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Des légumineuses plus résistantes venues du Sud

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Cette légumineuse a une aptitude à s’enrouler autour des tiges de maïs. «  © J.Pezon

Espèces fourragères. Au-delà des légumineuses désormais bien ­connues des éleveurs, l’offre s’étoffe avec des espèces tropicales ou méditerranéennes complémentaires, mieux adaptées à des conditions séchantes.

L’intérêt des légumineuses dans la prairie n’est plus à démontrer. À ce titre, le Salon de l’herbe et des fourrages est, chaque année, l’occasion d’apprécier la diversité des semences disponibles sur le marché. À côté des incontournables que sont les trèfles blanc et violet, et la luzerne, d’autres espèces comme le sainfoin et le lotier sont remises en valeur...
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L’intérêt des légumineuses dans la prairie n’est plus à démontrer. À ce titre, le Salon de l’herbe et des fourrages est, chaque année, l’occasion d’apprécier la diversité des semences disponibles sur le marché. À côté des incontournables que sont les trèfles blanc et violet, et la luzerne, d’autres espèces comme le sainfoin et le lotier sont remises en valeur dans les prairies multi-espèces, ou encore les trèfles incarnat et d’Alexandrie comme légumineuses annuelles.

Plus de toléranceau stress hydrique

Dans un contexte de réchauffement climatique, on assiste également à l’émergence de légumineuses jusqu’alors délaissées, plus tolérantes au stress hydrique. « Des espèces globalement moins productives sous des conditions climatiques optimales, mais plus rustiques, pour sécuriser les stocks en année sèche, notamment dans le sud de la France », indique Julie Toussaint, directrice de Semences de Provence.

En partenariat avec un sélectionneur portugais (Fertiprado), Semences de Provence propose une gamme de légumineuses naturellement présentes dans le bassin méditerranéen, dont une seule espèce pérenne.

Le trèfle fraise. Il se comporte un peu comme le trèfle blanc, est moins productif, mais plus tardif et plus rustique, c’est-à-dire plus tolérant aux conditions difficiles : sécheresse, piétinement, excès d’humidité, gel et même salinité. Il a une pérennité de quatre à cinq ans et se complaît dans une large plage de pH (5,5 à 9). Le trèfle fraise intègre des mélanges à hauteur de 1,5 kg/ha. « La variété que nous utilisons est demi-tardive , précise Julie Toussaint. Cela lui permet de conserver une bonne valeur alimentaire plus longtemps. Mais, comme le trèfle blanc, son démarrage tardif recommande de l’associer à un trèfle à démarrage plus rapide (violet, par exemple) afin d’assurer la productivité en protéines dès l’implantation. »

Le trèfle du Caucase est une autre espèce pérenne. Il affiche plein de promesses : une pérennité supérieure à dix ans et des besoins hydriques limités (environ 400 mm). Il pourrait donc offrir une alternative au trèfle blanc dans les zones sèches. Malheureusement, les semences ne sont pas encore en vente.

En revanche, il existe une grande diversité de légumineuses fourragères annuelles, généralement des plantes adaptées au semis de fin d’été. « Elles ont vocation à compléter les autres légumineuses dans des situations particulières, ou dans le cas de besoins alimentaires spécifiques (apports de sucres, de tannins). Comme toutes les légumineuses, leur stade optimal se situe à mi-floraison, sauf pour la serradelle qui a la capacité de conserver une bonne valeur alimentaire. »

Une grande diversité de plantes annuelles

La serradelle : c’est une plante de sols superficiels, filtrants et acides (pH4). Mais sa résistance au froid est limitée : elle ne survit pas à une période de gel prolongée (à -5°C en continu). « La serradelle est non météorisante, elle sèche bien, ne se défolie pas et tolère le piétinement. Elle est donc utilisable autant pour la fauche que la pâture, précise Julie Toussaint. Par contre, elle n’a pas un gros rendement. C’est plutôt une plante à utiliser en association dans des terres pauvres. » Si on la laisse monter à graine, la serradelle produit beaucoup de semences qui se conservent longtemps dans le sol (semences dures). Dans le cadre d’une gestion spécifique de la prairie, cette faculté de ressemis naturel peut lui permettre de trouver sa place dans les prairies de longue durée.

Le trèfle vésiculé : sa principale caractéristique est une période de végétation très longue, étendue sur l’été. « Il n’a pas d’intérêt pour une valorisation précoce en sortie d’hiver, en ensilage. Par contre, il représente une ressource fourragère estivale et permet de prolonger le couvert d’une coupe. » Le trèfle vésiculé contient des tanins qui lui confèrent un intérêt au pâturage.

Le trèfle isthmocarpum, ou trèfle de Jamin, a la particularité de tolérer la salinité. Cette espèce tardive trouve son intérêt en mélange avec d’autres trèfles plus précoces et du ray-grass italien pour mieux étaler la production. « Sa richesse en sucre lui confère un intérêt pour l’enrubannage ou l’ensilage. Mais il n’est pas assez productif pour la fauche et serait plus adapté dans un mélange annuel à pâturer. »

Le trèfle de Perse : plus résistant au sec que celui d’Alexandrie, il peut être semé en fin d’été comme au printemps. Sa tige creuse, juteuse et riche en sucre (11 à 16 %) apporte une grande appétence en pâture. Il est aussi possible de l’ensiler, mais le foin est à éviter. Son aptitude à faire des repousses permet, selon les régions, de valoriser deux à trois coupes par an avec, parfois, une valorisation dès l’automne pour une implantation précoce en août. En revanche, il craint le gel, sa limite est autour de - 8°C. Parmi ces nouveaux trèfles, il a la meilleure productivité : 9 tonnes de matière sèche par hectare, en deux coupes, à 16,5 % de matière azotée totale lors d’essais réalisés par la chambre d’agriculture de la Drôme.

Dans cette catégorie des légumineuses annuelles, citons :

le trèfle de Micheli, non pour sa résistance à la sécheresse mais pour sa tolérance au gel et à l’excès d’humidité dans des sols de pH4,5 à 8.

Cowpea et lablab : des tropicales pour faire du fourrage et du stock

De son côté, la société Semental développe deux légumineuses tropicales : cowpea et lablab (voir ci-contre). Plusieurs utilisations sont envisageables. Tout d’abord, comme fourrage d’appoint d’été, en association avec du sorgho fourrager multicoupe pour une utilisation mixte fauche ou pâture. Le mélange est alors semé dès le début du mois de mai ou en juin selon les régions, lorsqu’il reste encore un minimum d’humidité dans le sol. D’autre part, il peut être utilisé pour faire du stock, en association avec le maïs ou avec du sorgho ensilage BMR.

« Ces deux espèces, en particulier le lablab (variété rongaï), ont une aptitude à s’enrouler autour du maïs ou du sorgho pour pousser en harmonie. De plus, leur comportement estival sécurise le rendement de la parcelle en condition séchante, tout en optimisant la valeur matière azotée totale du fourrage », souligne Yvan Cannistraro, chef de produits, avant de préciser qu’en l’absence de références, les appareils de mesure infrarouge couramment utilisés ne sont pas en capacité de calculer précisément la valeur alimentaire de ces espèces. « Les références australiennes font état de valeurs entre 17 et 18 % de matière azotée totale. »

Jérôme Pezon
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