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Ensilages d’herbe, des premières coupes de qualité

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Chantier. L’apparition du coup de sec de plus en plus tôt en saison renforce l’intérêt pour les fauches précoces. © j.pezon

Fourrages. Malgré un début de printemps froid, les fauches précoces ont permis de récolter un fourrage de qualité, mais aussi d’avoir un temps de repousse suffisant afin de réaliser des deuxièmes coupes avant le coup de sec de l’été.

Dans les Pays de la Loire, les éleveurs ont su profiter d’une fenêtre météo favorable pour faire des premières coupes précoces de RGI, entre le 5 et le 15 avril. Pourtant, la valeur moyenne de 13 % de MAT des ensilages analysés par Seenovia est relativement basse. « Cela peut s’expliquer par un manque de chaleur, à l’origine d’une moindre minéralisation de l’azote à des pé...
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Dans les Pays de la Loire, les éleveurs ont su profiter d’une fenêtre météo favorable pour faire des premières coupes précoces de RGI, entre le 5 et le 15 avril. Pourtant, la valeur moyenne de 13 % de MAT des ensilages analysés par Seenovia est relativement basse. « Cela peut s’expliquer par un manque de chaleur, à l’origine d’une moindre minéralisation de l’azote à des périodes clés de la pousse de l’herbe », souligne Florian Blot, spécialiste fourrages de l’organisme de conseil.

Grand-Ouest  Vigilance sur la fibrosité

Dans le détail, ces fauches précoces sont très digestibles (dMO de 78 %) et d’une bonne valeur énergétique (0,92 UFL). « Cela permet d’intégrer de grandes quantités d’herbe sans déconcentrer la ration. On peut ainsi envisager de monter jusqu’à 50 % de la ration de base sans complémentation énergétique. Au regard de la valeur MAT moyenne, cette pratique autorise une baisse de l’ordre de - 1 kg de soja, par rapport à une ration 100 % maïs. » Le corollaire de la très bonne digestibilité de l’herbe jeune est une fibrosité limitée (24,6 % de cellulose brute). Sachant qu’il faut respecter une teneur globale en cellulose de 18 %, en fonction du profil du maïs, il pourra être nécessaire d’apporter un complément de fibres. « Si le maïs est comme celui de 2018, cela ne devrait pas poser de problèmes. »

Nord-Est Jusqu’à 50 % d’un fourrage digestible

En Lorraine, on trouve en majorité des ensilages de prairies naturelles. Malgré un début de printemps froid qui a retardé la première coupe de 5 à 10 jours par rapport à 2018, la qualité et les rendements sont au rendez-vous. « D’où l’intérêt de se référer aux sommes de températures et non aux dates pour piloter l’herbe, qu’il s’agisse des apports d’azote ou des chantiers de récolte », rappelle Jérôme Larcelet, conseiller nutritionniste chez Seenorest­. Ces repères sont importants car le coup de sec de l’été a tendance à intervenir de plus en plus tôt. « Cette situation valide l’intérêt des fauches précoces : une première coupe fin avril permet non seulement de ramasser une herbe de qualité, mais aussi, après quatre à cinq semaines de repousses, d’envisager une, voire deux autres coupes, avant l’arrêt de la pousse estivale. Aussi, dès que les sommes de températures sont atteintes, il ne faut pas hésiter à faucher, même s’il n’y a qu’une tonne et demie ou deux à récolter. » Dans la région, sur une centaine d’échantillons analysés par Seenorest, les ensilages faits entre le 1er et le 5 mai affichent une moyenne de 0,89 UFL, 13,8 % de MAT, 35 % de MS et 25,5 % de CB. « C’est un fourrage avec une bonne digestibilité (dMO de 70 %), bien équilibré, que l’on peut intégrer jusqu’à 50 % dans la ration des laitières. » Les prairies temporaires ensilées dans le Pas-de-Calais fin avril début mai ont des caractéristiques très similaires : 0,88 UFL, 14,2 % de MAT, 29 % de CB, 32 % de MS et une digestibilité de 69 %.

Massif central La fertilisation fait la différence

Dans le Puy-de-Dôme, les valeurs des premières coupes analysées par la chambre d’agriculture sont très correctes : 36 % de MS, 13,8 % de MAT, 0,86 UFL et une digestibilité de 71,6 %. « C’est un fourrage avec une bonne digestibilité (supérieure à 70 %). Il manque un peu d’énergie et de fibrosité, mais s’adaptera bien aux rations mixtes avec du maïs ou du foin », souligne Jean Zapata, conseiller en fourrages de l’EDE. Dans le détail, il y a cependant de fortes disparités : sur une trentaine d’échantillons, les valeurs varient de 0,71 à 1,04 UFL et de 9,3 à 18,1 % de MAT. Les premières coupes faites début mai, à une somme de températures comprises entre 600 et 650 °C, ont fourni des ensilages d’excellente qualité et ont parfois permis de réaliser une deuxième coupe avant l’été. Dans le département, en plaine comme en altitude, la campagne 2019 est de nouveau marquée par un fort déficit fourrager lié à des conditions climatiques n’ayant pas permis de faire les regains. « C’est pourquoi il faut se mettre en situation de ramasser tôt, avec suffisamment de volumes. Cela passe par la fertilisation. C’est-à-dire un apport d’azote minéral ou de lisier sur les parcelles de fauche avant le démarrage en végétation, jusqu’à une somme de températures de 200 °C. » La présence de légumineuses est aussi un moyen de fixer le maximum d’azote. À ce titre, le conseiller se dit « bluffé » par la résistance du lotier à la sécheresse : « Dans les prairies temporaires en sols acides, il représente une alternative à la luzerne. Avec la fétuque élevée, ce sont les espèces qui s’en sortent le mieux. Même si cette dernière est plus difficile à faire consommer au pâturage, elle a offert des repousses disponibles cet automne. »

Jérôme Pezon
Sanitaire. Un risque butyrique élevé

Les analyses réalisées dans le Puy-de-Dôme révèlent une teneur moyenne en cendres brutes de 10,1 %. Un chiffre qui indique la présence de terre dans les fourrages, malgré de bonnes condi­tions de récoltes. Cette situation est liée à deux facteurs : les taupes, et les contraintes de main-d’œuvre dans les systèmes tout herbe. « Avec des surfaces de fauche parfois très importantes, les éleveurs n’ont pas toujours le temps de programmer un premier passage de herse pour étaupiner, suivi d’un traitement contre les taupes (piégeage ou traitement chimique), souligne Jean Zapata, de l’EDE. Le risque de butyriques­ est élevé, car avec des ensilages à moins de 50 % de MS, il sera difficile de maintenir une qualité sanitaire du lait correcte à travers les pratiques de traites. » Pour mettre toutes les chances de son côté, le conseiller en fourrages rappelle que ce premier hersage doit être fait en sortie d’hiver, dès le démarrage en végétation, soit une somme de températures de 200 °C en se référant aux alertes diffusées par l’EDE.

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