S'abonner
Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Foin-regain : un duo lactogène à distribuer avec doigté

réservé aux abonnés

 - -->

Fibrosité. Si les foins et regains du massif jurassien s’annoncent, pour beaucoup, très complémentaires pour « traire du lait  », gare au peu de fibrosité de ce mélange.

Après une année 2018 marquée par une sécheresse estivale qui avait vidé les granges, les producteurs du massif jurassien étaient dans les starting-blocks pour la saison de fenaison 2019. Et ils ont été nombreux à sortir tôt les faucheuses, profitant d’une jolie séquence de beau temps fin mai et début juin. Résultat : une première coupe globalement de qualité.
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
8%

Vous avez parcouru 8% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

Après une année 2018 marquée par une sécheresse estivale qui avait vidé les granges, les producteurs du massif jurassien étaient dans les starting-blocks pour la saison de fenaison 2019. Et ils ont été nombreux à sortir tôt les faucheuses, profitant d’une jolie séquence de beau temps fin mai et début juin. Résultat : une première coupe globalement de qualité.

Bon niveau UFL des foins récoltés en mai

On retrouve, pour ces premiers foins réalisés en mai, un niveau intéressant de digestibilité de la matière organique (dMO) avec, à la clef, une bonne valeur UFL. Dans le Doubs, les 26 analyses effectuées sur ces foins révèlent une dMO moyenne de 68 % et de 0,82 UFL (0,78 UFL à moins de 500 m, 0,84 UFL de 700 à 900 m).

Ceux récoltés fin mai en plaine dans le Jura titrent un peu moins haut, à 62,6 % de dMO et 0,73 UFL. On retrouve aussi sur ces foins un taux de sucre élevé : 165 g/kg de MS dans le Jura en plaine, 150 à 170 selon l’altitude dans le Doubs.

L’autre partie des foins fauchés autour de la mi-juin n’est pas du même acabit sur le plan énergétique. Illustration dans le Doubs, avec une dMO qui tourne tout juste à 60 % et une valeur UFL un ton en dessous, à 0,69. On retrouve des valeurs similaires pour les foins jurassiens de la petite montagne et des plateaux faits début juin (0,71 à 0,72 UFL/kg de MS).

8 à 10 % de MAT selon les dates de fauche

On observe la même variabilité sur les taux de MAT en fonction de la date de fauche de ces différents foins. La moyenne dans le Doubs, à 10,2 % de MAT (sur 48 échantillons­), masque de forts écarts. Ceux de mai offrent un niveau très correct à 10,9 % de moyenne (10 % à moins de 500 m d’altitude, près de 9 % de 500 à 700 m, presque 12 % de 700 à 900 m) et s’accompagnent d’un bon niveau de protéines digestibles (72 de PDIN, 85 de PDIE). Ce n’est pas le cas des foins du début juin dont le taux de MAT tourne seulement à 8,3 % avec moins de protéines digestibles (55 de PDIN, 72 de PDIE).

Les 84 analyses de foin réalisées dans le Jura révèlent une valeur azotée moyenne un peu plus modeste de 8,5 %, mais des différences importantes entre zones. Les foins de la plaine, de la petite montagne et des plateaux fauchés fin mai-début juin tournent de 7,6 à 8,1 % de MAT, avec un niveau modeste similaire de 49 à 52 de PDIN (70-71 de PDIE). Ceux de Salins-Nozeroy, toutefois, titrent 9,4 % de MAT, 61 de PDIN et 76 de PDIE.

Faible fibrosité générale des foins

Dans le Doubs comme dans le Jura, ces foins fauchés tôt, après un printemps un peu froid qui a ralenti la pousse, ont néanmoins un point commun. Logique contrepartie de leur bonne valeur énergétique, ils manquent de structure, avec un taux de cellulose brute qui titre autour de 25-28 %. Seuls les foins récoltés pendant la seconde séquence de beau temps, entre le 10 et le 20 juin, montrent une fibrosité plus classique pour une première coupe, autour de 30 % de cellulose, mais avec une valeur énergétique moindre.

