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Les vaches sous les caméras

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Note d’état de forme. Équipé d’une tablette, ­Alexandre Batia établit un audit et une visualisation graphique pour un rendu instantané à ­l’éleveur. © Rhône Conseil

Le film de la vie d’un troupeau pendant vingt-quatre heures est riche d’enseignements. Il permet de diagnostiquer l’inconfort des animaux pour, ensuite, maximiser les temps de repos, indispensables à la performance.

Rhône Conseil élevage propose depuis peu un nouveau service aux éleveurs laitiers. Baptisé « pAnser vaches », il a pour devise : observer pour mieux comprendre. Son originalité : placer des caméras pendant vingt-quatre heures dans le bâtiment pour analyser les comportements du troupeau.
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Rhône Conseil élevage propose depuis peu un nouveau service aux éleveurs laitiers. Baptisé « pAnser vaches », il a pour devise : observer pour mieux comprendre. Son originalité : placer des caméras pendant vingt-quatre heures dans le bâtiment pour analyser les comportements du troupeau.

Car la journée d’une vache est très chargée : sur 24 heures, elle se décompose en une douzaine de cycles, alternant repos, ruminations, abreuvements et alimentation. « La vache doit pouvoir se reposer 12 à 14 heures par jour, dont 7 à 10 heures de rumination, rappelle Alexandre Batia, nutritionniste à Rhône Conseil Élevage. Ce temps de couchage est essentiel à l’optimisation de la production laitière. Il augmente le flux sanguin dans la mamelle de plus de 50 %, améliore l’efficacité alimentaire, limite la fatigue des membres, etc.  Aujourd’hui, on parle de gain laitier établi par du “non-nutritionnel”, à savoir l’optimisation du temps de couchage et une meilleure préemption de la ration au cours des 24 heures et sans effet de boulimie. »

Autrement dit : pour faire beaucoup de lait, il faut maximiser les temps de repos et obtenir une ingestion régulière avec une ration disponible 22 heures/24, sans oublier la disponibilité en eau. Cette règle d’or n’est pas toujours respectée et les meilleurs éleveurs peuvent l’enfreindre sans en avoir conscience.

Qui sait ce que font les vaches la nuit ?

Le service « pAnser vaches » débute par un audit de l’élevage réalisé par le conseiller spécialisé. Il s’agit de donner une note d’état de forme au troupeau via une application sur une tablette créée spécifiquement. « De l’instantané et du visuel sous forme de graphiques pour un meilleur rendu. Ce logiciel permet d’objectiver réellement l’état de forme par des résultats normés », commente Alexandre Batia.

Sur un panel de vaches, le conseiller enregistre la note d’état corporel (traceur énergétique), le remplissage du rumen (traceur sanitaire de la ration), la qualité des membres et leur orientation (traceur du confort de l’animal), et la texture des bouses (traceur de la digestion). « Cette note d’état de forme nous donne les premières pistes de réflexion, par exemple une NEC faible ou un mauvais remplissage de rumen peut laisser suspecter une ingestion défaillante », explique-t-il.

La note d’état de forme du troupeau est comparée aux notes repères établies par l’étude Tham (étude d’ampleur régionale, menée en 2012, mettant en avant cyclicité et note d’état de forme).

« Ce n’est qu’ensuite que nous plaçons les deux caméras aux endroits stratégiques du bâtiment : dans l’axe du couloir d’alimentation côté gauche (de façon à observer la disponibilité de la ration et le remplissage du rumen) et en plongée sur le couchage des animaux », explique Alexandre. Les caméras timelapse captent des images avec un intervalle de temps programmé. Cette succession de photos donne un film qui fait apparaître des comportements ou des mouvements trop lents pour être perçus à l’œil nu. « L’outil est très pédagogique car l’éleveur, pris dans ses tâches quotidiennes, ne distingue pas toujours les dysfonctionnements dans son troupeau. Les recommandations du conseiller sont une chose, mais quand il voit à l’écran que toutes ses vaches ne s’abreuvent pas suffisamment, qu’elles ne mangent pas assez ou qu’elles manquent de repos, cela marque énormément », note Alexandre.

Outre la disponibilité de la ration, la fréquentation des points d’eau, les durées de couchage, la circulation des animaux, la caméra permet d’observer le comportement à l’auge, notamment les phénomènes de tri. On distingue clairement les vaches qui prennent la ration dans l’auge et relèvent aussitôt la tête pour mastiquer et ingérer le bol alimentaire, et d’autres qui s’évertuent à fouiller la ration avec le museau, allant jusqu’à lécher le béton de l’auge. Ces dernières passent beaucoup plus de temps au cornadis où elles sollicitent leurs aplombs, engendrant de la fatigue supplémentaire. En triant ainsi la ration, la vache recherche les particules fines, ce qui contribue à l’instabilité du rumen et au risque d’acidose. « Et à chaque repousse de la ration, on accentue ce phénomène de tri », ajoute Alexandre.

Une nouvelle grille de 40 mm sur le tamis

Une ration est triable par les animaux lorsqu’elle contient trop de fibres grossières. Elle ne devrait pas dépasser 30 % de particules supérieures à 19 mm. Mais Rhône Conseil Élevage propose une mesure plus précise en ajoutant une grille supplémentaire de 40 mm au tamis Pennstate. Pour observer toujours ce relevé de tête caractéristique d’une vache qui ne trie pas, la ration ne doit pas contenir plus de 14 % de particules supérieures à 40 mm. Or, l’ensilage d’herbe ou le foin présentent une forte proportion de fibres longues (plus de 80 % de particules au-delà de 19 mm dans les mesures). « Il faut absolument précouper ces fibres avec des couteaux efficaces et réaliser un ensilage plus fin à 2 cm. S’ajoutent les autres fondamentaux pour obtenir un fourrage appétent : une bonne conservation, une matière sèche comprise entre 30 et 40 %, un mélange homogène et limiter l’ajout de paille. »

Dominique Grémy
Poussée. Quand il manque du fourrage ou pour trier, la vache pousse très fort sur le cornadis et sollicite ses membres. © Rhône Conseil Élevage
Lever de tête. Caractéristique d’une vache qui ne trie pas la ration quand les particules supérieures à 40 mm ne dépassent pas 14 %. © Rhône Conseil Élevage
Tri. La vache fouille dans la ration à la recherche des particules fines (les concentrés) avec un risque d’acidose. © Rhône Conseil Élevage
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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