en électricité, que le Gaec ne chiffre pas. « Sans les ventilateurs, la perte de production aurait peut-être été supérieure à celle de 2017 », positive Émilie Poyard.

Pour son collègue François Normand­, qui conseille les adhérents d’Elvup sur la ventilation des bâtiments, vu la capacité de 20 000 m3 d’air par heure des huit ventilateurs, il faudrait en installer un tous les 10 m, et non tous les 15 m comme c’est le cas actuellement. « La distance entre deux ventilateurs est trop grande. Il y a une chute d’air et de ce fait, des zones du bâtiment non couvertes. » Il recommande donc d’ajouter des unités. Aurore et Nicolas n’y sont pas prêts, d’abord à cause du bruit très important que ce modèle produit. Ensuite, à cause du montant de l’investissement. « Il faudrait que le prix du lait soit plus élevé pour financer ce surcoût. » Ils préfèrent s’efforcer d’optimiser ce qui est déjà en place : incliner de 30° les ventilateurs pour que l’air soit mieux dirigé vers les vaches, et brancher un temporisateur sur le système de douchage. « En continu, il humidifie le couloir d’alimentation… et augmente nos cas de dermatite digitée. Quand on essaie d’améliorer une conduite, on en détériore une autre, se désole Nicolas. Dans notre bâtiment ancien, nous sommes constamment à la recherche du bon équilibre. »

Claire Hue
u Huit ventilateur Ils sont en deux rangées de quatre, l’une à cheval sur le couloir d’alimentation et les logettes, l’autre sur deux rangées de logettes. Ils sont espacés de 15 m. Il faudrait qu’ils le soient de 10 m pour mieux couvrir le bâtiment. © C.H.
t Une douche système D. Une ligne de 30 m de tuyau percé pour l’arrosage d’arbustes a été achetée dans une jardinerie (pour 200 €) avant les premières fortes chaleurs de juin 2019. Fixée aux poutres de la charpente, elle asperge de quoi rafraîchir les vaches quand elles sont à l’auge, sous les translucides. En 2020, un temporisateur sera installé pour éviter la douche en continu. © C.H.
q Ventilation naturelle. Contrairement au bâtiment de 1982, l’extension est ouverte sur le pignon et le long-pan, mais elle ne peut pas corriger l’exposition au sud. © C.H.
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