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« En ration compacte, l’ingestion est stable toute la journée  »

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Fibrosité. explique Anthony Ripoche. © J. Pezon

Structure de la ration. La réussite du passage en ration mélangée compacte se joue dès la récolte, avec des fourrages finement coupés. La deuxième étape consiste à préparer au quotidien un bol alimentaire le plus homogène possible.

Depuis octobre 2018, les associés du Gaec Ripoche ont adopté la ration mélangée compacte (encore appelée compact feeding ou ration danoise), après une journée de formation avec Terrena. « Nous étions confrontés à des problèmes métaboliques récurrents, confirmés par la présence de grains de maïs dans les bouses, souligne Anthony. L’observation du comportement des animaux...
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Depuis octobre 2018, les associés du Gaec Ripoche ont adopté la ration mélangée compacte (encore appelée compact feeding ou ration danoise), après une journée de formation avec Terrena. « Nous étions confrontés à des problèmes métaboliques récurrents, confirmés par la présence de grains de maïs dans les bouses, souligne Anthony. L’observation du comportement des animaux à l’auge nous a alertés sur le phénomène de tri des aliments : les vaches fouillent dans la ration, où elles vont d’abord chercher le grain et le concentré. »

La ration mélangée compacte a permis de résoudre ce problème, et de gagner 3 litres de lait/VL, « sans modifier les ingrédients, grâce à la stabilité de la ration mise à disposition des animaux tout au long de la journée. Tout l’enjeu de la réussite est là ! »

« L’homogénéité et la finesse de la ration renforcent l’ingestion »

Pour rappel, le principe de la ration mélangée compacte consiste à brasser les différents ingrédients dans une importante quantité d’eau. Les aliments concentrés se délitent et adhèrent aux fourrages finement hachés (voir aussi L’Éleveur laitier n° 291). L’objectif : éviter le tri à l’auge et ainsi garantir à chaque repas et à chaque vache une prise alimentaire la plus homogène possible. L’enjeu est d’autant plus important lorsque le bâtiment est sursaturé, afin de ne pas trop pénaliser l’expression du potentiel des dominées.

La faible longueur de coupe des fourrages stimule l’ingestion. La stabilité du bol alimentaire réduit les à-coups fermentaires dans le rumen, contribuant ainsi à renforcer l’efficacité de la digestion. « De même, la présentation fine et compacte de la ration limite les entrées d’air dans le rumen, milieu anaérobie, et donc les phénomènes d’oxydoréduction. Cela contribue aussi à renforcer l’efficacité de la digestion par les bactéries cellulolytiques », précise Paul Nerrière, correspondant fourrages et nutrition des bovins chez Terrena.

« La longueur de coupe, clé majeure de la réussite »

La transition vers la ration compacte commence donc dès la récolte. « C’est la première clé de la réussite, souligne Anthony. C’est pourquoi, lors du chantier d’ensilage (réalisé en Cuma), il ne faut pas hésiter à arrêter la machine pour affûter les lames. » Les recommandations en matière de longueur de coupe sont : des brins de 3 à 4 cm pour l’ensilage d’herbe, l’enrubannage ou le foin et 6 à 7 mm maximum pour l’ensilage de maïs.

Cette longueur de coupe facilite le tassage au silo et donc à la fois la conser­vation et l’appétence.

Au Gaec, il y a toujours deux tracteurs dédiés au tassage du silo. De plus, les associés­ appliquent systématiquement un conservateur d’ensilage. C’est un moyen de prévention contre les reprises en fermentation et l’échauffement à l’auge d’une ration riche en eau, surtout à la saison chaude. Autres mesures de prévention contre l’échauffement : le respect d’un avancement de 15 à 20 cm/jour, et la netteté du front d’attaque.

« Plus le fourrage est sec, plus il faut ajouter d’eau »

La deuxième clé de la réussite est l’homogénéité de la ration distribuée à l’auge. Au Gaec, la préparation commence la veille au soir par la phase de trempage des concentrés dans la mélangeuse : 800 kg d’aliments concentrés­ non-OGM pour la filière Bleu-Blanc-Cœur (tourteau de colza en granulés­ + tourteau de soja en poudre + tourteau de lin en granulés + blé broyé) et de minéraux sont mis à tremper pendant la nuit dans 1 100 litres d’eau. Le lendemain matin, à 6 heures, l’éleveur ajoute d’abord le maïs épis, l’ensilage d’herbe puis l’ensilage de maïs, « toujours en dernier ».

La règle consiste à apporter 1 litre d’eau par kilo de concentré. Le temps de trempage dépend de la dureté de l’aliment concentré : de trois à quatre heures pour des granulés, jusqu’à douze heures pour des bouchons de pulpe déshydratée, et seulement quelques minutes pour du colza en poudre. « Au départ, j’ai appliqué la règle de 1 l/kg. C’était insuffisant : il se formait comme des boulettes de farine. Dans la pratique, il faut ajuster l’eau en fonction de la teneur en matière sèche de ses aliments : plus le fourrage est sec, plus il faut d’eau, prévient Anthony. Dans le mélange final, on ne doit pas voir les concentrés, mais des particules fines collées à la fibre. Il faut être précis sur ce point, sinon on risque d’aggraver les problèmes de pics d’acidose dans le rumen. » L’enjeu est d’atteindre un taux de matière sèche global de 36 %, sachant qu’au Gaec, le maïs dosait 36 % de MS et l’ensilage d’herbe 45 % de MS.

« Les vaches ne trient plus à l’auge »

Pour renforcer l’homogénéité du mélange, les éleveurs ont également soudé des ailettes aux deux doubles vis verticales de la mélangeuse. Les analyses réalisées par Terrena­ valident la qualité de leur travail : les valeurs alimentaires restent stables au fil de la journée (voir infographie). « Pendant la première semaine, les vaches semblaient perturbées et l’ingestion s’en est ressentie, avant d’augmenter progressivement, en même temps que l’efficacité alimentaire. Leur comportement à l’auge a changé : elles ne fouillent plus dans la ration, mais la mangent par le dessus (la ration est repoussée une fois par jour). Au final, l’amélioration de la production avec des ingrédients inchangés est bien le signe que le troupeau n’était pas à son optimum. »

Le jeune éleveur évoque également une diminution des boiteries et indique que son troupeau est plus calme. Cette dernière observation semble confirmée avec l’installation par Terrena­ de caméras dans la stabulation : elles montrent qu’une rotation a lieu tout au long de la journée entre l’auge et l’aire paillée. Cela va dans le sens des arguments avancés en faveur de la ration mélangée compacte, à savoir limiter les effets de compétitions au sein du troupeau grâce à la stabilité de la ration offerte à l’auge. Ainsi, ce mode de rationnement a permis cet hiver de maintenir un niveau d’étable de 35,5 kg de lait/VL, à 32,8 de TP et 38,7 de TB, avec un troupeau à une lactation moyenne de 6,2 mois. Pendant la saison de pâturage, avec 65 % de ration à l’auge, le niveau est de 32,2 kg de lait (voir encadré p. 48). « La ration mélangée compacte nous a permis de gagner du lait tout en améliorant l’état sanitaire avec très peu de changement. Cela ne coûte rien d’essayer. Mais il faut être précis. »

Jérôme Pezon
Préparation. Après le trempage, le mélange commence par l’introduction du maïs épis, suivi de l’ensilage d’herbe (6-7 cm) puis du maïs coupe fine (10 mm), soit au total vingt à vingt-cinq minutes de brassage à 1 000 tr/min. © J. Pezon
Trempage. 800 kg de concentrés sont mis à tremper dans 1 100 litres d’eau. Le lendemain matin, le mélange est brassé dans la mélangeuse à double vis verticale, pendant quinze minutes à 1 000 tr/min, © J. Pezon
Brassage. Lors du passage en ration mélangée compacte, les bords du bol étaient mal mélangés : © J. Pezon
L’avis de…
« La fibrosité chimique suffit à faire ruminer » L’avis de… Paul Nerrière, correspondant fourrages et nutrition des bovins chez Terrena

« Depuis plus d’un an, nous développons la technique de la ration mélangée compacte. Plus d’une centaine d’adhérents ont déjà franchi le pas vers un mode de rationnement qui bouleverse les habitudes : la ration n’a plus besoin d’être piquante ! Le respect de la fibrosité chimique suffit à faire ruminer, c’est-à-dire stimuler l’activité des bactéries cellulolytiques. L’apport de fibre chimique nécessaire, exprimé à travers la teneur en NDF, doit être compris entre 35 à 38 %, et le taux de cellulose brute entre 16 et 17 %. Sur cette base, l’idée est de supprimer la paille de la ration et de miser sur l’apport de NDF issu de fourrages jeunes. Grâce à des brins coupés courts et à une présentation compacte, les vaches ne trient plus, ce qui contribue à la stabilité du pH ruminal et donc à une meilleure efficacité digestive de la flore. L’absence de tri limite aussi le temps passé à l’auge en station debout. Ainsi, selon la situation initiale, nous observons des gains de 2 à 4 litres de lait/VL. Pour mieux stabiliser ce type de rations plus humides, je recommande l’application systématique d’un conservateur d’ensilage anti-échauffement à la récolte. La netteté du front d’attaque du silo, et un avancement de 15 à 20 cm en été sont aussi des éléments de stabilisation. Autre atout en faveur de ces rations : on constate que des fibres trop longues augmentent le temps de rumination, et donc les émissions de méthane par litre de lait produit. »

    Pâturage 2e cycle : 7,5 kg

    Ensilage de maïs : 5,5 kg

    Ensilage d’herbe : 2,5 kg

    Maïs épis : 2,7 kg

    Blé : 0,85 kg

    StarPro (blé cuit) : 0,9 kg

    Lin extrudé : 1,5 kg

    Soja 48 : 1,5 kg

    Soja/colza tanné : 1 kg

    Bicarbonate : 200 g

    Smartamine : 80 g

    Soit 33 kg de lait, à 32,6 de TP et 40 de TB.

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