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Les veaux peuvent pâturer dès leur plus jeune âge

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Adaptation. Très vite après la mise à l’herbe, les tout jeunes veaux broutent. © C.Hue

Croissance. Pour la deuxième année consécutive, dans la Manche, la ferme expérimentale de la Blanche ­Maison met les veaux à l’herbe dès l’âge de 15 jours. Les résultats de 2017 montrent une croissance identique à celle des veaux nourris en nurserie.

Mettre les petits veaux au pâturage, après les quinze jours de case individuelle jusqu’à leur sevrage ? « Pou rquoi pas », s’est dit, l’année dernière, la ferme expérimentale normande de la Blanche Maison. Comme elle a, depuis l’an passé, quatre périodes d’insémination de six semaines, trois lots de dix à quinze tout jeunes élèves testent cette conduite.
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Mettre les petits veaux au pâturage, après les quinze jours de case individuelle jusqu’à leur sevrage ? « Pou rquoi pas », s’est dit, l’année dernière, la ferme expérimentale normande de la Blanche Maison. Comme elle a, depuis l’an passé, quatre périodes d’insémination de six semaines, trois lots de dix à quinze tout jeunes élèves testent cette conduite.

En 2017, sur une dalle bétonnée de 4 m sur 15 m déjà existante, dix cases individuelles sont installées, adossées à la nurserie. Cinq sont réservées aux dix à quinze premiers jours. Les cinq autres servent d’abri quand les veaux sont dans la partie collective, une petite prairie de 40 ares. « Elle est pâturée au fil, sur 3 ares, pour maîtriser leur avancée dans la parcelle », précise Lucie Morin, chargée d’études.

Cette année, les 40 ares sont divisés en deux parties. L’une est du côté de la dalle, toujours avec cinq niches pour abri et cinq pour les quinze premiers jours. L’autre est côté nurserie. Le pâturage au fil est maintenu.

L’organisation du travail doit rester simple

« Nous voulons éviter la concurrence pour l’accès à la buvée et aux concentrés qui s’instaure à partir de douze à treize veaux dans le lot entre les tout jeunes et les plus âgés. » La buvée une fois par jour - le matin après la traite - se fait à partir de bacs collectifs accrochés à la barrière des deux paddocks. Le concentré et la paille sont à volonté. « Le pâturage ne doit pas alourdir le travail lié à l’élevage des veaux, estime-t-elle. Il doit être proche de la laiterie ou de la nurserie pour transporter facilement le lait distribué. C’est notre cas. » Pour aller au paddock « dalle », un taxi-lait de 150 litres roule sur 50 mètres déjà bétonnés. Pour le paddock « nurserie », c’est encore plus aisé : le taxi-lait est préparé dans la nurserie.

L’autre avantage à ce que la prairie soit le long de la nurserie est, en période pluvieuse, l’hébergement des veaux et de l’alimentation sans interrompre le pâturage. L’une des cases collectives possède une porte d’accès direct à la parcelle. « Les animaux font l’aller-retour entre les deux. Cela évite de retarder la mise à l’herbe au printemps ou prolonge le pâturage à l’automne. » C’est ce qui s’est passé le mois dernier. Les conditions humides ont empêché de sortir définitivement de la nurserie les veaux nés entre le 1er février et le 15 mars. Ils ont fait la navette la première quinzaine d’avril avant que le dispositif soit installé dehors.

Évidemment, les veaux peuvent boire à volonté. Des abreuvoirs sont installés à leur portée. « Comme les bacs à lait et les alimentateurs de concentrés sont accrochés à la barrière de la case ou à celle d’entrée dans la parcelle, le risque serait de se contenter de les remplir et de jeter un œil sur les veaux sans qu’il y ait de véritable contact. Il est nécessaire de rentrer dans le paddock, et passer un peu de temps avec eux pour les apprivoiser. Sinon, ce sera compliqué de les attraper une fois le sevrage fini. Ils courent vite ! » Dès qu’ils ont atteint les cent kilos, ils sont dirigés vers un autre site pour un pâturage tournant sur des parcelles de 25 ares (lire L’Éleveur laitier, février 2018, p. 46).

