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Maïs ensilage avant 6 mois, la croissance est au rendez-vous

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En moyenne, le recours à l’ensilage de maïs a réduit le coût de la ration de 12 % :

Renouvellement. Deux séries d’essais conduits à la ferme expérimentale de Trévarez montrent qu’il est possible d’utiliser de l’ensilage de maïs avant 6 mois, à condition d’ajuster la correction azotée et de contrôler l’ingestion.

Il est souvent préconisé de ne pas distribuer de maïs ensilage avant l’âge de 6 mois. Pourtant, la ferme expérimentale de Trévarez l’utilise pour ses veaux holsteins depuis dix ans. Une pratique qui présente divers avantages : son coût, sa simplicité (si le silo est proche de la nurserie), une baisse du risque de subacidose, liée à la fibrosité de l’ensilage et une transition alimentaire plus...
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Il est souvent préconisé de ne pas distribuer de maïs ensilage avant l’âge de 6 mois. Pourtant, la ferme expérimentale de Trévarez l’utilise pour ses veaux holsteins depuis dix ans. Une pratique qui présente divers avantages : son coût, sa simplicité (si le silo est proche de la nurserie), une baisse du risque de subacidose, liée à la fibrosité de l’ensilage et une transition alimentaire plus facile.

Afin de mesurer l’intérêt de ce mode d’alimentation, deux essais comparatifs ont été conduits sur deux lots : un lot témoin, nourri jusqu’au sevrage avec, à volonté, une ration mélangée composée de 50 % d’ensilage de maïs avec 50 % de concentré fermier (75 % de blé aplati 25 % de soja). Un lot expérimental nourri à volonté avec un concentré fermier : 80 % de maïs grain + 20 % de soja. Dans les deux cas, les veaux avaient à disposition du foin et 20 grammes de minéral/kg de concentré. Le plan d’allaitement était identique, soit 6 litres de lait fermenté par jour (ou lait yaourt), pour un sevrage à 75 jours en moyenne. Enfin, après le sevrage, le lot témoin poursuivait sa croissance avec sa ration mélangée à base d’ensilage­, rationnée à 5 kg/veau/jour (+ du foin) ; tandis que le lot expérimental continuait avec le concentré base maïs grain, rationné à 3 kg/veau/jour avec du foin à disposition.

Pas de différence au niveau sanitaire

À l’issue du premier essai, le poids moyen au sevrage pour chacun des deux lots est respectivement de 88 kg et de 91 kg, malgré des GMQ inférieurs à 650 g dans les deux cas : « Ce sont des niveaux de croissance souvent­ observés pour des femelles holsteins­ sevrées à deux mois, précise Guylaine­ Trou, conseillère à la chambre d’agriculture de Bretagne. Cependant, l’objectif de doubler le poids de naissance au sevrage est atteint. » Après le sevrage, les veaux nourris au maïs grain ont continué leur croissance à un rythme plus soutenu de 895 g de GMQ, pour atteindre un poids à 6 mois proche de l’objectif de 200 kg. En comparaison, le lot ensilage a stagné à 687 g de GMQ : « C’est le déficit azoté de la ration, avec un maïs pauvre en PDIN (42 g/kg MS), qui explique cette différence. Cela rappelle qu’il faut ajuster la correction en fonction des analyses de fourrage. »

Sécuriser l’ingestion

Dans un second essai, la composition du concentré associé à l’ensilage de maïs a donc été réévaluée, soit 67 % de blé aplati + 33 % de soja. Résultat : des croissances très similaires, à un coût légèrement inférieur de 12 % pour les lots recevant de l’ensilage (8 € par veau en moyenne sur les deux essais).

Ces derniers affichent un poids de 85 kg au sevrage (pour un poids de naissance de 41 kg), suivi d’un GMQ post-sevrage de 898 g. Les veaux nourris au maïs grain pèsent aussi 85 kg au sevrage (poids de naissance 37 kg), suivi d’un GMQ post-sevrage de 920 g.

Au cours des deux séries d’essais, aucune différence n’a été observée en matière de pathologies digestives. Cela montre que l’ensilage de maïs est possible avant 6 mois, à condition de sécuriser l’ingestion. C’est cet aspect qui amène Gilbert Laumonnier­, vétérinaire référent génisses à la SNGTV, à déconseiller ce fourrage : « Cette pratique exige beaucoup de rigueur. Elle fonctionne en station, mais sur le terrain, l’ensilage pose des problème : les veaux ont tendance à baver dessus, ce qui entraîne une reprise en fermentation pénalisante pour l’ingestion, phénomène qui s’accentue à température élevée. Dans tous les cas, il faut veiller à renouveler l’ensilage au moins deux fois par jour. »

Jérôme Pezon
L’avis de…
« Le concentré fermier doit doser 17 % de MAT au minimum » L’avis de…

« La qualité première d’un concentré mis à disposition de la naissance à 3 mois est son appétence, et 17 % de MAT au minimum. Certains préconisent jusqu’à 22 %. C’est pertinent, à condition que l’azote ne soit pas trop dégradable, c’est-à-dire pas d’urée, et du soja plutôt que du colza (le soja a aussi l’intérêt d’être plus appétent) ou des drèches.

Pour réaliser un concentré fermier entre 17 et 18 % de MAT, comptez 700 à 750 g de maïs grain + 250 à 300 g de tourteau de soja 48, ou 600 à 650 g de maïs grain + 300 à 350 g de colza 35. On apportera 40 à 50 g de minéral de type 3/24 (phosphore/calcium) avec le soja, et de type 0/24 avec le colza. Privilégiez une formule minérale riche en oligoéléments et vitamines.

Les matières premières à éviter sont le tourteau de tournesol, très dégradable et trop peu énergétique, et le tourteau d’arachide car il présente un risque de mycotoxines.

Les matières premières conseillées, voire indispensables : maïs grain, avoine, flocons de maïs, pulpe de betterave, sons, luzerne déshydratée. Les céréales à paille doivent être apportées en quantité limitée, en raison du risque d’acidose.

Un mot concernant les aliments du commerce : sur l’étiquette, vérifiez que la teneur minimum en MAT est respectée, mais aussi quelles sont les sources de MAT et leur dégradabilité (pas d’urée !) Il faut aussi vérifier le taux de cellulose (8 à 12 %), et s’assurer d’une valeur énergé­tique au moins égale à 0,95 UFL. »

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