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Avec des maïs trop secs, mission éclatement impossible

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Résultats. Avec un maïs à 44 % de MS, même l’éclateur serré à fond ne suffit pas et on obtient trop de particules fines. © d.grémy

Essai. Elvup a renouvelé les mesures d’éclatement du grain avec différentes ensileuses. Toutes font à peu près le même travail mais le résultat est insuffisant avec un maïs excessivement sec auquel s’ajoute une fibrosité altérée.

Elvup (ex-Orne Conseil Élevage) a renouvelé cet automne son Défi Ensileuses autour de la fragmentation des grains. Avec un handicap de taille lié à la météo si particulière de l’été 2018 : un maïs à plus de 44 % de MS au moment de la récolte. Notons aussi que trois marques seulement participaient à l’exercice : Fendt, Krone et New Holland. L’occasion pour Yann Martinot...
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Elvup (ex-Orne Conseil Élevage) a renouvelé cet automne son Défi Ensileuses autour de la fragmentation des grains. Avec un handicap de taille lié à la météo si particulière de l’été 2018 : un maïs à plus de 44 % de MS au moment de la récolte. Notons aussi que trois marques seulement participaient à l’exercice : Fendt, Krone et New Holland. L’occasion pour Yann Martinot, directeur technique d’Elvup, d’insister de nouveau sur les enjeux d’un éclatement suffisant des grains.

Depuis plusieurs années, il a développé un indicateur, l’indice de fragmentation des grains (IFG) pour évaluer la qualité de l’éclatement. Objectif : 70 % d’IFG, ce qui correspond à 70 % de particules de grains inférieures à 4,75 mm.

Rappelons au passage que les grains représentent 60 % de l’énergie dans un ensilage de maïs. Essentiellement de l’amidon dont la digestibilité peut varier de 80 à 98 %. L’enjeu économique est très important. Pour un troupeau de 70 vaches réclamant 30 ha de maïs, la valeur du silo s’estime à 34 000 € et les pertes peuvent s’élever à 10 000 € : mauvaise conservation, mauvaise structure, facteurs antinutritionnels (mycotoxines).

Mais les pertes les plus importantes sont la conséquence d’un éclatement insuffisant du grain. « L’analyse de l’ensilage peut vous indiquer une valeur de 0,92 UFL/kg de MS. C’est effectivement son potentiel, mais la valorisation réelle par l’animal peut être bien moindre. Ainsi, l’éclatement des grains peut-il faire perdre 0,15 UFL/kg de MS », insiste Yann Martinot.

Pour éviter toute perte, il faut atteindre un IFG de 70 %

Et plus question de se contenter de grains simplement touchés par l’éclateur pour limiter les pertes d’amidon dans les bouses.

En vingt ans, la génétique animale a évolué : les vaches hautes productrices ont une ingestion élevée et une vitesse de transit rapide. Ensuite, les maïs d’aujourd’hui présentent un stay-green avec un appareil végétatif vert alors que le grain est déjà très mûr, donc très dur et moins dégradable. « Il faut absolument viser un IFG entre 60 % et 70 % et dans l’idéal, dépasser 70 %, seuil où les pertes en UFL sont nulles », rappelle Yann. Car à 50 % d’IFG, la perte en UFL atteint déjà 8 % (4 900 € pour 30 ha de maïs), seulement 4 % de perte à 60 % d’IFG. « À moins de 50 % d’IFG, valeur régulièrement observée dans les exploitations, la part d’amidon dans les bouses est importante. À moins de disposer d’un méthaniseur, c’est de l’argent perdu, mais avec une double peine car cet excès d’amidon by-pass, non digéré dans le rumen, engendre une réaction inflammatoire de l’intestin, source d’ennuis de santé majeurs », déclare-t-il.

Quid d’un autre paramètre important, la longueur de coupe ? Car sur le terrain, la tendance est à l’allongement : parfois 20 mm et plus. Pour Elvup, le message n’a pas changé : il faut se situer entre 14 et 18 mm, en fonction du mode de reprise de l’ensilage (fraise, mélangeuse). C’est le bon compromis entre la fibrosité, l’ingestion, la facilité de tassage et l’intensité des fermentations. Car un maïs coupé court libère plus de sucres, donc fermente mieux. Cette longueur de coupe s’entend avec une récolte du maïs dans le créneau optimal de 32-35 % de MS, là aussi un compromis indiscutable entre le rendement, les UFL, la digestibilité, la teneur en amidon, le tassement, les pertes en jus, mais aussi le risque mycotoxine

Deux longueurs de coupe : 12 et 9 mm

Force est de constater que cette fourchette de matière sèche n’est pas suffisamment respectée. Les débordements vers des maïs trop secs sont de plus en plus fréquents. Et l’année 2018 n’échappe pas à la règle, malgré les alertes répétées.

Alors pour ce Défi Ensileuses 2018, comment faire avec ce maïs hors norme, mesuré à 44,4 % de MS pour 35 % d’amidon ? À ce niveau, réussir l’éclatement optimal des grains est quasi mission impossible et la longueur de coupe doit être réduite pour assurer un bon niveau de tassage.

Elvup avait demandé aux trois constructeurs de réaliser deux longueurs de coupe à 12 et 9 mm, leur laissant le choix pour le réglage de l’éclateur. New Holland utilisait son nouvel éclateur à rouleaux DuraCraker avec un différentiel de vitesse de 30 %. Il a été réglé à 1,2 mm. Krone était aussi équipé d’un éclateur à rouleaux Optimaize de 250 mm de diamètre, réglé à 1 mm. Fendt se démarquait avec l’éclateur à disques qui équipe ses ensileuses Katana et réglé également à 1 mm. Les résultats montrent que les machines, quelle que soit la marque, font un travail correct. Certes, l’IFG global est de 51 %, encore insuffisant (perte estimée : 0,10 UFL/kg de MS) mais avec très peu de grains entiers (0,9 %) : pas si mal avec un maïs aussi sec.

Il manque aussi des fibres efficaces

Pour rappel, en 2017, avec un maïs à 35 % de MS, l’IFG moyen avait été de 52 %, pas bon non plus. « Il n’en reste pas moins que l’amidon by-pass est excessif dans ce nouvel essai, supérieur à 40 %. Il faudrait attendre plusieurs mois avant de le distribuer, le temps que le processus de conservation augmente la dégradabilité de l’amidon », assure Yann. Dans cet essai, la longueur de coupe, de 12 ou 9 mm, n’a pas modifié l’IFG. Seul le taux de grains entiers diminue un peu à 9 mm (0,5 % contre 1,7 %). Mais Elvup fait un autre constat : avec un éclateur très serré pour tenter, sans y parvenir, d’atteindre l’IFG optimal, les machines ont altéré la fibrosité du fourrage. La moyenne est à 17 % de particules fines (il faudrait être inférieur à 10 %). L’analyse annonce 73 % de fibres efficaces (il en faudrait plus de 85 %). « La conclusion est simple : avec un maïs qui dépasse 40 % de MS, il est impossible de réaliser un ensilage correct. Même avec des réglages adaptés, l’éclatement des grains est insuffisant, avec beaucoup trop d’amidon by-pass et une fibrosité insuffisante. Ce sera un fourrage difficile à utiliser », conclut Yann Martinot.

Dominique Grémy
Indispensable. La méthode de la bassine

La mesure de l’ indice de fragmentation des grains (IFG) est trop longue pour être réalisée le jour de l’ensilage. Elle sert, à postériori, à vérifier si le travail a été bien fait. Pour s’assurer que l’éclateur de l’ensileuse est bien réglé ou que le chauffeur ne va pas trop vite dans des parcelles à gros rendements, l’éleveur doit évaluer la qualité de l’éclatement dès les premières remorques au silo. L’observation à l’œil du fourrage n’est absolument pas fiable. Il faut passer par la méthode de la bassine : quelques poignées de fourrage dans une bassine d’eau (photo 1). Les grains, plus lourds que le reste de la plante, décantent

dans le fond. Après avoir écarté

la partie tige-feuilles qui surnage (photo 2), il est facile d’observer l’attaque des grains par l’éclateur (photo 3). Objectif : aucun grain entier et tous les grains coupés en huit. Photo 4 : ici, l’éclatement est clairement insuffisant.

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