Deux bonnes surprises

Décider du pâturage des petits veaux est une chose, leur réaction et leur adaptation en sont une autre. « En mai 2017, lorsque nous avons mis les premiers à l’herbe, nous avons été très surpris du niveau de consommation d’herbe que peuvent avoir des veaux de cet âge. Ils se mettent rapidement à brouter et nettoient une parcelle comme des génisses de 7 à 8 mois. La hauteur d’herbe en sortie de la mini-parcelle au fil est de 4 à 5 cm. »

L’autre bonne surprise porte sur la période du post-sevrage. Habituellement, en nurserie, la Blanche Maison constate un ralentissement de la croissance durant les quinze jours à un mois après le sevrage. « Cela n’a pas été le cas l’an passé lorsque nous les avons transférés sur notre deuxième site. » Sur les trente jours qui suivent le sevrage, Lucie a comparé leur croissance quotidienne moyenne (ou gain moyen quotidien, GMQ) à celle des veaux en bâtiment : « Leur GMQ est 190 grammes supérieurs. Nous faisons l’hypothèse que le pâturage développe davantage leur capacité d’ingestion. Peut-être subissent-ils aussi un stress moins important que leurs congénères en nurserie lorsqu’ils sont déplacés vers un autre endroit, une fois leur sevrage fini ? Le même suivi cette année confirmera ou non cette observation. »

La croissance des jeunes maintenue

Si voir gambader des petits veaux est agréable, il ne faut pas pour autant perdre de vue les objectifs d’élevage : atteindre au moins les 90 kg au sevrage. Dans ce but, une fois par semaine, la Blanche Maison pèse chaque veau. Les concentrés et l’alimentation lactée (yaourt en 2017, lait entier pasteurisé cette année, voir encadré ci-dessous) sont également pesés. La croissance et la consommation alimentaire des 28 veaux suivis sont comparées à celles des vingt élevés en bâtiment. « De la naissance au sevrage, leur GMQ est quasi identique : 630 g/veau/jour pour les premiers contre 660 g pour les seconds. »

Les veaux qui pâturent sont sevrés cinq jours plus tôt (83 jours à 98 kg, contre 88 jours pour 99,6 kg) mais ils avaient de l’avance. « Sans qu’on puisse l’expliquer, leur poids moyen à la naissance est cinq kilos plus élevés (46,6 kg, contre 41,4 kg). Ils ont donc atteint plus rapidement les quasi 100 kg. »

Cela se traduit logiquement par une quantité totale de lait par veau plus faible : 493 kg, contre 540 kg.

Même tendance pour les concentrés : 39,6 kg, contre 51,8 kg. «  Le pâturage maintient les performances de croissance. C’était notre objectif. Il ne les a pas améliorées. Peut-être les veaux ont-ils moins mangé de paille ? C’est ce qui nous semble, à l’œil, mais nous n’avons pas effectué de pesée de paille. »

Risque parasitaire faible

Cette expérience intègre un suivi parasitaire des veaux à partir de deux mois d’âge jusqu’à leur rentrée en étable l’automne dernier. Le suivi est réalisé par le GDS de la Manche. Sont ciblés les strongles digestifs avec l’analyse des matières fécales une fois par mois « Elle montre l’absence de migration de larves, cela pour la grande majorité des veaux. Le risque parasitaire est donc faible », avance-t-on au GDS, qui met tout de même un bémol : « C’est dans les conditions de la ferme de la Blanche Maison. De plus, la taille de l’effectif ne permet pas de généraliser cette conclusion. »

Les vingt-huit veaux qui ont pâturé n’ont pas reçu de traitement parasitaire à leur rentrée en étable. L’autre bénéfice est l’économie de paille puisque durant six mois, ces veaux n’ont pas été paillés.

CLAIRE HUE
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