S'abonner
Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

« Les génisses sont élevées avec un repas par jour  »

réservé aux abonnés

 - -->
© jérôme Pezon / GFA

Allaitement. Les associés du Gaec de Savie misent sur un concentré très appétent pour passer à un repas de lait par jour, et ainsi alléger le temps de travail. Une pratique qui pourrait pénaliser la couverture des besoins énergétiques.

Un sevrage à 6 semaines, sur la base d’un repas par jour pour réduire non seulement les coûts, mais aussi le temps de travail : c’est la promesse de Raltec, un aliment starter formulé pour un sevrage précoce. Il se présente sous la forme de petits granulés (2,5 mm) très appétents et très énergétiques, composés de matières premières nobles (maïs floconné, orge,...
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
10%

Vous avez parcouru 10% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

Un sevrage à 6 semaines, sur la base d’un repas par jour pour réduire non seulement les coûts, mais aussi le temps de travail : c’est la promesse de Raltec, un aliment starter formulé pour un sevrage précoce. Il se présente sous la forme de petits granulés (2,5 mm) très appétents et très énergétiques, composés de matières premières nobles (maïs floconné, orge, farine de soja grillée et décortiquée, farine de blé, huile végétale, poudre de lactosérum), enrichies en minéraux, vitamines et oligoéléments. Il dose 16,6 % de MAT et plus de 1 UFL. « Mis à disposition en libre-service avec de la paille de bonne qualité, de l’eau et du sel, cet aliment est prévu pour assurer un développement rapide de la panse, des papilles et de la flore ruminale, assurant ainsi une haute digestibilité des nutriments ingérés par les veaux. Cela permet de faire des génisses plus lourdes, plus tôt, pour un sevrage dès la cinquième semaine en race holstein et une semaine plus tard pour des races comme la montbéliarde ou la normande », explique Patrick Cheucle. Éleveur allaitant, responsable de la société W2N, il cherche à développer en France ce concept né il y a trente ans en Espagne. Les associés du Gaec de Savie l’ont adopté il y a cinq ans afin de réduire le temps de travail dédié à la distribution du lait.

Ici, les montbéliardes vêlent sur aire paillée. Le premier jour, chaque veau reste avec sa mère biologique. « Si le vêlage se passe bien, il prend son colostrum sous la mère. Dans le cas contraire, nous n’hésitons pas à traire deux litres de colostrum à la main pour le distribuer au biberon », explique Robin Forissier.

« Dès l’âge de 15 jours »

Le nouveau-né est ensuite transféré en case individuelle dans un espace nurserie jusqu’au sevrage. Pendant les quinze premiers jours de vie, les petites femelles sont nourries au lait entier sur la base de deux repas de trois litres, dans un seau équipé de tétine flottante (la première semaine avec le lait maternel trié par le robot de traite, puis au lait de mélange). La buvée est distribuée à 40-42°C à l’aide d’un taxi-lait. Puis, elles passent à un repas de 3 litres/jour (matin ou après-midi) à partir de la troisième semaine jusqu’au sevrage.

Parallèlement, les veaux ont de l’aliment Raltec à disposition dès la première semaine, avec de l’eau et du foin à volonté. Ce sera le seul concentré jusqu’au sevrage, soit un total de seulement 35 kg/génisse + 140 litres de lait. « Certains veaux consomment de l’aliment dès le premier jour, d’autres pas avant 10 jours, observe l’éleveur. Au moment du sevrage, ils en consomment de 1,5 à 2 kg/j. » Robin évalue alors de façon systématique le poids des génisses à l’aide d’un ruban : si elles pèsent moins de 90 kg, la phase lactée est prolongée d’une semaine.

« Une économie de 80 € sur la phase lactée »

Dans la pratique, le sevrage a lieu à 10 semaines. On est donc loin du sevrage très précoce annoncé par Raltec. L’explication se trouve dans le choix du lait entier : il permet difficilement de couvrir les besoins du veau pour envisager la mise en œuvre d’un programme de sevrage précoce en un repas par jour. La conduite adoptée par l’éleveur s’avère cependant plus économique : « Une économie de 80 €/veau par rapport à un plan d’allaitement classique avec 450 litres de lait et 75 kg de concentré, observe Olivier Robert, conseiller à Loire Conseil Élevage. Mais les problèmes de coccidies rencontrés après le sevrage, à la suite du transfert des génisses dans un autre bâtiment, avec les grandes génisses et les vaches taries, pourraient s’expliquer par un défaut d’immunité lié à un déficit énergétique subi pendant la phase d’allaitement ». Au cours des six derniers mois, la mortalité des petites génisses de 0 à 30 jours s’élève d’ailleurs à 9,4 % et à 10 % de 1 à 6 mois (une génisse).

Après le sevrage, la ration de base des génisses se compose d’un mélange d’enrubannage et de foin à volonté, avec un concentré fermier (tourteaux de colza et céréales), complété par un aliment anticoccidien pendant une semaine. Elles sont mises à la reproduction à partir de 15 mois et 380 kg, « un poids estimé à l’œil », précise l’éleveur.

A ce niveau les résultats sont satisfaisants. Ainsi, le taux de réussite en première insémination artificielle sur les primipares est de 65 %, avec une moyenne de 1,6 paillette et 8 % d’animaux à plus de trois inséminations artificelles. L’âge moyen au premier vêlage relativement tardif de 29 mois s’explique par le recours à la transplantation d’embryons. Une pratique qui oblige à décaler des animaux afin de constituer des lots de receveuses. Robin est en effet un passionné de la race et de concours. Il a remporté quatre prix consécutifs de meilleure mamelle du département : « Avec cette pratique d’élevage un peu à la dure, les génisses sont beaucoup moins grasses, tout en conservant un bon développement squelettique et de l’éclatement. »

Jérôme Pezon
l’avis de…
« Difficile de tenir les objectifs de poids avec du lait entier » l’avis de… Gilbert Laumonnier,

« Contrairement à la poudre de lait reconstituée qui offre la possibilité d’augmenter la concentration de la buvée, les plans d’allaitement d’un repas par jour ne sont pas recommandés avec du lait entier. Car on ne peut pas faire boire les 8 litres/jour nécessaires à l’obtention d’un poids objectif de 90 à 95 kg au sevrage et de 210 kg à 6 mois, en vue de programmer des vêlages précoces. En effet, une étude réalisée sur la distribution d’un repas de 5 litres de lait entier, à partir de la troisième semaine de vie, montre que les veaux atteignent un poids compris entre 85 et 90 kg à 9 semaines et à peine 200 kg à 6 mois. Si la distribution d’un repas par jour simplifie le travail de l’éleveur, elle ne permet pas d’optimiser la croissance. Or, il est démontré que le niveau de production laitière d’une vache est corrélé avec sa croissance pendant la phase d’allaitement. Dans le cas du Gaec de Savie, si les veaux font effectivement 90 kg minimum au sevrage, il n’y a pas de raisons de remettre en cause leur schéma. Mais en règle générale, il est conseillé de ne pas passer à un repas de lait par jour avant trois semaines (surtout en période froide). On pourra alors distribuer un repas de 5 ou 6 litres, avec un aliment premier âge très énergétique et surtout très appétent pour inciter le veau à en consommer. Cela semble être le cas du Raltec : il contient beaucoup d’énergie sous forme de matières grasses (4,6 %) et du lactosérum pour l’appétence. Ce sera plus difficile avec du concentré fermier, à moins d’ajouter de la mélasse comme facteur d’appétence et de respecter une teneur en MAT de 17 à 18 %. »

l’avis de…
« Distribuer moins de lait incite le veau à consommer du concentré pour un sevrage plus précoce  » l’avis de… Julien Jurquet, chef de projet élevage des veaux et génisses, à l’Institut de l’élevage

« Distribuer moins de lait incite le veau à consommer du concentré plus tôt, pour un sevrage plus précoce. L’intérêt est d’abord ­économique, car le lait reste ­l’aliment le plus cher. Ainsi, nos essais sur un plan de six buvées par semaine de 4 à 5 litres par buvée (pas de lait le dimanche), à partir de la troisième semaine, autorisent un sevrage dès la ­huitième semaine.

La règle est que le veau consomme au moins 2 kg de concentré par jour au sevrage pour couvrir ses besoins énergétiques (1 kg de matière sèche lait = 2 kg de concentré) et que le poids de naissance soit au moins doublé. Il est possible d’atteindre cet objectif, aussi bien avec de l’aliment du commerce que du concentré fermier (1 UF et 110 g de PDI). Il doit être mis à disposition dès la deuxième semaine et renouvelé chaque jour, avec de l’eau propre.

Dans ces essais, les veaux ont reçu 270 litres de lait et 40 kg de concentré. En deçà, les poids objectifs n’ont pas été atteints.

C’est pourquoi, avec un plan à seulement 140 litres de lait et 35 kg d’aliment, il me paraît difficile de couvrir les besoins énergétiques du veau. »

    Gaec de Savie, à Saint-Médard-en-Forez (Loire)

    Deux associés : Yvonne et Robin Forissier

    60 montbéliardes

    500 000 litres de lait produit

    10 vaches allaitantes de race aubrac

    100 ha , dont 25 ha de maïs (10 ha irrigués), 25 ha de céréales, 20 ha de prairies naturelles et 30 ha de prairies temporaires (dont 6 ha de luzerne)

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
En direct
Afficher toutes les actualités

Dans la même rubrique

Sélectionné pour vous

Sélection bovine des taureaux et des hommes

45€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

Indisponible

AJOUTER AU PANIER

Maladies parasitaires du mouton 4ème edition

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER