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Adapter la conduite pour faire durer les prairies

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Expert. Éric Favre est éleveur herbager en Loire-Atlantique et formateur sur les systèmes pâturants. © p.le cann

Pâturage. Les prairies temporaires marquent le pas au bout de quatre à cinq ans, ce qui entraîne souvent leur retournement. Pourtant, avec une conduite appropriée, elles peuvent rester productives très longtemps.

«J’ai semé mes premières prairies il y a vingt ans, et elles sont toujours en place », annonce Éric Favre. Éleveur en système tout herbe en Loire-Atlantique, il est devenu un spécialiste reconnu du pâturage. Dans ces vieilles prairies, il avait semé du RGA, du TB et de la fétuque élevée. Depuis, la flore a changé, elle s’est diversifiée, mais les parcelles restent homogènes...
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«J’ai semé mes premières prairies il y a vingt ans, et elles sont toujours en place », annonce Éric Favre. Éleveur en système tout herbe en Loire-Atlantique, il est devenu un spécialiste reconnu du pâturage. Dans ces vieilles prairies, il avait semé du RGA, du TB et de la fétuque élevée. Depuis, la flore a changé, elle s’est diversifiée, mais les parcelles restent homogènes et productives.

La fétuque est toujours présente et n’a pas évolué en touffes. Le trèfle aussi a résisté. Et de nouvelles espèces sont apparues, par exemple, le pâturin commun, qui est intéressant pour sa production élevée au printemps. Éric apprécie également le pissenlit. « Ce n’est pas une mauvaise herbe ! Avec son port dressé, il ne pénalise pas les autres plantes. Et il est riche en minéraux et vitamines. »

Ces prairies âgées produisent en moyenne 7,3 t MS valorisée par ha, ce qui est élevé dans cette zone séchante de Loire-Atlantique. Elles sont pâturées et fauchées. « La prairie suit un cycle annuel et un autre pluriannuel », explique l’éleveur. Il y a toujours une compétition entre les plantes. Selon les périodes, la météo, la conduite, certaines s’en sortent mieux que d’autres.

Passer le cap des « années de misère »

Mais au bout d’environ cinq ans, la productivité des prairies temporaires baisse. C’est ce qu’André Voisin, agronome spécialiste des prairies, appelait les « années de misère ». Les graminées peu productives à épiaison précoce se développent, tandis que le trèfle, moteur de la prairie, faiblit.

À ce stade, deux possibilités s’offrent à l’éleveur : retourner la prairie ou la conserver. La première option implique des coûts mais permet de retrouver rapidement une prairie jeune. Beaucoup choisissent le labour car ils ont intégré le retournement dans leur rotation. En outre, la culture qui suit une prairie bénéficie d’une minéralisation élevée et d’une structure du sol souple et aérée. Pourtant, la seconde option, de maintenir des prairies sur une longue durée, présente aussi des avantages, notamment lorsqu’elles sont accessibles aux animaux. Cela permet de pâturer davantage, et donc de réduire le coût alimentaire. Cette option demande un peu de patience. « Il faut un ou deux ans pour qu’un nouvel équilibre s’installe », affirme Éric Favre.

La conduite oriente l’évolution des espèces et donc l’émergence d’une flore favorable à l’alimentation des vaches. La technique du pâturage fait la différence. En stimulant le tallage, un pâturage ras favorise les graminées tels le RGA, la fétuque élevée ou le pâturin. Il offre au trèfle la lumière dont il a besoin et encourage ainsi le développement des stolons. À l’inverse, il pénalise le rumex. « J’en avais pas mal sur certaines parcelles il y a quelques années, se souvient Éric. Il a disparu progressivement. »

Le surpâturage est à éviter absolument. Il favorise le développement des porcelles ou des agrostis, des plantes indésirables. La première sécrète des hormones qui tuent les plantes environnantes. La deuxième est peu productive, de faible valeur alimentaire, et il est difficile de l’éliminer.

La vitesse de rotation doit suivre celle de la pousse

Le deuxième point à surveiller pour favoriser un bon équilibre est la vitesse de rotation. Elle doit être adaptée à celle de la pousse. « Avec une vitesse constante, on épuise la prairie », constate Éric. Il faut démarrer par un premier tour lent en sortie d’hiver. Les cycles suivants seront rapides pour suivre la pousse de printemps. Il faut ralentir ensuite, en été, pour laisser les plantes reconstituer leurs réserves à la base des tiges et dans les racines. La croissance pourra ainsi être vigoureuse à l’automne. Le rythme de pâturage suivra. Enfin, la fertilisation est un élément essentiel. Les sols acides doivent être chaulés. En effet, le calcium est lessivé par la pluie. En absence de labour, qui ramène du calcium vers la surface, les premiers centimètres du sol deviennent acides. Or, les plantes productives ont besoin d’un pH relativement élevé. Il faut donc apporter régulièrement de petites quantités de chaux. À l’inverse, les plantes indésirables (rumex, renoncules, etc.) préfèrent les sols acides, et régressent lorsque le pH est maintenu à un niveau haut.

Les plantes productives ont également besoin de potasse. L’idéal est d’épandre du fumier ou du compost jeune tous les deux à trois ans. On peut aussi apporter du chlorure de potassium, à raison de 60 unités par an. Par ailleurs, il faut éviter les excès d’azote, qui pénalisent les légumineuses.

Certains conseillent de pratiquer un sursemis pour relancer les prairies dégradées. Éric Favre, lui, n’y est pas favorable. Il a pu observer que, pour améliorer les prairies sur des sols corrects, cette technique est bien moins efficace que le pâturage bien conduit. Cependant, dans le cas particulier des coteaux rocailleux, où les sols sont superficiels et fragiles, le sursemis peut parfois aider à relancer une prairie dégradée.

Pascale Le Cann
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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