Des troisièmes coupes « top qualité »

La bonne surprise de cette saison 2019 est, pour ceux qui ont pu en faire, la qualité des regains et surtout des troisièmes coupes. Certes, les quantités récoltées sont très hétérogènes : cet hiver, certains éleveurs pourront en donner jusqu’à 6 kg/VL, d’autres tout juste 4 kg. Mais le pire a été évité après les pluies tombées juste à temps, à partir de la mi-août, pour éviter le scénario de 2018. Sur la base des 38 analyses réalisées dans le Jura, ces deuxième et troisième coupes s’annoncent assez – voire très – lactogènes, et très complémentaires des valeurs alimentaires des foins. Ils titrent respectivement 14,4 et 16,5 % de MAT, pour 0,77 et 0,86 UFL. Mais vigilance extrême sur leur fibrosité, à 24,8 et 22 % de cellulose brute.

Deux conseils pratiques

Attention à l’ingestion et au phénomène de gros repas. Avec ces foins fibreux qui rappellent ceux récoltés en 2017, il faudra gérer la distribution des repas avec doigté, cet hiver, s’accordent à dire Louise Crépeau, de Conseil Élevage Doubs-Territoire de Belfort, et Vincent Mamet, d’Eva Jura. « Il faudra faire attention à l’ingestion, et au phénomène des gros repas qui peut avoir un impact sur la digestion de la fibre, prévient Louise Crépeau. Le risque est que, comme avec les foins 2017 qui étaient aussi de bonne qualité, les animaux en ingèrent beaucoup en peu de temps, sans la valorisation attendue au bout. »

« L’idéal, pour ceux qui ont fait des foins plus tardifs mi-juin, serait de distribuer cette première coupe plus fibreuse en début de bol alimentaire. Et le reste du mélange foin-regain ensuite, complète Vincent Mamet. Si ce foin plus fibreux manque, il est important de bien évaluer ce que les animaux mangent pour ne pas trop donner de ce foin très appétent et limiter le gaspillage, à défaut de quoi on diminue l’efficacité alimentaire. »

Faire confiance aux fourrages. Des foins très appétents, aux valeurs UFL intéressantes, des regains et surtout des troisièmes coupes riches en MAT qui rattrapent parfois la faiblesse de certains foins : les fourrages 2019 du massif jurassien montrent une complémentarité parfaite.

Sous réserve de bien gérer le peu de fibrosité de ce duo, il y a là matière à faire du lait, sans avoir la main lourde sur les concentrés. « Si foin et regain sont en quantité suffisante, il sera possible de viser une ration de base couvrant, sans concentrés, 13 à 14 l de lait », explique Louise Crépeau. Dans cette situation, avec un duo foin-regain lactogène, nul besoin, selon Vincent Mamet, de « cibler des sources énergétiques rapidement fermentescibles, de type blé ou triticale. Privilégiez l’orge et le maïs. Idem sur le concentré azoté : un tourteau plus soluble se justifie moins. Choisissez un mélange à base de soja plutôt que de colza. Une pulpe de betterave, avec ses 15 % de cellulose brute, pourra aussi être incorporée à l’aliment énergétique pour sécuriser la ration totale ».

En revanche, si le stock de regain est plus juste, il faudra savoir corriger le manque d’azote soluble du foin pour que le rumen tourne bien.

Jean-Michel Vocoret
AOP comté. Veiller à rester dans les clous

Alors qu’en ce début d’automne, la production laitière est bien au rendez-vous, Vincent Mamet, d’Eva Jura, met en garde les éleveurs de l’AOP comté. Ils sont en effet soumis au respect d’une référence individuelle de lait/ha de SFP, un quota de production, donc, auquel l’interprofession du comté est aujourd’hui très attentive. Là où il y a de l’avance, à la veille d’aborder l’hiver, les producteurs ont deux solutions pour rester dans les clous : réduire leur effectif ou revoir à la baisse leur objectif de production individuel par vache. Dans cette optique, les foins-regains 2019 ont tout pour faire du lait. Si l’on évite d’avoir la main trop lourde sur les concentrés…

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
En direct
Afficher toutes les actualités

Dans la même rubrique

Sélectionné pour vous

Sélection bovine des taureaux et des hommes

45€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Maladies parasitaires du mouton 4ème edition

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER