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Les maïs ensilages 2020 ne s’en sortent pas si mal

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Ration. 0,01 d’UFL en moins et un encombrement en augmentation (+ 0,01) par rapport à 2019, équivalant à - O,5 kg de lait par VL pour une ration à 12 kg MS/jour © SéBASTIEN CHAMPION

Bilan de campagne. Arvalis conclut à une année correcte sur la façade ouest en rendement et qualité, grâce au retour des pluies en août. Les régions du Centre et de l’Est ont été très affectées par la sécheresse mais préservent la qualité des fibres.

Les surfaces cultivées en maïs fourrage son remarquablement stables depuis vingt ans, avec 1,4 million d’ha. La répartition sur le territoire n’évolue pas non plus, avec une dominante sur le quart nord-ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Normandie et Hauts-de-France).
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Les surfaces cultivées en maïs fourrage son remarquablement stables depuis vingt ans, avec 1,4 million d’ha. La répartition sur le territoire n’évolue pas non plus, avec une dominante sur le quart nord-ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Normandie et Hauts-de-France).

La campagne 2020 avait très bien commencé, avec des températures favorables en avril qui ont permis des semis précoces et de bonnes conditions de démarrage. Des sommes de températures supérieures à la moyenne et un mois de juin arrosé ont permis un développement de la biomasse, surtout pour les semis précoces. Notons que les corvidés sont aujourd’hui les premiers ravageurs du maïs. Arvalis insiste aussi sur la progression de la sésamie au nord de la Loire et sur la progression de la résistance des graminées aux herbicides.

Des rendements de 5 à 20 t de MS/ha

La floraison des maïs s’est étalée du 10 juillet à début août sur une période de fort déficit hydrique. L’impact sur le nombre de grains a été important. Ensuite, c’est le retour des pluies en août qui a fait la différence entre les régions. Un stress hydrique qui se prolonge jusqu’en septembre, avec de fortes températures sur le Centre, le Nord-Est et la région Rhône-Alpes, a pu conduire à des rendements très faibles, de l’ordre de 5-6 t de MS/ha. À l’inverse, la bordure maritime du Nord-Ouest a été relativement épargnée par le déficit hydrique et a pu obtenir, dans de bonnes conditions, des rendements remarquables de 18 à 20 t de MS/ha. Arvalis constate aussi que les semis précoces d’avril s’en sortent beaucoup mieux. Leur développement végétatif et racinaire plus important a permis de mieux supporter le déficit hydrique.

Les récoltes d’ensilage se sont étalées du 20 août au 20 octobre, pour un rendement moyen national de 11,9 t de MS/ha, légèrement inférieur à la moyenne des cinq dernières années (12,4 t/ha). Cette moyenne cache une grande disparité entre régions : 15,3 t/ha dans le Nord-Pas-de-Calais et 13 t/ha en Bretagne, contre 7,2 t/ha en Bourgogne et dans le Centre, et 8,2/ha en Rhône-Alpes.

Toujours des dérapages sur la MS

Se basant sur 11 600 analyses, Arvalis a dressé un bilan de la composition chimique et de la valeur alimentaire des ensilages de maïs 2020. Le niveau de matière sèche moyen s’établit à 33,7 %, pas très éloigné des recommandations. Les maïs se sont desséchés très vite début août, ensuite le retour des pluies sur la façade ouest a pu calmer le jeu, avec des plantes qui se sont réhumectées. Arvalis remarque que plus d’un tiers des chantiers se sont faits à plus de 35 % de MS. Ce sont bien sûr des appareils végétatifs très secs fréquents dans le Centre et en Rhône-Alpes mais aussi des récoltes trop tardives en zones favorables où l’avancement du grain a surpris les éleveurs.

Les grains pas toujours présents

La teneur moyenne en amidon est de 28,3 %, inférieure de 1,4 point à 2019. Là aussi, l’hétérogénéité est très forte entre régions. La qualité de la fécondation, donc le nombre de grains puis leur remplissage, est très variable. Sans surprise, la bordure de Manche affiche des niveaux très élevés, avec plus de 30 % d’amidon. À l’inverse, dans le Centre-Ouest et le Centre-Est, 50 % des maïs ensilés sont inférieurs à 25 % d’amidon (et 5 % d’entre eux sont à moins de 10 %). « Là où le stress hydrique a été marqué, il n’est pas rare de trouver des ensilages à plus de 35 % de MS avec moins de 25 % d’amidon, qui seront compliqués à utiliser et avec un risque de pertes liées à une compaction insuffisante du silo amenant à une forte porosité du front d’attaque », note Arvalis.

La digestibilité des fibres sauve la mise

La bonne surprise pour ces ensilages 2020 vient de la digestibilité tige-feuilles (dNDF) : à 53 %, elle est supérieure de 1 point à celle de 2019. Sur ce critère, c’est la région Centre-Est, très affectée par la sécheresse, qui affiche le meilleur résultat. Les chantiers très précoces ont abouti à un cycle plus court de la plante, donc une lignification moindre. « Les maïs stressés ont aussi tendance à moins lignifier », ajoute Arvalis. Cela se vérifie avec les maïs de la bordure maritime, qui ont connu de bonnes conditions mais ont été récoltés plus tard, avec une dNDF plus faible que la moyenne. Cette digestibilité tige-feuilles sera le seul lot de consolation dans les régions où le rendement a été très diminué par les conditions climatiques.

Une résilience indéniable

Finalement, la valeur énergétique moyenne est de 0,91 UFL/kg de MS, inférieure de 0,01 point à celle de 2019. Nous retrouvons toujours des variations importantes, avec 37 % des ensilages qui affichent moins de 0,90 UFL. Mais les différences entre régions sont plus faibles sur ce critère énergétique, avec cette digestibilité tige-feuilles intéressante dans les zones touchées par le déficit hydrique. La différence reste cependant très marquée sur le rendement UFL/ha, avec plus de 11 000 UFL par ha sur la bordure maritime du Nord-Ouest et moins de 8 000 sur l’ensemble du Centre, de la Bourgogne et de Rhône-Alpes.

Cela fait maintenant plusieurs années que l’écart se creuse entre les régions très favorables aux maïs et les zones intermédiaires­. Mais même en conditions très sèches et caniculaires, le maïs a montré une certaine résilience : 7-8 t de MS/ha, c’est déjà ça, et c’est souvent mieux que des dérobées estivales dans les mêmes conditions. D’autant que la qualité de ces ensilages de maïs récoltés tôt a souvent été préservée.

Dominique Grémy
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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