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« La betterave est une source d’intensification en bio »

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Mathieu, Claude et Jérôme Orbion ont investi dans du matériel d’occasion : un semoir (600 €), un attelage tracteur + effeuilleuse à l’avant et arracheuse à l’arrière (8 000 €), et une chargeuse (900 €). © J. Pezon

Fourrages. Dans un contexte 2020 très séchant en Lorraine, les associés du Gaec des Terres Froides ont récolté entre 7 et 8 tonnes de MS par hectare de betteraves, le complément idéal d’une ration hivernale à base de foin.

Comme son nom l’indique, le Gaec des Terres Froides, sur le plateau barrois, ne bénéficie pas de conditions agronomiques optimales : des terres argileuses, caillouteuses et de faible profondeur. En 2020, malgré une pluviométrie de seulement 3 mm en juillet et de 6 mm en août, les associés ont pu récolter 35 à 40 t brut/ha le 20 novembre. « Nous avons attendu autant que possible pour maximiser le tonnage...
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Comme son nom l’indique, le Gaec des Terres Froides, sur le plateau barrois, ne bénéficie pas de conditions agronomiques optimales : des terres argileuses, caillouteuses et de faible profondeur. En 2020, malgré une pluviométrie de seulement 3 mm en juillet et de 6 mm en août, les associés ont pu récolter 35 à 40 t brut/ha le 20 novembre. « Nous avons attendu autant que possible pour maximiser le tonnage, même si c’est un risque en terres argileuses, explique Mathieu. Après l’été, les betteraves ont su profiter du retour des pluies au mois d’octobre pour produire de la biomasse en très peu de temps. »

« Une meilleure reprise d’état après vêlage »

À titre de comparaison, les associations dactyle-luzerne ont produit cette année 5 tMS/ha en deux coupes avant l’arrêt de la pousse. « Dans ce contexte climatique, la betterave contribue à sécuriser les stocks. La forte production d’UF/ha est aussi une source d’intensification de notre modèle bio, très complémentaire du foin en hiver. » La création d’un atelier de transformation à la ferme a en effet conduit à arrêter l’ensilage d’herbe.

Ainsi, la ration hivernale distribuée deux fois par jour comprend 3 kg MS de betterave, du foin de luzerne dactyle à volonté et 3 kg de mélange céréa­lier aplati (orge, triticale, pois fourrager), soit une production annoncée de 20 litres/VL/jour à 42 de TB et 33 de TP, avec un troupeau en vêlages étalés.

« L’intégration de la betterave depuis huit ans, en substitution d’une ration ensilage d’herbe + foin, a entraîné un gain de production, une amélioration du TP qui participe à la fromageabilité du lait, et une meilleure reprise d’état des animaux après vêlage », souligne Claude. Dans l’attente des résultats d’analyse, le manque d’eau se traduit cette année par des racines plus petites et plus dures. « Les génisses ont plus de difficultés à les croquer », constate Mathieu. Si quelques ronds de jaunisse ont été observés aux champs, l’impact sur le rendement semble réduit. « La rotation, la présence d’auxiliaire permise par l’implantation de haies offrent des moyens de prévention. Le manque d’eau est un problème bien plus important que la jaunisse. »

« La maîtrise du salissement est la clé de la réussite »

Ici, trois variétés ont été associées : une sucrière-fourragère (Viridis) et deux fourragères-sucrières (Montbrun et Splendide). Pour rappel, ce sont des variétés à taux de matière sèche plus élevé que les fourragères classiques. C’est un moyen d’augmenter la productivité et la production d’UF/ha. Mais elles ont tendance à être plus dures. Au-delà de 23 % de MS, il est souvent conseillé de les hacher avant distribution. Dans la rotation, la betterave vient après une luzerne et avant un semis de céréale d’hiver. « Le précédent luzerne apporte des reliquats azotés et permet une meilleure maîtrise du salissement. C’est le point clé de la réussite. » Après le labour d’automne et l’apport de 15 t de fumier, puis un faux semis de printemps, l’implantation des 4 ha se fait selon deux modalités :

un semis précoce sur 2 ha, début avril, afin d’éviter le coup de chaud, à 110 000 pieds/ha. « Le lit de semences doit être fin pour assurer un bon contact graine-sol. » À l’aide d’une ancienne bineuse à maïs dont l’écartement a été réduit à 45 cm, un binage est réalisé dès la levée, et un second au stade 8 feuilles ;

une plantation en mini-mottes, fin avril, à raison de 60 000 plants/ha (2 000 €/ha), à l’aide d’une repiqueuse à pince qui nécessite la présence de pas moins de sept personnes. « C’est un achat de sécurité qui assure un peuplement plus régulier face à la concurrence des adventices. La levée des betteraves est lente et on peut se retrouver vite débordé, surtout si le printemps est humide. En 2019, les betteraves repiquées ont produit presque le double. »

La récolte est réalisée à l’aide d’un attelage comprenant une effeuilleuse à l’avant et une arracheuse 6 rangs à l’arrière, qui laisse des andains au sol pendant plusieurs jours (photo ci-contre). Cela permet à la terre de sécher et de se détacher des racines avant ramassage. La récolte est ensuite stockée sous un hangar, sans protection, sauf fortes gelées (- 10 °C).

« Il faut rester attentif à l’échauffement du tas, surtout avec des petites racines et s’il y a beaucoup de terre. » Pour des raisons de conservation, la betterave est distribuée jusqu’à la mise à l’herbe, « au-delà, les racines commencent à noircir ». À noter qu’une clôture a été installée afin de protéger la culture contre les cervidés.

Jérôme Pezon
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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