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Une torsion de matrice après vêlage

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Gare aux diagnostics hâtifs. Les problèmes sanitaires post-partum ne sont pas toujours la conséquence de syndromes bien connus des éleveurs tels que les fièvres de lait. © Claudius THIRIET

Post-partum. Ce cas de torsion de matrice après vêlage montre l’intérêt de l’examen clinique.

Un mardi matin, le téléphone sonne à la clinique pour une vache en méforme deux jours après vêlage. Celui-ci s’est pourtant bien passé : la vache a vêlé seule, mais n’a peut-être pas fait le placenta. Lorsque j’arrive sur place, son état est en effet peu reluisant : elle est couchée, oreilles basses, pas d’appétit, pas de rumination, l’œil enfoncé, cela s’annonce...
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Un mardi matin, le téléphone sonne à la clinique pour une vache en méforme deux jours après vêlage. Celui-ci s’est pourtant bien passé : la vache a vêlé seule, mais n’a peut-être pas fait le placenta. Lorsque j’arrive sur place, son état est en effet peu reluisant : elle est couchée, oreilles basses, pas d’appétit, pas de rumination, l’œil enfoncé, cela s’annonce mal.

La vache a une température de 40,5 °C, sans mammite pouvant expliquer cette hyperthermie. Son flanc droit fait un bruit de liquide important (de « glou-glou ») à la succussion.

Il faut la fouiller par voies vaginale et transrectale, mais vu l’endroit où elle est couchée, ce n’est pas réalisable. Avec l’éleveur, nous décidons alors de la lever à l’aide du godet et de la pince. Une fois debout, je procède à la fouille.

Par voie vaginale, je constate que le col est légèrement ouvert, mais je ne peux pas progresser au-delà.

Par voie rectale, je sens une masse liquidienne côté droit et je n’arrive pas à identifier l’utérus car la palpation est inhabituelle. Les hypothèses concernant l’organe qui est dilaté sont les suivantes :

la caillette (positionnée à droite) ;

le cæcum (torsion) ;

l’utérus (métrite puerpérale aiguë).

Un acte chirurgical pour remettre l’utérus en place

En accord avec l’éleveur, au vu de l’état critique de la vache et de l’urgence, il est décidé de faire une laparotomie (ouverture de la cavité abdominale pour identifier la nature de l’organe dilaté) dans le flanc droit.

Après l’avoir laissée se recoucher sur le côté gauche car elle ne tient pas debout toute seule, la vache est préparée pour l’opération : rasage, nettoyage, désinfection et anesthésie locale. Une fois l’ouverture réalisée, je constate que la caillette et le cæcum sont normaux et en place, que l’utérus est très volumineux et distendu. Je note l’absence de second veau et une torsion complète juste en arrière du col. Après avoir échangé avec l’éleveur sur la nature de l’anomalie et sa rareté (torsion de l’utérus après vêlage !), j’essaye de détordre l’utérus avant toute autre chose. L’opération est délicate, notamment du fait que la vache soit couchée. Après quelques efforts, l’utérus est détordu et je referme la cavité abdominale, estimant qu’il serait périlleux de vidanger cet organe probablement rempli de pus.

Après avoir terminé l’opération, je refouille la vache par voie vaginale. J’arrive alors à passer le col, car la torsion a été réduite, et j’extrais du pus en grande quantité. Cela confirme qu’il s’agit d’une métrite puerpérale aiguë, qui explique l’hyperthermie. Je fais ensuite un lavage utérin à l’aide d’une sonde, d’une pompe, et d’eau tiède additionnée­ de bétadine­, puis je termine en administrant cinq oblets gynécologiques à base d’oxytétracycline.

Compte tenu de l’état de la vache, je lui administre :

une couverture antibiotique par voie générale à base d’amoxicilline et d’acide clavulanique, que l’éleveur devra prolonger pendant cinq jours ;

une injection d’anti-inflammatoire non stéroïdien ;

une perfusion de chlorure de sodium hypertonique ;

un drenchage avec une solution adaptée.

Vu l’âge de la vache (quatrième­ vêlage), je réalise un dosage du calcium plasmatique au cabinet. Celui-ci étant normal, je n’ajoute pas de perfusion de calcium a posteriori.

La vache peut enfin démarrer sa lactation

Le lendemain, la vache est toujours­ couchée mais elle recommence­ à manger.

Le surlendemain, elle se relève et peut enfin démarrer sa lactation­.

Ce cas de torsion de matrice après vêlage sur métrite aiguë est rare (non décrit dans la littéra­ture et jamais rencontré auparavant, ni depuis par l’auteur). Il met en lumière l’intérêt de l’approche clinique individuelle : autrement dit, tous les cas ne peuvent être associés à des syndromes « classiques » (fièvre de lait, mammite colibacillaire, métrite aiguë).

Sans l’examen clinique vétérinaire, ce cas-là n’aurait jamais pu être résolu, car seule la chirurgie avait quelques chances de sauver cette vache.

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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