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Les règles d’or pour révéler tout le potentiel laitier

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Le pH ruminal. Un déficit énergétique maîtrisé en début de lactation passe par le maintien d’un pH proche de la neutralité. L’apport quotidien de bicarbonate de sodium peut se révéler nécessaire pour ­pallier le déficit en fibres efficaces. © Jean-Michel Nossant

Essentiel. La dégradation du nombre de jours en lactation et l’instabilité des fermentations du rumen dans le post-partum handicapent l’efficacité de la ration et la performance économique de trop d’élevages laitiers.

«Vous n’utilisez pas complètement le potentiel de vos vaches. Une prim’holstein a un patrimoine génétique qui lui permet de produire au moins 9 500 kg quand la moyenne de la race n’est qu’à 8 000 kg. Un manque à produire de 640 €/vache soit 64 000 € pour un troupeau de 100 vaches », affirme Daniele Castellani, vétérinaire dans le Rhône, consultant en nutrition...
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«Vous n’utilisez pas complètement le potentiel de vos vaches. Une prim’holstein a un patrimoine génétique qui lui permet de produire au moins 9 500 kg quand la moyenne de la race n’est qu’à 8 000 kg. Un manque à produire de 640 €/vache soit 64 000 € pour un troupeau de 100 vaches », affirme Daniele Castellani, vétérinaire dans le Rhône, consultant en nutrition et reproduction bovine, et invité à une journée technique organisée par Solvay. Cette valorisation insuffisante de la génétique est liée en grande partie aux mauvaises performances de reproduction, et en particulier à la détérioration du nombre de jours en lactation, le JEL. Il s’agit de la moyenne du nombre de jours en lactation des vaches du troupeau. Autrement dit, le stade moyen de lactation.

190 jours de JEL, c’est beaucoup trop !

Ce JEL approche les 190 jours chez les vaches prim’holsteins. En cause, un allongement de l’intervalle vêlage-vêlage (IVV) qui avoisine les 429 jours. Et c’est encore pire quand le niveau de production augmente : 458 jours d’IVV à 10 500 kg/vache. En clair, il n’y a pas dans les troupeaux un nombre suffisant d’animaux proches du pic de lactation. « Dommage, car c’est au début de la lactation que la vache produit le plus d’hormones favorables à la sécrétion laitière : somatotropine et prolactine. Aux États-Unis, on utilise les injections de BST pour gagner des kilos de lait supplémentaires. Chez nous, il faut jouer sur le profil hormonal des vaches en ayant un maximum d’animaux en début de lactation qui produisent naturellement un maximum d’hormones », ajoute Daniele Castellani.

Il rappelle aussi que la vache fournit 50 % de sa production annuelle dans les cent premiers jours de sa lactation, période où l’efficacité de la ration est à son maximum. Avec des vaches en moyenne à 6,5 mois de lactation (JEL de 190 jours), la perte économique est importante. « Il ne faudrait pas excéder 165 jours de JEL. J’ai l’exemple d’un troupeau de 65 vaches laitières qui a abaissé le JEL de 190 à 165 jours. La production par vache a gagné 1,5 kg par jour. Cela se traduit par 11 000 €/an sans engager aucuns frais supplémentaires. » Mais pour atteindre cet objectif, l’IVV doit impérativement être inférieur à 410 jours. Alors pourquoi est-ce si difficile d’y parvenir ?

Déficit énergétique et confort des animaux mal maîtrisés

« Les contre-performances reproductives de la vache laitière sont à rechercher dans un cercle vicieux entre le déficit énergétique après vêlage et le management de la reproduction », explique Daniele Castellani. Sachant qu’il faut 2,5 à 2,7 IA par gestation, la mise à la reproduction doit se faire à 55 jours. Quant à la maîtrise du déficit énergétique post-partum, elle suppose d’optimiser les fermentations du rumen. « Je peux ajouter le confort animal, notamment en fin de gestation. Les animaux sont plus lourds et sécrètent une hormone, la relaxine, qui les rend très sensibles à l’inconfort et aux traumatismes. Cela induit une baisse de l’ingestion qui compromettra la production laitière à venir. Donc, on ne loge pas une vache tarie comme une vache en production. »

Concilier production d’acides gras et pH

Les besoins en énergie augmentent de manière exponentielle après le vêlage et ni la fonte graisseuse ni l’alimentation n’arriveront à combler le déficit énergétique. Alors il faut faire en sorte de le contenir. Tout l’enjeu d’une reproduction réussie est là. Il s’agit d’optimiser les fermentations cellulolytiques et amyolytiques. C’est-à-dire augmenter cette biomasse microbienne, source de protéines hautement digestibles dans l’intestin et productrices des acides gras volatils (AGV) issus de la digestion des glucides et précurseurs énergétiques. « Mais il faut concilier deux impératifs antinomiques : la production d’acide propionique qui acidifie le rumen et le maintien d’un pH autour de 6,2 pour que les bactéries conservent une activité optimale. Sinon, c’est la subacidose. On estime qu’une vache est en subacidose si le pH du rumen est à moins de 5,5 pendant trois ou quatre heures. 20 à 40 % des vaches françaises en souffriraient, mais le diagnostic reste difficile à établir. »

Réussir cette alchimie subtile suppose de jouer sur la nature physique et chimique de la ration. L’apport suffisant de fibres efficaces stimule la rumination, donc la production naturelle de substances tampons par la salive. Mais pendant le post-partum, avec une ingestion limitée, l’apport quotidien de bicarbonate de sodium (250 g par vache laitière) apparaît indispensable, surtout sur les animaux fragiles : stressés, primipares, en cas de compétition à l’auge et d’inconfort dans le bâtiment, ou avec une transition alimentaire brutale.

Dominique Grémy
Intervalle vêlage-vêlage. La reproduction est la colonne ­vertébrale de la production laitière. Avec un IVV à plus de 410 jours, le stade moyen de lactation est beaucoup trop élevé. Conséquence : le statut hormonal du troupeau n’est pas favorable à la production. © Jérôme Chabanne
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