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Le logiciel Rumin’al à l’épreuve du terrain

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Ration. Systali remplace désormais les normes Inra 2007. BCEL Ouest a intégré cette nouveauté pour conseiller les éleveurs venus faire analyser leurs fourrages.

Les rencontres d’automne de BCEL Ouest présentaient cette année une nouveauté. Tous les ans avant l’hiver, les adhérents sont invités à venir faire analyser leurs échantillons de fourrages afin de connaître leur valeur et recevoir des conseils pour élaborer leur ration. Avec l’arrivée du nouveau rationneur Rumin’al, basé sur les normes Systali de l’Inra, l’approche du rationnement a changé...
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Les rencontres d’automne de BCEL Ouest présentaient cette année une nouveauté. Tous les ans avant l’hiver, les adhérents sont invités à venir faire analyser leurs échantillons de fourrages afin de connaître leur valeur et recevoir des conseils pour élaborer leur ration. Avec l’arrivée du nouveau rationneur Rumin’al, basé sur les normes Systali de l’Inra, l’approche du rationnement a changé.

Cette révision des normes se justifie par les avancées de la recherche et la volonté de mieux prendre en compte les évolutions sur le terrain. Comme BCEL Ouest, 24 Ecel ont travaillé avec l’Inra au développement de ce nouvel outil. Les conseillers de BCEL Ouest ont été formés à l’automne. Concrètement, les échantillons de fourrages sont toujours analysés par infrarouge (système Aginir), dans un premier temps. Cela permet de connaître leur valeur chimique et alimentaire (UFL, PDI, encombrement, etc.).

Prendre en compte les interactions digestives

Ces informations sont ensuite intégrées dans le nouveau logiciel. Par exemple, on sait désormais que la capacité d’ingestion varie avec la teneur en azote de la ration : un effet ignoré par les anciennes normes. De même, la taille des particules joue sur l’encombrement. Et la vitesse de transit influence la valorisation finale des aliments. Dans l’ancien système, cette vitesse était supposée constante. Or, un transit rapide réduit le temps de séjour dans le rumen et donc les quantités d’azote et d’énergie qui y sont dégradées. Les valeurs UF baissent, tandis que les PDIE augmentent. C’est l’inverse avec un transit lent.

Le nouveau modèle de rationnement prend en compte les interactions digestives. Il calcule aussi un nouvel indicateur, la balance protéique du rumen (BPR). Il reflète l’état de la nutrition azotée du rumen et traduit ainsi la capacité de la ration à bien faire fonctionner la flore du rumen. En clair, il s’agit d’estimer si les microbes ont suffisamment d’azote soluble et d’énergie pour valoriser la ration.

Le niveau d’ingestion, la proportion de concentré et la BPR ont un impact direct sur la DMO (digestibilité de la matière organique) de la ration. Finalement, les valeurs alimentaires sont égales à la somme pondérée des valeurs des aliments, avec en plus ou en moins les interactions. Le fonctionnement du rumen est mieux pris en compte, et la production de lait prévue par le modèle est donc modifiée. Ainsi, jusque-là, l’impact calculé d’un kilo de soja sur la production laitière était toujours le même. On sait aujourd’hui que le premier kilo est plus efficace que les suivants. Systali en tient compte en mesurant l’efficacité de l’utilisation des protéines.

Pas de révolution mais un conseil plus précis

Les estimations des besoins des animaux s’affinent également, qu’il s’agisse de l’entretien ou de la production. La mobilisation des réserves corporelles est mieux évaluée, ce qui permet d’être plus proche de la réalité.

« Systali ne révolutionne pas le conseil, mais nous permet d’être plus précis », souligne Stéphane Saillé­, directeur technique et innovations chez BCEL Ouest. Selon lui, les évolutions sont intéressantes pour les taries et les génisses. Des différences sont attendues aussi en début de lactation ou pour les vaches très productives. « Les prédictions de production évoluent avec le système Systali, que ce soit pour les UF ou les PDI. Les prévisions obtenues reflètent bien la réalité du terrain comme le confirment les premiers retours. » Ces nouvelles informations sont données instantanément aux éleveurs qui apportent leurs échantillons de fourrages. Et l’on voit qu’elles traduisent bien la réalité. Gilbert­ Gapaillard, éleveur à Quessoy, dans les Côtes-d’Armor, est venu faire analyser ses fourrages. Son ensilage d’herbe a une BPR à -18, ce qui est faible. « Je n’ai pas pu la récolter au bon stade à cause de la pluie », se souvient-il. Il faudra donc en tenir compte dans la ration, en ajoutant de l’azote. Gilbert a un troupeau de prim’holsteins à 8 500 kg de lait. « Je suis monté jusqu’à 9 000 mais j’ai fait mes calculs. Ma référence se compose de 600 000 litres de lait A et 250 000 en B. Je cherche d’abord à faire de la marge. » Son conseiller d’élevage, Laurent Restif­, saisit les données dans Rumin’al. Instantanément, il voit le lait permis à l’auge (ration de base) et le lait moyen (avec la part des concentrés). Une distinction qui n’existait pas dans l’ancien système.

L’analyse technique de la ration apparaît aussi très rapidement, avec un code couleur qui permet de repérer en un coup d’œil les éventuels points à corriger : amidon, MAT, BPR et efficacité des PDI. Dans le cas de Gilbert, seule la BPR n’est pas dans le vert. « Je sais qu’il ne va pas augmenter la complémentation, afin de maîtriser son coût alimentaire. Je lui propose donc de mettre un peu plus de colza dans la ration de base, pour compenser la faiblesse de l’ensilage d’herbe et remonter la BPR », explique Laurent.

De nouveaux repères

C’est ce qu’il aurait sans doute fait dans la même situation l’an dernier. « On prenait surtout en compte les UFL car on ne connaissait pas l’efficacité des PDI. Aujourd’hui, on regarde davantage la teneur en MAT. » Vérification faite avec Systali, l’ajout de colza ne corrige pas la BPR. Laurent trouve alors la solution avec 50 g d’urée. L’impact sur le coût de la ration est nul : il s’établit à 2,09 €/vache/jour. Cette option va convenir à l’éleveur.

« Rumin’al est plus complet et plus ergonomique que l’ancien système. Tout se passe en direct, et en phase avec les objectifs de l’éleveur, c’est passionnant », s’enthousiasme le conseiller. Il précise que pour des élevages qui visent des productions élevées – au-delà de 10 000 kg –, les changements induits par Systali sont plus importants.

Le système fournit aussi quelques informations sur l’impact environnemental de la ration, émissions de méthane et rejets d’azote notamment. Pour l’instant, ces données ne sont pas prioritaires dans le conseil. Mais elles permettent à ceux que cela intéresse de se faire une idée.

Pascale le Cann
Conseil. Gilbert Gapaillard
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