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Au moins 180 000 euros de chèques en bois pour du bétail

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Le suspect principal dans l’enquête sur les arnaques à la vente de bétail a été mis en examen et incarcéré à la maison d’arrêt de Tarbes. (Photo d’illustration) © Pascal Parrot/GFA

Le mercredi 14 octobre 2020, un suspect a été arrêté et écroué à la maison d’arrêt de Tarbes pour escroquerie. Achetant tous types de bétail, il les payait avec des chèques en bois. Selon le président du collectif des éleveurs victimes, des complices présumés courent toujours. Retour sur trois mois d’enquête.

Le 20 août 2020, La France Agricole relatait des arnaques à la vente de bétail. Les chambres d’agriculture des cinq départements des Hauts-de-France avaient également relayé l’information sur leurs sites internet. Deux mois plus tard, le mercredi 14 octobre 2020, l’enquête a abouti à l’arrestation puis à l’incarcération à la maison d’arrêt de Tarbes d’un homme soupç...
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Le 20 août 2020, La France Agricole relatait des arnaques à la vente de bétail. Les chambres d’agriculture des cinq départements des Hauts-de-France avaient également relayé l’information sur leurs sites internet. Deux mois plus tard, le mercredi 14 octobre 2020, l’enquête a abouti à l’arrestation puis à l’incarcération à la maison d’arrêt de Tarbes d’un homme soupçonné d’être à la tête d’un vaste réseau d’escroquerie d’achats de bétail entre la France et la Belgique.

Un suspect déjà incarcéré pour escroquerie

Les enquêteurs de la gendarmerie de Vignec, dans les Hautes-Pyrénées, ont mené l’enquête depuis cet été. Tout a commencé à la suite d’une plainte collective à l’initiative de François Vichard, président du collectif des éleveurs victimes d’escroquerie, le 14 juillet 2020.

« Au départ, tout le monde portait plainte individuellement et ça partait au civil », relate-t-il à La France Agricole. Avec une plainte collective, ça va au pénal. On leur a mis la pression, on a eu beaucoup de mal à ce qu’un juge d’instruction soit nommé », poursuit cet éleveur dans l’Allier, également victime de ce septuagénaire déjà incarcéré pour escroquerie et vol d’animaux par le passé.

Tous types d’animaux étaient concernés par les vols

Ce « marchand de bestiaux » semble avoir débuté son escroquerie dans le sud de la France, comme le détaillait à la mi-août La France Agricole Fabrice Riquier, président de la chambre d’agriculture de l’Oise. Mais ces arnaques se sont rapidement étendues jusqu’au nord de la France, en passant notamment par l’Auvergne et l’Occitanie. Pour aboutir au total à la Belgique, où des bêtes volées sur le territoire français ont pu être localisées.

« Moutons, bovins, chevaux, tous types d’animaux étaient concernés », relève François Vichard. Le principe était simple, poursuit-il : « L’escroc répondait à des annonces de vente d’animaux sur les sites Leboncoin ou Agriaffaires. Ensuite, il arrivait chez nous sous le nom de la société Paris Bétails située dans l’Oise et prétendait être à la retraite et représenter sa fille, la vraie propriétaire de l’entreprise. Or, tout était faux. Il donnait des lettres de change, des chèques, des traites, tous types de paiement à l’éleveur, récupérait les bêtes et ne payait jamais. »

« Tu vas vite te calmer parce que je vais te régler ton compte »

Constatant que l’acheteur ne payait pas les ventes de bétail, les éleveurs floués tentaient de récupérer leur dû. En vain. François Vichard a eu l’arnaqueur plusieurs fois au téléphone pour lui réclamer l’argent, mais ce dernier reculait toujours la date du paiement. Puis, au fil des semaines, au début de septembre, « il est devenu menaçant. Ses complices lui avaient expliqué ce qu’il se passait et qui j’étais. Il m’a dit : “Tu vas vite te calmer parce que je vais te régler ton compte”. »

Selon François Vichard, c’est la raison pour laquelle son collectif ne compte qu’une quinzaine d’éleveurs : « Il y en a davantage, mais ils n’ont pas voulu suivre par peur de représailles. On appelle toutes les victimes à se faire connaître, il ne faut pas qu’elles aient peur de parler. Plus il y aura de plaignants, plus lourdes seront les peines. »

À ce jour, l’éleveur de l’Allier juge à 180 000 euros le montant des préjudices subis. Une somme forcément sous-estimée, explique-t-il, en raison du nombre encore inconnu de victimes. D’autant que les banques « n’ont rien fait pour nous aider. Absolument aucun soutien de ce côté-là », déplore-t-il encore.

Des complices présumés dans la nature

Si les éleveurs se disent soulagés de ce premier coup de filet, ils comptent sur les gendarmes pour retrouver d’éventuels complices. Le président du collectif ajoute : « Le suspect principal a des complices présumés qui courent toujours, on reste prudent. On ne lâchera rien, on ira jusqu’au bout. »

Le parquet de Tarbes a ouvert une information judiciaire pour escroquerie. L’enquête est toujours en cours.

Oriane Dieulot
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